Plusieurs dizaines de djihadistes ont été mis « hors d’état de nuire », le 30 octobre dernier, a annoncé Florence Parly, ministre des Armées, au cours d’une conférence de presse. L’opération, qualifiée « d’opportunité » (autrement dit, non planifiée mais en réaction immédiate à un renseignement), a mobilisé d’importants moyens : avions de chasse, drones (enfin utilisés !), hélicoptères et commandos au sol.

Tous les détails ne sont pas connus, comme d’habitude, mais on sait tout de même que les combats ont duré plusieurs heures et se sont déroulés au Mali, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. C’est le groupe djihadiste Ansar-ul-Islam qui a fait les frais de l’opération et perdu, ainsi, une cinquantaine d’hommes, dont quelques prisonniers. Ce groupe fait partie du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), nébuleuse affiliée à Al-Qaïda. Il est en concurrence violente avec d’autres mouvements regroupés au sein de l’État islamique sous le nom d’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS). Des combats sanglants ont opposé les deux entités, dont l’État islamique est sorti vaincu et très affaibli. En outre, plusieurs opérations menées par la France, au début de l’année, notamment par le 2e REP, ont également porté des coups très durs à l’EIGS. Des commandos français sont toujours présents sur place (dans la zone dite des « trois frontières »), a récemment déclaré le général Lecointre, et continuent la traque des quelques centaines d’hommes que compte encore l’EIGS.

C’est donc, aujourd’hui, Al-Qaïda qui opère sur le terrain de façon très active, et la destruction de ce groupe par l’armée française intervient alors qu’il se préparait à une attaque, a précisé le ministre, sans indiquer quelle était la cible des islamistes.

Florence Parly a annoncé tout cela depuis Bamako, où elle est actuellement en déplacement. Il est, en effet, nécessaire de s’assurer des intentions de la nouvelle équipe militaire au pouvoir depuis le putsch du mois d’août. C’est d’autant plus urgent que Bamako a récemment libéré plus de 200 islamistes emprisonnés en échange d’otages, dont la Française Sophie Pétronin. C’est à cette occasion que l’on a appris la conversion à l’islam de notre compatriote, ce qui a quelque peu cassé l’impact médiatique du retour triomphal à Paris de la néo-musulmane.

En tout état de cause, la remise en liberté de 200 combattants islamistes fut un dénouement pour le moins inattendu et cette prime donnée aux preneurs d’otages islamistes laisse rêveur.

Ce succès militaire, incontestable, vient à point nommé pour souligner la nécessité de cette opération Barkhane tant décriée qui coûterait beaucoup trop cher pour un résultat incertain. Cet argument financier est assez distrayant alors que l’État dilapide, quotidiennement, des milliards pour compenser d’absurdes et liberticides fermetures de commerces dans le cadre d’un confinement non moins absurde.

Certes, les résultats militaires sont, par nature, incertains sur un territoire aussi vaste. La France aimerait bien prendre un peu de champ et partager le fardeau avec d’autres forces européennes, mais elles ont dit non (à part l’Estonie, qui a envoyé quelques commandos). Voilà un bel exemple de solidarité européenne.

Quant à laisser la main aux forces africaines, chacun sait que ce serait la porte ouverte à une invasion rapide du Mali.

Il n’y a donc pas le choix, l’armée française doit rester si nous ne voulons pas, demain, nous réveiller avec Al-Qaïda au pouvoir au Mali ou au Burkina Faso.

3 novembre 2020

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