[CINÉMA] Le Diable s’habille en Prada 2, cette suite qui cartonne en salles
En 2006, David Frankel, réalisateur encore méconnu, adaptait au cinéma Le Diable s’habille en Prada, un roman américain à succès de Lauren Weisberger, publié en 2003.
Largement inspiré de la personnalité tyrannique d’Anna Wintour, rédactrice en chef de l'édition américaine du magazine Vogue entre 1988 et 2025, le récit imaginait l’arrivée d’Andrea, une jeune diplômée ingénue, au sein de la rédaction de Runway, un magazine de mode, tenue d’une main de fer par Miranda Priestly.
Véritable factotum de sa chef, soumise à ses moindres caprices, la jeune assistante ne cessait d’avaler des couleuvres et s’épuisait l’existence à ses côtés. Une relation professionnelle anxiogène, traitée avec humour et légèreté, dans laquelle ont pu se reconnaître nombre de spectateurs venus en masse voir le film au cinéma.
Au final, avec 326,5 millions de dollars de recettes à travers le monde, Le Diable s’habille en Prada, fleuron de la comédie new-yorkaise des années 2000, fut un succès inattendu, propulsant du jour au lendemain la carrière d’Anne Hathaway et d’Emily Blunt, et confirmant – s’il en était besoin – la variété de jeu de Meryl Streep et de Stanley Tucci.
Le Diable en difficulté
Bien entendu, il fut rapidement question, pour Lauren Weisberger, d’écrire une suite à son roman. Intitulée Vengeance en Prada. Le retour du Diable, publiée en 2013, elle ne fut jamais portée à l’écran, Meryl Streep et Anne Hathaway ne l’estimant pas à la hauteur du premier livre.
Dans l’ombre, cependant, la scénariste du premier film, Aline Brosh McKenna, s’attela à l’écriture de sa propre suite. Ainsi débarque sur nos écrans, vingt ans après le premier volet, Le Diable s’habille en Prada 2.
Réunissant, pour l’occasion, la même équipe créative, dont le même cinéaste et les mêmes acteurs, le film nous dépeint un « Diable » plus que jamais en difficulté : frappée de scandale sur la Toile, Miranda Priestly voit ses annonceurs menacer de se retirer. Elle n’a donc d’autre choix, pour les retenir, que de se plier à leurs exigences en accordant plus de place à leurs publicités dans le magazine. Heureusement pour elle, Miranda va pouvoir compter sur le soutien de Nigel, son fidèle directeur artistique, et sur Andrea, son ancienne assistante de retour chez Runway pour rehausser la qualité des articles et rameuter plus de lecteurs.
À ce sujet — Cinéma : House of Gucci, de Ridley Scott
De bonnes idées mais un programme un peu léger
Si ce second volet du Diable s’habille en Prada poursuit judicieusement (mais toujours aussi timidement…) sa critique d’un milieu régi par le fric et le paraître – et trahit tout autant une forme de fascination coupable –, il a pour intérêt d’aborder les évolutions de la presse spécialisée : concurrencée par Internet, contrainte à la numérisation du contenu pour réduire ses coûts, elle est traversée comme le reste de la société par le politiquement correct et l’immixtion des cabinets de conseils, type McKinsey, dont l’expertise s’avère aussi chère que vaporeuse…
Dans sa première partie, le récit joue à fond la carte de la nostalgie, multiplie les clins d’œil au film original, quitte, hélas, à faire lourdement régresser la relation que nos deux héroïnes avaient tissée jadis. Plus brouillonne, plus expéditive aussi, la seconde partie se résume à un jeu de règlement de comptes, de récupérations et de rachats du magazine, passant de main en main au gré des coups de téléphone pour, finalement, garantir les pleins pouvoirs à Miranda. Un programme un peu trop léger pour nous convaincre totalement.
Toujours est-il que les acteurs expriment une joie communicative de se retrouver, les répliques font encore mouche et David Frankel nous ménage une apparition amusante de Lady Gaga dans son propre rôle. Laquelle, rappelons-le, s’était illustrée dans House of Gucci, de Ridley Scott – encore un clin d’œil ?
Le Diable s’habille en Prada 2 enregistre de très bons résultats au box-office. Gageons qu’un troisième volet sera mis en chantier. Pourvu que celui-ci prenne le temps de développer une intrigue plus ample.
2,5 étoiles sur 5
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4 commentaires
Autrefois le cinéma était un art de divertissement et de culture , maintenant il est
devenu un instrument d’abêtissement , de propagande de gôche et une usine à fic . Je n’ y vais plus que très rarement .
un
Désolée, film bon ou pas bon, pas un sou de ma part pour ce monde cinématographique qui crache sur les gueux mais pas sur leur argent !
Pas encore vu mais le premier opus m’avait ravi. J’espère être aussi captivé.
Les suites sont parfois à la hauteur.
Malgré l’excellence du jeu de Meryl Steep et de Stanley Tucci, il s’agit d’un film tout à fait dispensable. Le scénario alambiqué empêche de se laisser emporter par l’histoire