Culture - Editoriaux - Médias - Politique - 24 mai 2017

Arrêtez de nous bassiner avec la reconstruction de la droite !

Nos partis traditionnels ont voulu tout copier des Américains. Ils ont surtout voulu plaquer sur la vie politique française leur bipartisme qui est une imposture imposée par un système politico-financier, lequel n’a d’autre but que d’endormir le peuple pour mieux l’asservir.

Mais les Français ne sont pas des Anglo-Saxons. Pour l’avoir oublié, l’UMPS est en train de s’effondrer.

Et en dépit de ce que disent les analystes macronolâtres qui se pâment dans les médias, ce n’est pas Macron qui a vaincu le bipartisme à la française mais bien Marine Le Pen, qui défendait le NI droite NI gauche alors que Macron choisit ET la droite ET la gauche.

La nuance n’est pas seulement importante, elle est fondamentale.

Je ne sais pas comment est votre cerveau mais le mien n’est pas figé, englué à droite ou à gauche.

Être de droite ou de gauche est affaire de sensibilité et non de bipolarisation radicale.

Je n’ai rien inventé, relisez les belles pages de Jacques Maritain (détesté en son temps par la droite ET par la gauche) sur cette question dans Le Paysan de la Garonne, Primauté du spirituel ou Humanisme intégral.

Cette invention diabolique des révolutions bourgeoises a enfermé la France dans ce vieux clivage gauche/droite qui répugne à sa nature et, Dieu merci, il est en train de s’en débarrasser. Ce clivage est un carcan sclérosant, un asservissement sans issue car reposant sur l’illusion que le peuple a le pouvoir de diriger le destin de son pays selon un effet de balancier bien connu et dont la finalité est de briser l’unité du peuple.

Il y a une vertu de droite : les mœurs et les vertus familiales ; et il y a un vice ou un péché de droite : l’orgueil des richesses. Les vertus et péchés de gauche sont ceux de droites inversés : partage des richesses et mœurs libertaires.

Il est clair que le choix du libéralisme libertaire de Macron va l’enfermer dans le double péché de droite ET de gauche et, à moins d’une conversion soudaine, je ne vois pas comment il peut sortir de ce piège élémentaire de philosophie politique. Pourtant, le Kid (comme le surnomme L’Express) a quelques notions de philosophie – infiniment plus que Sarko et Hollande réunis – et nous joue du violon sur la verticalité du pouvoir. Peut-être se voit-il déjà en restaurateur de la monarchie constitutionnelle, façon grandes familles européennes (vendues à l’oligarchie bruxelloise). Mais la transcendance selon Macron a de grandes chances de rimer avec Mamon – simple jeu de consonnes.

La présidence de Macron risque bien, alors, d’être une chance pour la France. Oui, une chance, pour y voir enfin clair dans ce jeu politique pervers où le Français est roulé dans la farine depuis trop longtemps (on pourrait remonter loin dans l’imposture si on cumule les arnaques philosophiques, politiques, intellectuelles, morales, sociales, culturelles, aujourd’hui anthropologiques qui ont mis notre pays à genoux).

Il faudra donc boire Macron jusqu’à la lie, c’est-à-dire jusqu’à la pourriture au fond de ce verre plein d’alcool du pouvoir qui semble tant enivrer notre jeune Président.

Ultime catharsis pour un peuple avant sa renaissance ? Je tiens le pari.

Est-il possible de réconcilier droite et gauche dans notre pays ? Cette réconciliation porte un nom : la doctrine sociale de l’Église. On pourrait ajouter « doctrine familiale » mais l’Église est, par essence, familiale. Marine Le Pen, par sa vision politique, par sa volonté de libérer la parole, est peut-être (voyez ma prudence) la seule, aujourd’hui, à pouvoir préparer le terrain pour que se reconstruise la vie politique dans notre pays sur des bases plus saines. Tout dépend des choix qu’elle va faire dans les mois à venir.

Alors, encore une fois, de grâce, arrêtez de nous bassiner avec la reconstruction de la droite.

À lire aussi

J’étais l’un de ces enfants sur cette photo de cours moyen en Algérie. En 1961…

Cette année-là, nous prîmes tous l'avion en catastrophe pour Toulouse, avec juste quelques…