Cédric Herrou, l’immunité fait loi

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Le 20 mars, Cédric Herrou, l’agriculteur et militant pro-migrants, a été arrêté par la gendarmerie des Alpes-Maritimes lors d’un contrôle routier. Selon la préfecture des Alpes-Maritimes, « la présence à bord de passagers en situation irrégulière a conduit au placement en garde à vue de M. Cédric Herrou et au placement en retenue administrative des passagers ».

Parmi ces passagers, deux bénévoles de l’association Emmaüs Roya ainsi qu’un compagnon de nationalité française sont libérés dans la soirée, les deux autres, un Gambien et un Mauritanien, sont transférés à un centre de rétention administrative. Selon Le Parisien, « ces deux compagnons placés mercredi en rétention administrative sont en situation irrégulière mais vivent en France depuis longtemps et sont déclarés comme compagnons à la préfecture dans le cadre d’une démarche de régularisation, selon les membres d’Emmaüs contactés par l’AFP, mercredi. L’un d’eux vit à la communauté avec sa femme et leurs quatre enfants, âgés de 5 à 11 ans, tous scolarisés dans la vallée. »

Le 21 mars, tous sont libérés et les deux clandestins, dont l’un vit donc en France avec toute sa famille, ne seront évidemment pas expulsés. Cédric Herrou annonce porter la contestation à 18 heures devant les préfectures de France. Car ce sont les préfectures, et donc l’État, ou plus exactement la force publique, qui sont la cible de l’activiste.

Cédric Herrou, l'homme aux innombrables actions

La préfecture des Alpes-Maritimes est en effet l’objet d’une plainte de Cédric Herrou pour un contrôle d’identité, daté du 8 mars dernier, opéré par des militaires de Sentinelle sur un véhicule d’Emmaüs Roya. Lors de ce contrôle, Cédric Herrou s’était interposé entre les militaires et les clandestins : « J'ai appelé le 17, raconte-t-il au micro de France 3 Côte d’Azur, et les flics leur ont demandé de partir. […] Je n'ai rien contre les Sentinelle, mais j'aimerais savoir qui ordonne les contrôles. On va porter plainte contre le préfet. »

Cela fait écho au contrôle de novembre dernier, dans la même région et les mêmes circonstances, de migrants par des légionnaires de la force Sentinelle dans le cadre du renfort de forces de police et de gendarmerie pour le contrôle de la frontière franco-italienne. L’activiste, présent sur place, avait dénoncé comme à son habitude « un contrôle au faciès » de la part des militaires et avait filmé la scène sans flouter les visages des soldats. Cette vidéo avait été vue près de 4 millions de fois.

Cette affaire est symbolique de la situation kafkaïenne dans laquelle se trouvent les forces de l’ordre pour lutter contre l’immigration clandestine. En effet, Cédric Herrou est à l’origine de la décision du Conseil constitutionnel de juillet 2018 qui avait consacré la valeur constitutionnelle de la notion de fraternité, supérieure à celle du maintien de l’ordre public : « En réprimant toute aide apportée à la circulation de l’étranger en situation irrégulière, y compris si elle constitue l’accessoire de l’aide au séjour de l’étranger et si elle est motivée par un but humanitaire, le législateur n’a pas assuré une conciliation équilibrée entre le principe de fraternité et l’objectif de valeur constitutionnelle de sauvegarde de l’ordre public. Par conséquent, et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres griefs à l’encontre de ces dispositions, les mots "au séjour irrégulier" figurant au premier alinéa de l’article L. 622-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doivent être déclarés contraires à la Constitution. »

Donc, la préfecture peut arrêter et mettre Cédric Herrou en garde à vue toutes les semaines, le même scénario se répétera indéfiniment, il se sera filmé menotté, puis libéré quelques heures plus tard, et aura pu ainsi donner une publicité supplémentaire à ses agissements, qui ne sont plus réellement sanctionnés par la loi.

Et c’est depuis 2015 que Cédric Herrou facilite l’arrivée et le transport de clandestins venant d’Afrique subsaharienne et ayant transité par l’Italie : souvent poursuivi et très peu condamné, bénéficiant d’un réseau régional d’activistes pro-migrants, ce néo-rural aux convictions avouées proches de la gauche radicale bénéficie d’une forme d’immunité humanitaire et exploite avec adresse toutes les complexités et les failles de la loi française en matière de droit des étrangers. L’action de Cédric Herrou n’est qu’un exemple, parmi des milliers d’autres, de la gestion schizophrénique de l’immigration par nos gouvernants.

Marie d'Armagnac
Marie d'Armagnac
Journaliste à BV, spécialiste de l'international, écrivain

Vos commentaires

40 commentaires

  1. Situation qu’on pourrrait qualifier de ridicule si le qualificatif de monstrueuse ne lui était pas plus approprié.
    Mais elle démontre qu’hélas le conseil constitutionnel, comme la cour des comptes, les institutions judiciaires et j’en passe sont totalement aux mains de gauchistes qui n’ont en vue que la destruction de notre malheureux pays. Et, cerise sur le gâteau, M. Fabius émet le désir de rentrer, quand il aura fini de nuire au conseil constitutionnel, à l’Académie Française. Il n’y a décidément aucune limite à l’indécence.

  2. Si on le veut, on peut …un clandestin reste un clandestin et la protection du pays vu son état actuel causé par l’invasion doit passer avant les contorsions de la loi par celui qui n’est qu’un passeur ….

  3. Ce Cédric Herrou peut-il nous dire combien de migrants il loge chez lui, dans sa maison, et combien il en nourrit gratuitement à sa table. En fait il y a toutes les chances qu’il soit comme tous ses compères, c’est à dire très généreux, mais seulement avec l’argent des autres.

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