Canicula est une puissance terrifiante. Il fait penser, par homophonie vocalique, au néfaste Caligula qui fut la coqueluche de Camus dramaturge.

Canicula étend son pouvoir sur la plus grande partie de la planète mais ses sautes d’humeur font qu’il exerce sa cruauté ici ou là, indifféremment. Il se trouve, ces jours-ci, occupé à terrifier la France.

On mesure sa force de frappe aux degrés centigrades de la thermométrie.

Il est convenu de dire que jamais encore notre pays n’avait à ce point subi les atteintes de Canicula : des records, assurent les statisticiens.

C’est probablement faux, Canicula a déjà produit, dans les siècles passés, de très redoutables canicules. Mais on est toujours flatté de se croire une victime exceptionnelle, en proie à un fléau sans précédent.

Canicula, en 2003, tua, dit-on, environ quinze mille personnes, la plupart en état de sénilité, donc de stérilité.

Il faut bien que vieillesse (se) (tré)passe !

Et , en ce qui concerne les vieux (si encombrants !), fera sous peu, mieux que Canicula, le ménage.

Mais qui est, au vrai, Canicula ? D’aucuns, se refusant à lui prêter un faciès néronien, l’ont assimilée à une hypostase de la romaine et cosmique Nécessité : il fait chaud parce qu’il fait chaud, il fait plus chaud parce qu’il fait plus chaud, c’est ainsi.

C’était ainsi.

Ce n’est plus ainsi.

Canicula, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain, c’est vous et moi, c’est le monstre survolté par le dont nous sommes à 90 % responsables.

Nier cette évidence relève d’une mentalité archaïque.

Je ne m’y risquerai pas !

Je susurre seulement qu’il est des puissances plus meurtrières que Canicula. La déesse Hyvégée ne lui épargne-t-elle pas, bon an mal an, le travail d’occire deux cent mille nourrissons ?

30 juin 2019

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