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Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 26 septembre 2019

Christian Vanneste : « Jacques Chirac a été humainement très attachant mais politiquement décevant »

L’ancien président de la République est mort à 86 ans, ce jeudi 26 septembre.

Au micro de Boulevard Voltaire, réaction de Christian Vanneste, ancien membre du RPR puis de l’UMP, qui l’a longtemps côtoyé.


On a appris ce matin le décès de Jacques Chirac. Il fut président de la République pendant deux mandats. Comment avez-vous réagi en apprenant sa mort ?

Sur le plan humain, Jacques Chirac était un homme extrêmement attachant. À plusieurs reprises, je me suis retrouvé à ne pas être en phase avec lui, notamment en soutenant Édouard Balladur aux élections présidentielles. Il ne m’en a pas tenu rigueur. Nos relations ont toujours été extrêmement cordiales. Il dégageait une chaleur humaine inégalable.
Mes propos sont les sentiments d’un militant de la première heure. J’étais engagé au RPR à la première heure, en raison du dynamisme de Jacques Chirac.
Sur le plan politique en revanche, Jacques Chirac a été pour moi extraordinairement décevant. Entre le Chirac que j’ai soutenu dans les années 77 à 88 et celui que j’ai découvert sans ligne politique, la déception a été considérable. Il faut pouvoir être capable de mener une politique cohérente et efficace. Je suis malheureusement resté sur cette impression-là. Sur le plan politique, Chirac a été un désastre. C’est un président qui n’a strictement rien fait. Je retiens tout de même la position de la France sur l’intervention américaine en Irak. Il a sauvé l’honneur et l’intelligence du pays. Il faut lui en savoir gré.


En 77, quelques mois après que Jacques Chirac quittait son poste de Premier ministre, vous avez adhéré au RPR. Il avait une réputation de fonceur et d’être un véritable animal politique. L’avez-vous observé ?

Tout à fait. Je me souviens qu’au début, il n’avait pas la majorité avec lui. C’était le moment de l’appel de Cochin. Sur le plan européen, il défendait le souverainisme. C’était l’une des raisons pour lesquelles je le soutenais. Il avait une capacité de travail absolument hallucinante. Il enchaînait les réunions et les discours avec une vélocité et une ardeur sans commune mesure avec les autres.
Je reste dans l’admiration de ses capacités.
J’aimais beaucoup les discours qu’il prononçait, mais ce n’était pas lui qui les écrivait…


Philippe Seguin, Charles Pasqua et maintenant Jacques Chirac. C’est toute une génération de barons à droite qui s’en est allée…

Absolument. J’étais assez proche de Charles Pasqua, je défendais toujours les mêmes positions que lui, y compris le soutien à Balladur.
Philippe Seguin est LE personnage. Récemment, je relisais son discours sur Maastricht. Il n’y a vraiment rien à changer. Il avait tout prévu et tout compris.
Malheureusement, on ne l’a pas suivi, notamment Chirac. Il lui devait pourtant son élection comme président face à Balladur. Chirac l’a laissé tomber au profit de Juppé. Quelle erreur !

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