C’est avec une délectation non dissimulée que la grosse presse nous relate par le menu les tristes événements qui agitent, en ce moment, les États-Unis. On sent bien que ce n’est pas en France que l’on verrait chaque nuit des quartiers s’embraser et divers projectiles lancés sur des flics, des pompiers, voire des médecins de SOS.

Demandez aux habitants d’Argenteuil, de Sartrouville, de Bagnols-sur-Sèze, de Montigny-lès-Cormeilles, Chanteloup-les-Vignes ou Noisy-le-Sec… toutes ces belles cités aux noms si poétiques : ils vous diront combien leurs nuits de mai ont été calmes. Pas comme chez ces sauvages d’Américains, chez ce salaud de Trump !

Bien sûr, il y aura toujours des esprits chagrins pour vous rappeler que c’est tout de même sous Obama (Dieu l’ait en sa sainte garde !) qu’a éclos le mouvement « Black Lives Matter » (« Les vies des Noirs comptent ») à la suite des événements de Ferguson, et que s’il suffisait d’être noir pour être compétent, Sibeth Ndiaye aurait su comment mettre un masque…

Les mêmes mal embouchés vont demanderont alors ce qui s’est amélioré pour les Noirs sous Obama, et vous serez obligé de répondre « pas grand-chose ». Puis d’admettre que c’est sous Trump que le taux de des Afro-Américains a atteint son niveau historique le plus bas. Mais là, vous ne vous laisserez pas faire, en rétorquant que la majorité des emplois créés sont des emplois peu qualifiés et non pérennes, des « p’tits boulots », parce que vous avez du répondant !

Le provocateur vous rappellera alors innocemment que le chef de la de Minneapolis, et sans doute une bonne partie de ses troupes, est aussi noir que feu le pauvre George Floyd, et que le maire de la ville et le gouverneur du Minnesota sont du parti démocrate. Premier État à avoir élu une femme voilée (d’origine somalienne) au Congrès, Hillary en avait d’ailleurs raflé les dix grands électeurs en 2016.

À Minneapolis, Ilhan Omar n’est pas la seule migrante venue de la Corne de l’Afrique, au point que le quartier de Cedar-Riverside est appelé le « Petit Mogadiscio ». On peut ainsi penser que, parmi ceux qui ont mis le feu aux poudres aux États-Unis, certains n’ont jamais entendu parler de Martin Luther King.

Heureusement, ce n’est pas en France que l’on verrait des mal se conduire, mais vous savez ce qu’on dit : ce qui se passe aux États-Unis arrive en France dix ans plus tard.

On a déjà eu les McDo, le politiquement correct, Halloween, #MeToo, les « racisé·e·s »… alors restons sur nos gardes !

Le monde est mal fait. Il y a les pays où la dégaine trop et ceux où elle ne dégaine pas assez. C’est peut-être pour ça qu’il y en a qui veulent un gouvernement mondial…

2 juin 2020

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