Après Vance, Trump lui-même délivre une magistrale leçon à l’Europe du déclin

Immigration, liberté d'expression, déclin économique, effacement civilisationnel : constat implacable, mais juste.
Capture d'écran X The White House
Capture d'écran X The White House

Il y a moins d'un an, à Munich, le vice-président américain J.D. Vance administrait à l'Europe une magistrale leçon, dans un discours à la Jean-Paul II ou à la Soljenitsyne, en pointant l'aveuglement immigrationniste des élites européennes, coupables à ses yeux de faire perdre son âme au Vieux Continent.

Contrairement à ces mêmes élites, qui changent de conviction (sur le nucléaire ou l'armement, par exemple) comme de chemise, l'administration Trump, elle, fait preuve de constance. Ce vendredi 5 décembre, la présidence américaine vient en effet de publier sa « stratégie de sécurité nationale » dans laquelle Donald Trump s’en prend sévèrement à l’Europe. Il lui consacre trois des trente-trois pages de ce document officiel, sorte de Livre blanc de la pensée stratégique américaine sous Trump. Les présidents américains publient généralement une présentation stratégique de ce type à chaque mandat. La dernière, signée Joe Biden en 2022, insistait sur l’acquisition d’un avantage compétitif par rapport à la Chine tout en prônant l’endiguement d’une Russie jugée « dangereuse ». On voit le résultat : quatre ans d'une guerre ruineuse et sale que Poutine semble être en train de gagner... La nouvelle stratégie, quant à elle, prévoit d’importants changements au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Trump met le doigt où ça fait mal

« Déclin économique », « effacement civilisationnel », « manque de confiance en soi » ou encore « censure de la liberté d’expression et répression de l’opposition politique ». Les termes sont forts. Ils listent systématiquement les faiblesses européennes sur les plans démographique, migratoire, économique, démocratique, idéologique et sociétal. « Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable dans vingt ans ou moins », y est-il écrit. Est-il la peine d'ajouter que, sur tous ces plans, tous ces déclins, la France de Macron est malheureusement pilote ? Le document américain dénonce à juste titre « les activités de l’Union européenne et d’autres organismes transnationaux qui portent atteinte à la liberté politique et à la souveraineté, les politiques migratoires qui transforment le continent et engendrent des conflits, la censure de la liberté d’expression et la répression de l’opposition politique, l’effondrement des taux de natalité et la perte des identités nationales et de la confiance en soi ». Toutes choses fondées sur des faits, des chiffres, des courbes.

Et Trump se paie le luxe de nous prescrire les remèdes honnis de nos élites euro-béates afin que « l’Europe reste européenne, retrouve sa confiance en elle-même sur le plan civilisationnel et abandonne son obsession infructueuse pour l’asphyxie réglementaire ». Parmi ceux-ci : « cultiver la résistance face à la trajectoire actuelle de l’Europe à l’intérieur des nations européennes », « encourager l’Europe à prendre des mesures pour lutter contre la surcapacité mercantiliste, le vol de technologies, le cyberespionnage et autres pratiques économiques hostiles » ou encore « mettre fin à la perception, et empêcher la réalité, de l’OTAN en tant qu’alliance en perpétuelle expansion ».

Sur la guerre en Ukraine et la stratégie perdante de l'UE et de Macron, il est intéressant de citer longuement le texte de Trump : « L’administration Trump se trouve en désaccord avec les responsables européens qui ont des attentes irréalistes concernant la guerre, issus de gouvernements minoritaires instables, dont beaucoup bafouent les principes fondamentaux de la démocratie pour réprimer l’opposition. Une grande majorité des Européens souhaitent la paix, mais ce désir ne se traduit pas en politique, en grande partie à cause de la subversion des processus démocratiques par ces gouvernements. Cela revêt une importance stratégique pour les États-Unis, précisément parce que les États européens ne peuvent se réformer s’ils sont enlisés dans une crise politique. »

 

Les cris d'orfraie des euro-béats et de Jacques Attali !

