Le couperet est tombé ce lundi. Le groupe Vert Marine a annoncé la fermeture d’une trentaine de piscines en France, dont cinq dans les Yvelines. Une annonce qui a suscité la colère des élus locaux, mis devant le fait accompli et, bien sûr, dans l’incapacité totale de régler seuls le problème. En cause ? La crise énergétique, qui entraîne une hausse de l’énergie proprement démentielle. Les bassins sont en effet chauffés grâce au gaz, et le prix de ce dernier pourrait être multiplié par trois, voire cinq en fonction des fournisseurs et des volumes, explique le maire de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or). Pour l’établissement de Saint-Cyr-l’École, par exemple, la facture se chiffre aux alentours de 350.000 à 400.000 euros annuels  sans compter le déficit habituel de 200.000 euros. « Les collectivités ne peuvent pas supporter ce surcoût », soupire le maire de la commune auprès du Parisien (5/9/2022). À Versailles, le désarroi est également de mise. « On ne peut pas tout demander aujourd’hui aux villes. Les villes sont au bout de la chaîne institutionnelle, elles n’ont pas eu de mesures particulières pour faire face à cette crise ; or, tous les prix explosent. La facture devient absolument colossale », s’inquiète le maire de Versailles, François de Mazières.

Pourquoi faire les étonnés ? Emmanuel Macron nous avait pourtant prévenus avec son magistral « C’est la fin de l’abondance ». Encore une fois, le Président a fait montre d’un sens aiguisé des formules. Le « Nous sommes en guerre » était plutôt réussi, la seconde en est le couronnement. Elle est loin, la prospérité des Trente Glorieuses, où les municipalités gâtées par le gouvernement construisaient des piscines municipales, devenues l’élément incontournable du développement. En 1969, le gouvernement lançait l’opération « 1.000 piscines » dans le but de favoriser la natation aussi bien pour l’éducation des enfants que pour favoriser les performances sportives des compétiteurs français à l’étranger. Un apogée qui laisse désormais place à une franche dégringolade avec la fermeture de ces trente piscines, qui ne sont peut-être que les premières d’une liste qui risque de s’allonger.

La lancinante question revient au galop : qui paiera la facture ? Comme ce fut le cas pour le Covid, il est fort possible que le contribuable en ait pour son argent… En avril dernier, nous soulevions déjà ce problème au sujet de la crise sanitaire… et les solutions ne s’étaient pas fait attendre : augmentation de la taxe d’habitation, et pourquoi pas de la taxe foncière. Une démarche qui n’est pas à l’aube de se résorber, la taxe foncière ayant déjà considérablement augmenté pour l’année 2022 : +16,6 % à Marseille, +15,4 % à Tours, +12,6 % à Strasbourg ou encore +10,8 % à Montreuil, rapporte MoneyVox. Une surprise que les heureux propriétaires sauront apprécier.

Difficile de ne pas goûter tout le charme de cette nouvelle humiliation, quand on apprend sur RTL, par le journaliste François Lenglet, que la croule quant à elle sous l’argent de ses exportations de pétrole et de gaz. Encore une fois, la reprend sa place d’arroseur arrosé et fait payer à ses citoyens les choix de sanctions dont les modalités pourraient être discutées. En mars dernier, promettait un « effondrement de l’économie russe ». Il semblerait que la réciproque soit valable aussi…

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6 septembre 2022

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35 commentaires

  1. On parle d’augmentation des prix de l’énergie: augmentation de l’électricité, du gaz
    Je possède des panneaux photovoltaiques, je consomme une partie de ma production et je revends le reste
    à Enedis; bizarre, dans ce sens , je n’entends parler d’une éventuelle augmentation du prix de rachat de mon électricité;

  2. Comme les maires ont aussi interdit la baignade sur les plages des lacs et retenues d’au naturelles (pour la soi-disant psychose-covid), il n’y a plus moyen de se baigner nulle part ! sauf dans sa baignoire en gaspillant 200 litres d’eau à chaque fois.

  3. Zut! On va être obligé de se doucher à la maison, (ou pas du tout!) C’est vrai qu’une petite couche de saleté va nous tenir chaud en ces temps de froidure et restrictions. Plus besoin de parapluies, laissez-vous laver par l’eau qui tombe du ciel et à défaut de piscine vous nagerez dans le bonheur écologique des petits bonhommes verts.

  4. Qui a-t-il derrière cette société « vert marine » qui ne veut plus respecter ses contrats de D.S.P avec les collectivités locales ?
    Un nouveau scandale financier alors que le ministre des finances a mis un plan d’aide aux entreprises grosses consommatrices d’énergie ? Messieurs les dirigeants baissez vos rémunérations avant de priver les usagers de ce dont ils ont droit !

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