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Armées - Editoriaux - Médias - Sciences - 26 avril 2018

La bonne vieille méthode Blanquer : fin du “prédicat”, retour au b.a.-ba !

“Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, 
Fit sentir dans les vers une juste cadence, 
D’un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, 
Et réduisit la muse aux règles du devoir.”

Ainsi écrivait ce cher Boileau dans L’Art poétique.

Trois siècles et des poussières plus tard, plagiant le littérateur du Grand Siècle, on est tenté d’écrire :

“Enfin Monsieur Blanquer s’en vint, et, le premier en France,
Chanta dans la syllabe une juste méthode,
D’un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, 
Et réduisit les pédagogues aux règles du devoir.”

Notre ministre de l’ n’a jamais fait mystère de ses projets de réforme et de reprise en main de nos systèmes éducatifs. Surtout, il prône depuis toujours l’abandon du pédagogisme imbécile qui, depuis bientôt un demi-siècle, fabrique chez les petits Français des générations d’illettrés. Fustigeant les traités abscons rédigés par des armées de pédants prétentieux – n’ayant, pour la plupart, jamais mis les pieds dans une classe –, dont les délires pédagogistes ont culminé sous Najat Vallaud-Belkacem, il vient d’adresser ses recommandations au corps enseignant. Qui les prend mal, forcément…

Dans ce domaine comme en tant d’autres, on se trouve ici dans une guerre qui voit s’affronter le pragmatisme et l’utopie. Jean-Michel Blanquer a installé, en janvier dernier, un conseil scientifique chargé de sortir le monde éducatif de l’idéologie où il s’enlise. À côté de la Direction de l’évaluation de la prospective et de la performance (DEPP), du Conseil supérieur des programmes (CSP) et du Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO), ce conseil scientifique a reconsidéré nos méthodes en incluant ce que l’on sait, aujourd’hui, du fonctionnement cérébral.

Conclusion : les neurosciences et l’idéologie ne font pas bon ménage. Et si les petits Français ne cessent de reculer dans les classements internationaux en matière de lecture, écriture, calcul, c’est parce qu’on les leur enseigne mal. En conséquence de quoi, le ministre vient de publier quatre circulaires sur le français et les mathématiques. Il adresse, ce même jour, aux professeurs des petites écoles et des petits élève un guide entièrement consacré à l’apprentissage de la lecture au CP.

Il y prône le retour au syllabisme comme unique méthode, ce qui fait grincer des dents dans les salles de profs. “Entre quelque chose qui ne marche pas – la méthode globale – et quelque chose qui fonctionne – la syllabique – il ne peut y avoir de “compromis” mixte. Ce sujet ne relève pas de l’opinion mais de faits démontrés par la recherche. C’est très clair, et j’aimerais vraiment que ce débat soit une fois pour toutes derrière nous”, dit-il dans un entretien au Parisien. De même, il demande le retour de l’enseignement de la grammaire – loin des fumisteries issues de la dernière réforme, notamment le fameux “prédicat” –, la pratique de la dictée, de la lecture et du calcul mental.

Rien que du “passéisme”, disent bien sûr les médias. De là à ce que Jean-Michel Blanquer bascule du côté obscur de la fachosphère, il n’y a qu’un pas que d’aucuns n’hésiteront sûrement pas à franchir.

Je suis, aujourd’hui, grand-mère. Mes petits-enfants sont en maternelle et en primaire. Je ne voudrais pas qu’ils aient à subir ce qu’ont subi leurs parents dans les années 80/90 du siècle dernier, entre méthode globale et apologie de la Révolution française (bicentenaire oblige) dans toutes les matières. On les a massacrés, et bien que je me sois ruinée en cours particuliers de français, ils n’ont jamais totalement récupéré du désastre dans lequel on les a plongés.

Si elles ont créé l’un des plus forts taux d’illettrisme en Europe, ces méthodes ineptes ont, en revanche, fait la fortune des orthophonistes, la proportion des enfants dyslexiques ayant tout à coup grimpé vers les sommets.

Orthophonistes qui les ont “rééduqués” grâce à… la méthode syllabique !

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