Economie - Editoriaux - Industrie - 28 mars 2019

Avec Emmanuel Macron, on va d’étonnement en étonnement

Le saviez-vous ? Il n’y a, dans le gouvernement français, ni de ministre de l’Industrie – c’est Bercy qui commande – ni de ministre ou secrétaire d’État du Commerce extérieur; il m’est arrivé de le déplorer, et surtout de le dénoncer, car un ministre de l’Industrie a pour vocation de défendre et de promouvoir l’industrie, et aujourd’hui, la France ne défend pas son industrie. CQFD !

Eh bien, nous venons de découvrir que la France a un nouveau ministre du Commerce extérieur, il nous vient d’outre-Rhin et même de Berlin ; oui, il s’agit de la chancelière Angela Merkel en personne. La preuve, la voici :

Le président chinois Xi Jinping vient en visite officielle en France pour parler affaires et exportations françaises en Chine. C’est parfait.

Mais dans la foulée, on invite Angela Merkel accompagnée de Juncker pour négocier avec le président chinois. On comprend la présence du président de la Commission européenne qui a la charge de négocier les accords de l’Union européenne sur mandat du Conseil des ministres.

Mais pourquoi Merkel, et seulement elle ? Pourquoi pas les Italiens, les Espagnols, les Belges, etc. ?

Le simple fait que l’Allemagne soit une grande exportatrice en Chine ne justifie pas que le tapis rouge lui soit déroulé de cette façon !

Et cela, d’autant plus qu’Emmanuel Macron oublie un peu vite que l’Allemagne nous a lâchés dans le dumping chinois dans l’affaire des entreprises photovoltaïques ; ces entreprises européennes ont toutes, aujourd’hui, disparu ou presque !

Confier la prééminence à l’Allemagne dans les relations commerciales avec la Chine, c’est prendre plus qu’un risque : c’est être cocu à terme !

Quand Emmanuel Macron comprendra-t-il que les États n’ont pas d’amis et les industriels allemands encore moins ?

Ils sont nos concurrents les plus actifs !

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