Editoriaux - Médias - Télévision - 1 décembre 2019

Contre Zemmour, après avoir tout essayé, on s’en prend à Christine Kelly !

Une femme, noire, pour mener les débats du plus politiquement incorrect des intellectuels contemporains… Les mauvaises langues critiquaient déjà la stratégie d’image de . Intelligente et expérimentée, était parfaitement lucide lorsqu’elle accepta de présenter l’émission la plus polémique de la rentrée télévisuelle : « Je coche beaucoup de critères qui ne vont pas forcément dans le sens d’Éric Zemmour, ce qui n’empêche pas de travailler en bonne intelligence et dans le respect. »

Un mois après le lancement de l’émission. Quel bilan ?

Les audiences de la chaîne en continu ont triplé, elles détrônent celles de BFM TV et LCI. France Info est reléguée, quant à elle, dans les oubliettes de l’Audimat™.

Sur le contenu, la télévision a renoué avec un temps que l’on pensait révolu. Une époque où l’on pouvait voir et écouter des Lucien Jerphagnon, des Bachelard ou des cercles littéraires tout aussi passionnants qu’insolents chez Pivot. À l’heure où la télé-réalité règne pour abrutir avec docilité le travailleur ou l’écolier exténué de sa journée de travail, « Face à l’info » propose des débats d’une qualité intellectuelle inédite. On retiendra les joutes tout aussi cultivées que respectueuses de Zemmour face à Onfray, BHL, Odon Vallet, Michel Maffesoli et tant d’autres. On y traite les sujets sans tabou, avec complexité, on cite ici Huntington, là Fukuyama, on agrémente ses idées par un passage de Lamartine, de De Gaulle ou de Marx.

Tout cela dans une écoute que seul Mohamed Sifaoui n’a pas réussi à respecter par une agressivité allant jusqu’à traiter son interlocuteur de « cuistre » car il avait eu le malheur de citer un écrivain ! Depuis cette première émission pesante, les débats sont cadrés de main de maître par la présentatrice qui réussit le difficile compromis de l’autorité pour équilibrer le temps de parole mais surtout, chose très rare pour un journaliste, de laisser parler ses invités !

Au lancement de l’émission, des censeurs pariaient certainement sur un arrêt rapide. On espérait sans doute une phrase condamnable de Zemmour pour sauter sur l’occasion. On a aussi essayé le boycott financier par le retrait des publicitaires du créneau horaire. Certains aussi, à gauche ou membres de La République en marche, ont déclamé avec autorité que jamais, au grand jamais, ils ne retourneraient sur le plateau de CNews : curieuse conception du débat public.

Mais rien n’y fait. Les téléspectateurs sont toujours plus nombreux, les émissions toujours de haut vol, alors que reste-t-il à faire pour ses détracteurs ? La menace, évidemment. La menace de violence, la menace de mort. C’est ce qu’a révélé l’animatrice dans un tweet : « Qui a déjà survécu à des mois ou semaines de menaces de mort en travaillant ? Merci pour vos #temoignages. Ça peut aider. » Des menaces auxquelles Éric Zemmour est aguerri depuis des années. On peut reconnaître au bougre, même si on ne l’aime pas, d’avoir tout de même le cuir épais pour encaisser les salves d’attaques et de procès qu’on lui envoie depuis plus de trente ans !

Espérons que Christine Kelly soit aussi solide et puisse résister aux pressions, car nul doute que son émission participe comme nulle autre au débat d’idées et au véritable fonctionnement d’une démocratie dont on commençait à désespérer.

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