Selon une récente enquête du Figaro, la facture sécuritaire de Notre-Dame-des-Landes serait en voie de battre des records. En effet, évaluée, a minima, à cinq millions d’euros depuis le début des opérations d’évacuation des différents sites occupés par les zadistes, le coût global des interventions successives des forces de l’ordre depuis le 9 avril dernier pourrait, in fine, s’avérer être beaucoup plus élevé.

Mais force est de constater que l’évaluation du prix de revient, pour l’État, des opérations de maintien et de rétablissement de l’ordre est toujours extrêmement difficile à réaliser. D’abord, parce que le nombre de paramètres à retenir est complexe. Ainsi convient-il de tenir compte du coût unitaire de chaque fonctionnaire ou militaire engagé (rémunération, indemnitaire). Des dépenses de logistique (nourriture, hébergement) pour chacune des unités déployées. Des engagements financiers générés par l’utilisation d’un nombre important de véhicules et de matériels divers (matériels de maintien de l’ordre, munitions spécialisées). Ensuite, le coût de l’ensemble des dispositifs mis en place en amont et en aval des opérations (mobilisation de forces locales, par exemple). Enfin, parce que la durée des interventions – et cela est particulièrement vrai pour Notre-Dame-des-Landes – est difficilement prévisible. Généralement programmée pour une durée précise et planifiée, avec un nombre d’unités donné, il arrive fréquemment que les événements dépassent toutes les prévisions et génèrent des dépenses supplémentaires inattendues.

Le coût des opérations de maintien de l’ordre, pour le contribuable, est donc considérable. Il vient s’ajouter au coût déjà exorbitant des destructions et dégradations diverses qui ne manquent d’accompagner les mouvements revendicatifs nombreux que connaît notre pays. Et ces dépenses s’envolent depuis ces dernières années, venant s’ajouter à celles en lien, notamment, avec la lutte contre le terrorisme et le contrôle de l’immigration.

Cependant, même si les crédits consacrés à la sécurité ont théoriquement augmenté depuis deux ans (de 3,5 % environ), les répercussions sur le terrain en termes de capacités opérationnelles restent très insuffisantes, voire inexistantes. Deux raisons principales sont en cause. Premièrement, une réforme des cycles de travail dans la police et la gendarmerie – qualifiée, par les spécialistes, de véritable bombe à retardement -, voulue d’une part par le gouvernement Hollande et, d’autre part, par Bruxelles, est venue annihiler les maigres efforts de recrutement qui ont été entrepris dernièrement.

Deuxièmement, parce que les rallonges budgétaires accordées aux forces de l’ordre n’ont pas suffi à stopper la paupérisation qui sévit depuis trop longtemps, tant dans la police nationale que dans la gendarmerie nationale. Ainsi, le plan de 250 millions d’euros supplémentaires annoncé par le dernier gouvernement Valls ne s’est traduit que par 100 millions d’euros de mesures nouvelles. Pas de quoi redresser une situation qui continue de se dégrader.

Dans ce contexte, les coûts colossaux induits par les mouvements sociaux revendicatifs, notamment du fait de l’engagement à outrance d’unités de police et de gendarmerie, ne doivent pas être pris à la légère. Le coût de l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes revêt, ainsi, un caractère fortement symbolique. Il atteste, une fois de plus, de ce que les décisions politiques tardives ou inadaptées peuvent être graves de conséquences. Mais il est vrai que nos gouvernants, devant le peuple, s’attardent peu sur ce de questions.

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