Audio - Editoriaux - Entretiens - Politique - 26 septembre 2019

Nicolas Dupont-Aignan : « Jacques Chirac aimait les gens et il était aimé des Français car il leur ressemblait »

Boulevard Voltaire a recueilli la réaction de Nicolas Dupont-Aignan, à la suite du décès de , ce jeudi 26 septembre.

En dépit de « désaccords politiques fondamentaux », il lui reconnaît de réelles qualités humaines qui ont rendu ce Président très populaire.


L’ancien président de la République, Jacques Chirac, nous a quittés ce matin.
Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris son décès ?

J’ai eu une émotion réelle. C’est un personnage de l’histoire de la Ve République. Il a eu des éclairs fulgurants, je pense notamment à l’appel de Cochin qu’il faut relire. Je pense aussi à la décision de ne pas intervenir en Irak qui a sauvé l’honneur du pays. Je pense à son combat pour la francophonie et à son lien avec les Français. Cet homme aimait profondément les gens. Il était aimé des Français parce qu’il leur ressemblait.
Même si on ne le dit jamais dans ces moments-là, j’ai bien évidemment eu des points de forts désaccords comme il en existe avec toutes personnalités politiques.


Quand on plonge dans l’histoire politique du RPR, on pense évidemment à la guerre entre Jacques Chirac et Édouard Balladur. Vous avez fait partie des rares aux RPR à avoir refusé de soutenir l’un et l’autre. Pourquoi avoir fait ce choix ?

J’étais avec Philippe Séguin et je considérais que l’affaire essentielle était la question européenne.
J’ai adoré Jacques Chirac concernant l’appel de Cochin et la fracture sociale, mais j’avais un désaccord sur la question européenne. Le regret de ma vie est que Jacques Chirac n’ait pas poursuivi sur la ligne de l’appel de Cochin.
Ce n’est pas le moment aujourd’hui, mais cela a été un point de désaccord fondamental. Il faut lui reconnaître qu’il avait fait un référendum sur l’Europe. Il l’avait perdu, mais il avait accepté le verdict. Ensuite, la classe politique est revenue dessus.
Il y a eu des désaccords avec Jacques Chirac et on peut lui reprocher beaucoup de choses, mais il avait un respect du peuple et un réel amour des Français.

Jacques Chirac a beaucoup été critiqué à droite pendant son deuxième mandat.
Lorsque Nicolas Sarkozy a été élu, on a regretté Jacques Chirac et quand François Hollande a été élu, on a regretté Nicolas Sarkozy.
Cet amour et désamour pour les présidents de la République est-il spécifique à la France ou au contraire, est-ce assez normal ?

Cet amour et désamour est spécifique à l’impuissance des présidents de la République une fois élus. En abandonnant les pouvoirs à Bruxelles et l’indépendance de la nation, ils sont de plus en plus impuissants et déçoivent très vite.
C’est ce qu’ont payé tous les présidents de la République successifs.

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