Inévitablement, cette leçon sans concession a fait réagir nos euro-béats de service. « Ce document est inacceptable et dangereux. L’administration Trump n’a pas à se mêler de nos politiques intérieures », a déclaré, sur X, la pauvre Valérie Hayer, présidente du groupe centriste Renew Europe au Parlement européen. Pour le ministre des Affaires étrangères allemand Johann Wadephul, Berlin n’a pas besoin de « conseils venant de l’extérieur ». À l'heure où la France, après Fillon et Marine Le Pen, commence à s'en prendre à Bardella avant la présidentielle et où l'Allemagne diabolise l'AfD, montrant par là même que la répression des oppositions n'est pas un fantasme trumpien, ces protestations sonnent comme des aveux. Parmi les europhiles courroucés, Jacques Attali, bien sûr !

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Et dans la presse du même bord (Le Parisien), un professeur de Sorbonne Université, un certain Thierry Chopin, dégaine l'arme fatale : « Les États-Unis nous traitent comme des faibles et cherchent la vassalisation. » Et quand l'UE et la France de Macron suivaient l'administration Biden sans moufter, ça s'appelait comment ? Très franchement, la Maison-Blanche « encourage ses alliés politiques en Europe à promouvoir [un] renouveau d’esprit » et estime que « l’influence croissante des partis patriotiques européens est en effet un motif de grand optimisme ».

Nul besoin d'être trumpophile pour reconnaître que le Yankee dit le réel et indique la voie du redressement.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

66 commentaires

  1. « L’Europe ! L’Europe ! », ce « machin », cette machine à broyer les nations, leur Histoire, pensée et entretenue par le socialisme mondialiste qui, quand il s’empare des manettes, ne les lâche plus, même au prix d’élections truquées, d’excommunication cynique et de roueries mortifères.
    Cette Europe socialiste court à sa perte, à notre perte, quand on voit qu’elle aura été incapable de remplir la première de ses obligations, celle d’assurer la sécurité de ses citoyens face aux menaces extérieures. Les déviances du genrisme, de ce wokisme suicidaire importé de la gauche extrême américaine, du combat « révolutionnaire » bien français contre la religion qui a façonné nos traditions séculaires, la fracture irréductible au sein d’une caste « d’élites » politiques autoproclamées de plus en
    plus minable, la dilution de l’impuissance à contrer la moindre mesure lunaire imposée par l’entre-soi bruxellois, la nouvelle martingale sortie de la manche du camp du Bien pour sauver son système à bout de souffle, nous promet des lendemains bien sombres. Et je n’ai même pas évoqué cette islamisme politique conquérant qui monte à l’assaut du processus électoral.
    Trump voit tout ce marasme, a pris toutes mesures chez lui pour combattre l’Hydre de cette gauche Democrate suicidaire, dont nous commençons à accueillir en asile les fleurons, pourquoi voudrait-on que Trump changeât son fusil d’épaule en apportant à cette Europe un soutien à ceux qu’il a chassés de ses terres ?…

  2. quel homme!
    « Si les tendances actuelles se poursuivent, le continent sera méconnaissable dans vingt ans ou moins »
    Je n’en sais rien pour le continent, mais pour la France, elle ne ressemble plus à celle de mon enfance et dans 20 ans ce sera pire.
    Je dirai même qu’il débarque, ce bon monsieur.
    Pas besoin de Mr trump pour savoir que la France (ou plutôt ses yakas) ne fabrique plus grand chose à part chômeurs et taxes depuis un sacré moment. Quand au « continent », cela arrange bien ses affaires vu que les « continentaux » continuent de lui acheter ses zincs, en particulier ses f35. Cela tient du masochisme ou alors ses dirigeants sont bêtes comme leurs pieds. Il n’y a qu’à voir Frau V.D. Leyen faire sa génuflexion devant le grand homme entre 2 balles de golf!
    Tellement bon le « mister president », avec une culture si affinée que si un journaliste lui demandait où se trouve le Lichtenstein, il n’aurait droit qu’à « ?!?! »

    Pour en terminer avec le texte de monsieur Sirgant :
    « Très franchement, la Maison-Blanche « encourage ses alliés politiques en Europe à promouvoir [un] renouveau d’esprit » et estime que « l’influence croissante des partis patriotiques européens est en effet un motif de grand optimisme ». »
    Ses alliés politiques gavés de taxes trumpiennes et l’influence croissante des partis patriotiques européens j’aimerai bien savoir quels sont ces fameux partis « patriotiques », car si patriotes ils l’étaient vraiment; ils ne se coucheraient ni devant le tsar, ni devant oncle Sam.
    Avec un « allié » pareil : pas besoin d’ennemi.

