La première convention de La en marche s’est tenue à Paris le samedi 8 juillet. Parmi les futurs grands chantiers du parti présidentiel, on annonce la création d’un support médiatique pour produire des contenus sur la vie, les initiatives et la communication du mouvement qui compte à ce jour 373.000 adhérents, dont 100.000 militants actifs organisés en plus de trois mille comités locaux.

Le média sera chapeauté par une équipe d’une dizaine de membres : rédacteurs, vidéastes, communicants. Selon une porte-parole du mouvement, il s’agit d’« animer le débat d’idées ». Le projet se veut décentralisé, ses organisateurs font part de leur souhait de “valoriser les actions locales”.

Nonobstant le qualificatif de “candidat des médias” dont il fut l’objet tout au long de sa présidentielle, Emmanuel a toujours favorisé la communication directe et horizontale avec ses ouailles, court-circuitant à plusieurs reprises les médias.

Les journalistes y avaient vu un simple stratagème : casser l’étiquette de “chouchou des médias” que ses adversaires lui avaient collé. Une fois élu, il rentrerait dans le rang comme ses prédécesseurs, pensait-on dans les salles de rédaction.

Que nenni. Les relations entre Emmanuel Macron et les médias n’ont jamais été aussi tendues que depuis son élection. Sa volonté de sélectionner les journalistes qui le suivraient lors des déplacements a fait couler beaucoup d’encre. Ainsi que l’annulation du traditionnel entretien du 14 Juillet pour lequel le Président aurait une pensée “trop complexe”. Si ces pratiques sont parfaitement légales, elles vont à contresens des usages de la Ve République.

On comprend, dès lors, le scepticisme affiché par nos confrères des médias officiels face à la création de ce support médiatique du parti présidentiel, qui heurte de plein fouet le corporatisme des médias, jusque-là seuls habilités à informer. D’aucuns craignent un “organe de propagande” orwellien et s’en inquiètent ouvertement, à l’instar du Point, qui déplore la “communication verrouillée” du pouvoir.

À y regarder de plus près, c’est on ne peut plus logique. Emmanuel Macron est un héritier des physiocrates désireux de mettre fin aux corporations : “laisser faire les hommes, laisser aller les marchandises”. Des journaux libéraux comme Le Point et Le Figaro s’étaient émerveillés du “bol d’air frais” que ce jeune quadra apporterait en mettant un coup de pied dans la fourmilière de l’étatisme et du corporatisme : deux fléaux pour tout libéral qui se respecte.

On ne saurait, alors, l’accuser de ne pas tenir sa promesse. Ainsi, en vertu de l’ubérisation, tout peut à sa guise devenir chauffeur ou coiffeur. Les corps de métiers officiels sont dès lors exposés à une rude concurrence. Pourquoi en serait-il différemment des journalistes ? Reste à aller au bout de cette logique en cessant les grasses subventions à la presse. Des journaux libéraux et modernes comme Le Point ne peuvent qu’apprécier la fin de cette pratique dépensière héritée du Directoire…

13 juillet 2017

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