Une semaine s’est écoulée depuis l’annulation du concert profane de l'artiste suédoise Anna von Hausswolff à Notre-Dame-de-Bon-Port, à Nantes. Mardi 7 décembre 2021, vers 19 heures, une centaine de catholiques de diverses paroisses de se sont rassemblés dans le but de faire annuler le concert de la chanteuse, le pedigree de l’artiste d'inspiration païenne et gothique, bien loin de l’art chrétien, s’avérant inapproprié dans une église. J'y ai participé. Cet événement fut également suivi d’annulations et d’oppositions à ces concerts, que ce soit à Saint-Eustache à Paris ou, plus récemment, à Bruxelles.

Suite à cet événement, ce fut une réaction en chaîne de médias de tous bords, traitant ces jeunes catholiques d’intégristes 2.0. Dans une tribune publiée par le JDD, les adjoints à la culture des mairies de et de Paris se sont offusqué des réactions des catholiques, cet événement portant atteinte, selon eux, à la culture et à l’État de droit : « En décembre 2021, à et à Paris, l'intégrisme religieux a eu raison des arts et de la culture. »

lls sont même allés plus loin, comparant cette atteinte à la liberté d’expression aux attentats terroristes de Charlie Hebdo : « Car c’est en France, au cœur de cette nation si attachée à la liberté comme à l’égalité, où certains ont payé de leur vie le droit à la liberté d’expression et de caricatures, qu’une femme a été conduite à renoncer à se produire sur scène parce qu’elle était, dira-t-elle, “effrayée”. »

Comment mettre sur le même plan la prière pacifique et sans violences de jeunes catholiques de et les attentats terroristes mortels de Charlie Hebdo ? Les événements qui se sont déroulés à Nantes ont eu lieu de manière spontanée, pacifique, sans intervention des forces de l’ordre.

Les comparaisons et les fausses indignations pour des « Je vous salue Marie » récités sur le parvis d'une église sont donc tout simplement abjectes. S’il existe une quelconque forme d'intégrisme, elle est dans leurs propos. Ces trois élus crient au loup pour une fausse atteinte à la liberté d'expression, dans un lieu de spiritualité catholique. Nul questionnement, en revanche, sur le fait que cela puisse heurter la foi des paroissiens catholiques.

Par leurs jugements de cour, ces purs idéologues souhaitent s’ériger en défenseurs de la culture, criant haro sur le baudet. S’ils avaient un tant soit peu de culture, ils sauraient qu'une église catholique est un lieu cultuel sacré, où les catholiques rendent un culte à Dieu, en la personne du Christ lors de la messe, et qu’elle abrite dans le tabernacle le corps du Christ vraiment présent dans l'hostie.

S’ils avaient un tant soit peu de culture, ils sauraient que les seuls événements qui doivent se tenir dans une église catholique sont ceux qui « favorisent le culte, la piété ou la religion », conformément au Code de droit canon 1210. S’ils avaient un tant soit peu de culture, ils sauraient que les églises et cathédrales ont été bâties en France pour la plus grande gloire de Dieu et pour l'exercice de son culte et non pas pour devenir des salles de concerts ou des salles d'expositions contemporaines. En France, pays façonné par 1.500 ans de culture chrétienne, organiser un concert d'inspiration païenne, gothique et « pop funèbre » dans une église est inapproprié.

S’ils avaient un tant soit peu de culture, ils sauraient qu'il faut rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ce soir-là, c'est exactement ce que ces catholiques ont fait. Mais pour savoir tout cela, il faudrait qu’ils aient eux même une culture française, chrétienne, enracinée comme ces jeunes catholiques courageux. Nous ne les avons pas vu s’ériger en défenseurs de la culture ou se scandaliser lorsque des églises ont été détruites, brûlées ou profanées. Où est donc passée leur indignation lors de l'attaque d'une procession catholique à Nanterre, le 8 décembre dernier ? Où est donc cette protection républicaine dont ils parlent tant ? Les lieux de spiritualités des chrétiens, ce sont leurs églises, et aujourd'hui, il ne peut être question de les transformer en temple de la déesse raison.

Mais face à cela, de jeunes catholiques ont souhaité répondre à cette ultime provocation. Ils sont attachés à leur culture, à leur Histoire, à leur patrimoine, à la sacralité de leurs églises et à la personne du Christ. « Je vous dis, s'ils se taisent, les pierres crieront », écrit l'évangéliste saint Luc. C'est face à cette inculture que ces jeunes paroissiens se sont levés.

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18 décembre 2021

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