  3. Dur pour les progressistes européens, le pitoyable Macron au premier chef, de s’entendre asséner leurs quatre vérités.

    • un politique qui se préoccupe de notre sort , ça nous change de ceux qui nous maltraitent autant ! Cest reconfortant !

  4. Trump est bourré de bon sens.
    Nous sommes trop peu nombreux à l’admettre.
    Les autres se satisfont des déclarations de Nuñez, qui refusent de voir un lien entre immigration et insécurité.
    Quant à Foutriquet, il dēsire si fort sa guerre qu’il finira peut-être par l’avoir. Sauf que ce ne sera pas Russie vs France, mais banlieues vs France.

    • Ou alors les deux, pendant que nos militaires feront la guerre en Ukraine ils en profiteront pour s’imposer a l’intérieur avec une guerre civile et ethnique.

  5. Bien que son constat soit vrai, il en demeure que lui ne fait pas assez pour combattre l’islam fondamental aux États Unis même. Que dire d’une ville comme Dearborn, où des islamistes radicaux chassent manu militari toute opposition dans le conseil municipal.
    Ces derniers mois, on le voit même se lier d’amitié avec les islamistes de tous bords auxquels Il ne peut presque rien leurs refuser.

  6. Trump et son conseil ont totalement raison. Cela va etre un deferlement de haine sur les chaines publiques. Je viens de le constater sur LCI. Bien sur le monde macronien et la gauche vont parler d une ingerence ….

  7. « subversion des processus démocratiques » En France le peuple est complètement ignoré. Une démocratie sans le peuple c’est comme une douche sans eaux, des chaussures sans semelles, un non sens qui pourtant est chéri par nos élites. C’est ce qui les tient à leur place.

  8. Bravo, Mr Trump ! Au moins votre analyse, que je partage, semble confirmer que vous connaissez mieux l’Europe que la plupart des dirigeants européens élus, ce qui ne plaide pas pour les électeurs, qui ont la tête dans le guidon du déni, enfoncés qu’ils sont dans leur idéologie mortifère, qui entraine l’Europe, sa culture, sa civilisation à sa fin ! Est-ce irrémédiable ? Si cela l’est, ce le sera autant pour ceux qui en souffrent, puisqu’ils en sont conscients et le subissent, que pour ceux qui le promeuvent, qui poussent des cris d’orfraies pour tout et n’importe quoi qui va contre leur soi-disant progressisme wokiste, et n’auront pas fini de se lamenter, car le chemin qu’ils tracent pour nous tous, européens, est pavé de mauvaises intentions et de souffrances extrêmes ! La différence entre nous, c’est que certains, nous, en sommes conscients et qu’eux ne le sont pas. Plus dure sera LEUR chute !

  9. Attention M Sirgant, avec un tel billet vous allez être dénoncé comme suppôt de l’extrême droite. Vous ne pouvez ignorer que les élites européennes, et particulièrement les françaises en pointe dans l’effacement civilisationnel, disposent d’une supériorité morale qui ne saurait être contestée. N’avez vous pas encore compris que l’immigration est un facteur d’enrichissement culturel ? De plus, vous aggravez votre cas en donnant raison à Trump ! Enfin, j’espère que votre bibliothèque ne recèle pas les derniers livres de Zemmour, de Villiers ou Bardella, car alors c’est un grand chelem que vous réalisez, et la non labellisation vous guette !

  10. Et le gouvernement allemand imbu de lui-même.
    Refuse le constat de Trump.
    Il fait un constat de l’état actuel de l’UE.
    Aux européens de se remettre en cause .
    Orban honi par cette europe progressiste a tout bon

  11. Nous aurions bien besoin d’un Donald Trump à la tête de l’Europe, et spécialement de la France pour les remettre sur les rails !

  12. Tout vient de Mitterand qui a initié le financement de la bourse du privé par la distribution des allocations sociales . Les maires touchent le social et avant la redistribution les financiers boursicotent avec cet argent . Les socialistes encouragent les abus ..

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