Bas les masques ! Voilà, dans tous les sens, ce qui semble être la devise du moment…

En effet, il ne vous aura pas échappé que si la majorité des gens portent des masques, il s’agit, la plupart du temps, de mentonnières. C’est, en quelque sorte, le collier à la mode ce printemps, un complément pour les pilosités défaillantes, le « must have » des hipsters… D’aucuns, même, portent le masque pendu à l’oreille, d’un seul côté donc. Chic et décontracté. À côté de cela, on en voit des gris bien crasseux, et des becs de canard portés à l’envers, des retournés prêts à recevoir le premier goitre venu. L’imagination est au pouvoir. Monsieur Gérard Collomb, maire de Lyon, a même offert des serpillières à ses administrés. Un véritable outrage au pays des soyeux !

Bref, plus on les porte, plus les masques tombent…

Dimanche, à Montcornet, joli village de l’Aisne où il était allé commémorer la « défaite fondatrice du mythe gaullien », comme l’écrit Le HuffPost, le chef de l’État et son entourage ont été démasqués. Les hommes libres respirent librement et ce n’est pas un sale petit virus qui les impressionne, qu’on se le dise ! Pas question d’arriver enchiffonné pour « saluer le chef de guerre visionnaire » et honorer « le refus de la résignation et l’esprit de résolution et de résistance », a dit l’Élysée.

On notera, au passage, combien ce travers très français qui consiste à toujours transformer les défaites en victoires est, lui, incurable. Les siècles passent et l’on est toujours à se glorifier d’avoir perdu parce que c’est mieux que si l’on avait gagné : à Montcornet, donc, la défaite fut victorieuse et le vaincu vainqueur. Qu’il s’agisse de bataille, comme ici, ou bien de sport ou d’élections, transformer les défaites en victoires est assurément une constante de « l’esprit français ».

Bref, alors que l’aréopage macronien avait tombé les masques, , président de la région des Hauts-de-, a tenu à garder le sien. C’était sa ligne de démarcation, ou de démasquation. Ah ah ! Mais on t’a quand même reconnu, beau masque !

Pas content, Xavier Bertrand a, en effet, publié, le même jour, une tribune dans le JDD, assez fielleuse, il faut bien le dire, reprochant à de vouloir enfiler un costume gaullien qui ne lui sied point. Il écrit : « Pour de Gaulle, un chef ne doit pas parler en permanence, à tort et à travers. Il doit mener son pays d’une main ferme sans se préoccuper de sa popularité et être capable d’assumer seul les bonnes décisions. Il ne doit pas avoir le besoin pathologique d’être aimé mais se doit tout entier à la France. » Suivez mon regard par-dessus la ligne bleue du masque… Notez que l’analyse n’est pas fausse et il est bien dommage que notre Président n’arrive pas à comprendre combien sa stratégie est contre-productive. Ce n’est pas en faisant des mamours et des selfies du haut en bas de l’échelle sociale qu’il va pouvoir tarir les flots de haine qu’il suscite.

Xavier Bertrand s’est plaint dans la presse locale : « “L’Élysée a fait retirer leurs masques à l’ensemble des élus présents” et ce malgré des distances physiques qu’il juge inférieures à un mètre », nous dit Oise Hebdo. Faux, rétorque l’Élysée, « le masque n’était pas obligatoire sur le site de la commémoration, étant donné que nous étions en mesure d’assurer la distanciation physique entre les invités » et « ceux qui ont souhaité le garder ne s’en sont pas vus privés par qui que ce soit ». La preuve, Bertrand était masqué. Et toc !

Pauvre Bertrand qui tente, lui aussi, de se tirer d’un mauvais pas, car l’affaire des masques… c’est lui ! Lui qui, ministre de la Santé, a décidé de ne plus renouveler les stocks stratégiques. Lui, comme le signale un rapport sénatorial de 2015, « a pris seul la responsabilité de démanteler les réserves de masques de l’État ». Eh oui, pas plus que les autres Xavier Bertrand n’avait prévu qu’un jour, la Chine serait elle aussi touchée par une épidémie et, de ce fait, incapable de fournir la précieuse manne…

Il paraît que gouverner, c’est prévoir. Pas toujours facile…

À lire aussi

Piotr Pavlenski, « artiste » politique : que fait-il encore chez nous, celui-là ?

Et si, plutôt qu’un suivi psychiatrique à nos frais, on expulsait Piotr Pavlenski ? …