Les thuriféraires de M. Macron sont aux anges, car le nombre d’inscrits en catégorie A (ceux qui ne travaillent pas) à Pôle emploi a baissé, en septembre, de 1,8 % : du jamais-vu depuis 2001. Néanmoins, cet excellent chiffre est à relativiser, car il est stable sur le troisième trimestre (– 0,2 %) et sur un an (+ 0,2 %). Ensuite, le nombre d’inscrits depuis plus d’un an a augmenté de 0,1 % en septembre et de 2,9 % sur un an. Ceux qui le sont depuis plus de trois ans sont 4 % de plus en un an (une catastrophe). Ensuite, la catégorie B (ceux qui ont travaillé moins de 78 heures) recule de 1 %, mais la catégorie C (ceux qui ont eu une activité réduite de plus de 78 heures) augmente de 3 %. Les nouveaux emplois sont à temps partiel et sont peu rémunérateurs.

Cette amélioration n’est pas due à M. Macron mais, pour une toute petite part, à la de son prédécesseur (eh, oui !) et surtout à l’excellent environnement international. Il se peut que les réformes du Président produisent, à terme, des effets bénéfiques (on peut rêver), mais nous ne pourrons juger les résultats que dans un an (voire deux), car l’inertie en économie est grande. La seule mesure du gouvernement qui a eu un impact immédiat (et négatif !) sur l’emploi est la suppression brutale de 200.000 emplois aidés. Si, dans l’espoir absurde d’être réélu, M. Hollande n’avait pas subventionné à tout va des emplois et créé des stages de formation bidon - mesures qui ont commencé à venir à terme au troisième trimestre, provoquant une ruée sur Pôle emploi -, la hausse du chômage aurait été bien plus forte fin 2016 et début 2017, et l’amélioration que nous avons constatée serait vraiment spectaculaire, prouvant le fort redémarrage de notre économie.

Hélas ! La machine, à peine relancée, se grippe déjà. Les experts estiment que les embauches en CDI ne progresseront plus que de 1,5 % au second semestre, contre 6 % au premier. Pendant cette même période, 47.000 postes seront créés, contre 145.000 dans la première partie de 2017. De même, le taux de chômage de l’INSEE était de 9,9 % en décembre 2016, de 9,5 % en juin 2017 et ne sera qu’à 9,4 % fin 2017. Ce futur ralentissement sera peut-être provisoire. Il s’explique par la fin des emplois aidés dont la suppression va s’étaler jusqu’en décembre (15.000 chômeurs de plus). En outre, une prime à l’embauche s’est terminée en juin. Or, elle a eu un effet d’aubaine et les patrons se sont précipités de créer des postes pour en profiter, quitte à avancer de quelques mois la prise de fonction. Sans cette prime, les créations se seraient étalées uniformément sur toute l’année.

Ainsi, on verra dans un an ou deux si M. Macron aura commencé à nous sortir de l’ornière ou s’il continue sur la lancée de son prédécesseur dont le bilan est si mauvais. Prions surtout pour que n’éclate pas une crise qui abattrait définitivement un pays qui a été incapable de surmonter les précédents krachs, contrairement à 80 % des autres nations.

25 octobre 2017

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