Barbie : délire idéologique ou renouveau du féminisme ?

barbie

Barbie, la poupée qui a bercé l'enfance de millions de petites filles à travers le monde, fait son grand retour sur grand écran. Dans son rôle, elle est toujours la blonde aux mensurations surréalistes, mais devient une icône féministe, une guerrière contre le patriarcat. Un renouveau qui fait débat dans les médias : ceux qui voient un espoir féministe exemplaire face à ceux qui dénoncent un film de propagande.

Le film, noté 3,5 par la presse et 3,3 par les spectateurs sur Allo Ciné, divise. C’est un véritable champ de bataille idéologique qui s'ouvre. D'un côté, les progressistes louent l'audace du film, qui ose remettre en question les normes traditionnelles et propose une Barbie résolument moderne.  L'Humanité, par exemple, salue le fait que le film mette en avant une « comédie féministe inspirante » et donne une nouvelle image de Barbie, loin des stéréotypes traditionnels.

Une « satire de charme » ?

Le Point, quant à lui, salue l'audace de la réalisatrice qui a su traiter du féminisme en « inversant la proposition, c'est-à-dire à partir du patriarcat, dont ce film est une satire aussi ravageuse que savoureuse ». Le Figaro, lui, salue le talent de la cinéaste « qui va sans doute au-delà de la commande de Mattel (dépoussiérer sa poupée) et en profite pour régler des comptes avec le patriarcat avec un humour jubilatoire ».

Libération, malgré une note de 4 étoiles sur 5, reste critique : « Greta Gerwig avait la mission quasi impossible de dépoussiérer le jouet ringard de Mattel. Malgré un marketing franchement tyrannique, pari réussi pour cette satire de charme qui ne se laisse pas dévorer par ses paradoxes. »

 

« Un néo-féminisme méprisant les hommes »

De l'autre côté, des voix s'élèvent pour dénoncer une réalisation à la sauce woke, misandre, mettant en avant une société féministe qui s'émancipe d'un prétendu patriarcat.

Dans Le Figaro Vox, Anne Guerry, élève à l’ENS Lyon, attaque : « Le message est clair : la femme n'a pas besoin de l'homme, et c'est en se passant de lui qu'elle pourra s'émanciper et être pleinement femme. » Elle critique très franchement le film, le qualifiant de film « qui coche toutes les cases d’un néoféminisme méprisant les hommes, qui tend à diffuser un message d’inclusion envers les femmes n’ayant désormais plus besoin d’être belles pour être valorisées ».

Marianne, de son côté, y va fort, avec un article titré : « Barbie en salles : désolé Greta Gerwig, le féminisme n'est pas un jouet. » Marianne dénonce un film qui « se fait fort de porter à l'écran des vérités générales sur la condition de vie des femmes, chaussé de ses gros sabots idéologiques, il n’a rien compris au féminisme ».

Évoquons, tout de même, BV, avec notre confrère Arnaud Florac qui parle d'un film reprenant « les (relativement récents) codes de l'idole des petites filles du monde entier : du rose bonbon, des sourires bright et un côté à la fois naïf et vulgaire ». Son jugement semble sans appel en évoquant « l'inanité » de ce film.

Terminons sur une touche naulleauiste. Le chroniqueur a attribué une note inférieure à 1 point sur 5 et flingue littéralement le film sur Twitter : « On sort consterné de Barbie. Misandrie en roue libre, tract pseudo-féministe noyé dans la moraline et le grotesque. Sous les travers du nouvel art officiel en passe de s’imposer, 2 heures de clip publicitaire pour la poupée de Mattel (et Chanel parmi les placements de produit). »

Mais après tout, c'est peut-être là le véritable message du film : la nostalgie d'une époque révolue, sans le wokisme, où Barbie était une simple poupée, loin des tourments idéologiques que la gauche tend à nous imposer.

Félix Perrollaz
Félix Perrollaz
Licence de Science politique à l'Université de Lille, étudiant en journalisme, journaliste stagiaire à BV

Vos commentaires

15 commentaires

  1. Je ne vois pas l’intérêt de reprendre ce qui existe – et a eu le mérite d’exister – et le déformer « à sa sauce » sous prétexte de progressisme. Moi, si je trouve que le jeu de la Marelle est vieillot et dépassé, je trace au sol un peu plus loin un autre jeu que je juge plus intéressant pour mon public (ici, des enfants, des vrais, pas des adultes en soif de réforme woke!), et je regarde le résultat, en acceptant l’échec à l’avance…

  2. Comme pour tout ce qui relève du wokisme, il faut éviter de trop prêter attention aux critiques positives.
    Car c’est bien la gauche qui a inventé les usines à trolls qui sévissent sur internet, la plus ancienne et plus connue étant la « ligue du lol ».
    Alors bon, quand quelqu’un donne 5 étoiles à un truc woke, vous pouvez être sûr que c’est aussi objectif que les critiques de restaurants écrites par le patron lui-même.

