Editoriaux - Table - 4 avril 2018

Constitutionnaliser l’avortement : ces gens-là sont fous !

Des obsédés. Ce sont des obsédés ! Des sénateurs communistes – il en reste grâce à la bienveillance du PS – proposent d’inscrire dans la Constitution l’avortement “principe fondamental de notre République”.

Ces gens-là sont fous. Selon Valeurs actuelles citant les parlementaires, “il s’agit de faire barrage aux “forces réactionnaires”” qui s’opposent à l’IVG. Pêle-mêle, ils dénoncent “multiplication des ingérences religieuses, recrudescence des idées d’extrême droite”, etc. “L’avortement est un droit qui doit être respecté. Il en va de la liberté des femmes à disposer de leur corps.”

Ainsi, parce qu’il existe une opposition – bien faible, d’ailleurs – à cet acte, en bons staliniens, ces sénateurs exigent qu’on muselle l’expression d’un désaccord légitime, argumenté et non dénué de fondement. L’avortement est véritablement pour eux un principe fondamental. Il l’est tellement qu’il est inconcevable qu’on puisse penser autrement.

Certes, ces gens-là ont de grands ancêtres à côtés desquels ils semblent de petits garçons. Et le communisme n’a jamais toléré d’opposition, puisqu’il est la vérité. D’ailleurs, ils sont communistes comme je suis bonne sœur… En réalité, ils traînent avec eux un bagage idéologique mal digéré qui en fait surtout des défenseurs de tous les droits individuels, avec un atavisme contestataire vite oublié à la buvette du Sénat. La démocratie bourgeoise a du bon quand on est sénateur…

Mais se rendent-ils compte de l’état de déliquescence intellectuelle dans lequel ils sont tombés ? Ériger l’avortement en principe fondamental de la République, c’est en soi ahurissant ! Certes, ils se souviennent peut-être qu’en France, la République s’est fondée sur la Terreur et sur le sang des Vendéens, des Lyonnais et de tous les malheureux passés sous le rasoir national. Certes, leur code génétique républicain fait de la décapitation de Louis XVI un événement fondateur qu’ils ne manquent pas de célébrer chaque année. Certes, aucun d’entre eux n’a jamais renié l’abomination léniniste et ses douze millions de victimes, la Kolyma et les famines, les hôpitaux psychiatriques et les procès sommaires. Finalement, faut-il comprendre que la République est, à leurs yeux, un régime né dans la violence, comme le communisme dont ils se prétendent les héritiers modernes et démocratiques sans avoir lu une seule ligne de Marx ? Alors oui, leur initiative est logique.

Mais ce serait leur faire trop d’honneur. Ces gens-là ne pensent pas, ne pensent rien. Seule la détestation du « fanatisme » et de toute forme de morale commune les anime. Plus jeunes, ils présidaient des AG d’étudiants en révolte contre tout et n’importe quoi. Aujourd’hui comme hier, ils refusent tout débat en maniant la dérision comme une arme de guerre, pour ridiculiser l’adversaire en se dérobant à la controverse. Toujours du côté des contestataires, ils sont viscéralement conservateurs de leurs propres avantages. Ils ne valent pas mieux que les politiciens véreux dont ils dénoncent les magouilles et les tripatouillages dont leur parti, soit dit en passant, s’était fait une spécialité il y a quelques décennies. Quand il avait des électeurs.

Monsieur Mélenchon s’est honoré en prononçant, à l’endroit du colonel Beltrame, des mots d’unité nationale. Il s’est déshonoré en soutenant les modernes sans-culottes qui ont envahi la basilique de Saint-Denis. Éternelle schizophrénie d’une vieille gauche qui honore Carnot et Robespierre au nom de la liberté.

Il paraît que c’est la démocratie. Quelquefois, elle donne furieusement envie de f… des coups de pied bien placés dans les fesses trop grasses de ces révolutionnaires du Luxembourg…

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