  3. Faudrait peut-être arrêter de voir de la propagande partout. Ceux qui voient dans ce film autre chose qu’un simple divertissement ( bon ou mauvais peu importe) n’ont vraiment que ça à faire et doivent bien s’ennuyer dans la vie! En tous cas si c’est un navet ce film aura quand même bénéficié d’une formidable publicité. Merci les wokistes et autres feministes !

    • Sauf qu’il y a effectivement de la propagande partout.
      Cette propagande est même obligatoire et inscrite noir sur blanc dans les accords de Marrakech par exemple, mais aussi dans d’autres lois aux USA.

      • Ca date de 1945. Ainsi le plan Marshall imposait l’obligation de projeter chaque année dans les salles de cinéma européennes un minimum de 30% de films produits à Hollywood. Du côté français, le duo Jean Monnet – Léon Blum se chargea des détails. A noter que Jean Monnet, « père de l’Europe », était un ancien employé de l’OSS, future CIA. Ce qui explique beaucoup de choses.

  4. « sound of freedom  » 4 millions de vue ! « barbie » 40 millions !! pas de doute la révolution est en marche , haa ! société du spectacle quand tu nous tiens !

  5. Je n’irais pas voir ce film de propagande woke !
    J’ai eu des Barbie , mes sœurs aussi, ensuite ma fille et maintenant ma petite fille de 3 ans ( elle n’aime pas les grandes poupées !) quand je lui en achète, (c’est elle qui choisit !) je me fait plaisir aussi! Je lui ai donné tous les accessoires qu’avait sa maman , elle leur parle avec son langage de petite fille de 3 ans mais elle s’amuse pendant des heures avec ses Barbie ! Moi sa mamy je lui confectionne ses vêtements et ma princesse est contente !
    Laissons à Barbie son statut de jouet dont nous gardons des souvenirs d’enfance !
    Vive la poupée Barbie !

  6. Votre dernier paragraphe suggère que le film n’est PAS woke. Effectivement je l’ai vu et on est plus dans le féminisme traditionnel à dénoncer le patriarcat et exprimer que les femmes peuvent être ce qu’elles veulent. Il y a un poil de misandrie avec pas mal de clichés sur les hommes livrés à eux-mêmes, un soupçon de woke avec une Barbie grosse et une Barbie transgenre. La majorité des produits Netflix dilue aussi la propagande sous une forme légère, où le woke se moque parfois de ses outrances. Il y a une limite à ce qu’un spectateur peut tolérer sans se sentir viser, et on ne peut pas attaquer la majorité sans risquer ses audiences.

    En ce sens, le film Barbie ne fait finalement que reprendre le narratif Mattel des années 60 : Barbie est une femme moderne et autonome, qui sert d’idéal de vie aux petites filles. Mais elle le met au goût du jour en digérant les critiques néo féministes sur le stéréotype physique. C’est malin, et permet de réconcilier le féminisme de maman et le wokisme moderne, une vision mainstream redoutable. Car Barbie n’a toujours pas de parents, pas de mari et pas d’enfants.
    Le film en lui-même est agréable, les chansons très bonnes – surtout celles chantées par Ryan Gosling -. Le succès devrait s’arrêter à son temps d’exploitation en salles, on ne sent pas venir le film culte.

  7. Que des gens puissent aller voir cette daube en dit long de leur état de santé mentale et surtout de celui d’un pays tout entier.

  8. Que d’histoires pour ce qui devrait rester un jouet. Quant à celle qui y voit une preuve de l’inutilité de l’homme, elle atteint le summum de l’imbécilité que sa grande pseudo culture, imbue de son petit savoir, tente de masquer.

  9. Évidemment que ce n’est que de la propagande signée des Studios (democrats) Holywoodiens !
    Une autre tentative américaine pour imposer son nouvel art de vivre woke, décérébré, dégenré, et dégénéré.
    Dans toute l’histoire du cinéma, un seul artiste a pu porter un costume rose sans tomber dans le wokisme abjecte, cocorico, il est français : le grand Michel Serrault.
    Même avec leurs versions minables, les américains n’ont jamais été capable de faire mieux, et le prouvent jour après jour en s’enfonçant toujours plus dans la bêtise crasse.

  10. Je suis allée voir le film accompagnée de ma fille toutes les deux avec la nostalgie de notre poupée d enfance et à la sortie gros malaise ce film est laid non seulement c est une charge contre le patriarcat qu il présente comme une menace mais les poupées sont toutes de la diversité on en mange de la diversité jusqu’à plus faim cette époque est bien laide tout comme ce film. Notre poupée aurait mérité bien mieux que cette sordide propagande en fait elle aurait mérité de rester dans nos souvenirs d enfance telle qu’elle sans être abîmé par cette époque décidément bien laide aussi

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