Appel à la grève nationale des soignants à partir du 4 août

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Les héros d'hier sont jetés à la vindicte populaire, bientôt suspendus, sans contrat ni salaire. Promus l'année dernière, ils seront demain exclus. Leur courage chaque soir était salué, leur avis est désormais complètement réprouvé et bientôt leurs droits bafoués. Belle médaille de guerre ! Si la loi est validée par le Conseil constitutionnel et promulguée, les soignants doivent être vaccinés à partir du 15 septembre. Une obligation qui passe très mal chez certains. Ainsi Magali, infirmière à Amiens, écrit sur Twitter : « Astreindre, contraindre, restreindre, interdire, punir… tels sont les mots/maux que nous inflige la bande d'incapables qui nous gouvernent. Quand on aura tout perdu, on n'aura plus rien à perdre. »

Julie témoigne elle aussi de son désarroi : « Infirmière depuis plus de 20 ans, j'ai toujours travaillé, passionnée par mon métier. Pendant la crise Covid, j'étais sur le front en réanimation. Je ne compte pas tous les sacrifices liés au boulot au cours de ces nombreuses années, comme chacun de mes collègues qui a dû renoncer à passer quelques Noëls en famille ou assister au spectacle de fin d'année de son enfant ou participer à une réjouissance familiale… J'ai toujours pu enchaîner les CDI mais depuis la rentrée dernière, je suis en CDD, n'ayant pu trouver mieux en suivant mon conjoint dans une nouvelle région. Mon contrat s'arrête le 8 septembre. Sans vaccin, il ne sera jamais renouvelé. Sans vaccin, je ne trouverai jamais un autre poste. En septembre, je n'aurai plus de salaire. Salaire dont j'ai besoin actuellement. Une reconversion ? Je ne vois même pas dans quel domaine (je ne sais rien faire d'autre !) et comment la financer ? Lâcher mon job à tout jamais est un crève-cœur… Combien de soignants se retrouve ainsi au pied du mur ? »

Face à cette obligation incomprise, la mobilisation s’organise. Ainsi le syndicat SUD Santé Sociaux vient de lancer un appel à la grève illimitée à l'échelle nationale à compter du 4 août. « Nous ne sommes pas contre la vaccination mais cela doit rester un choix libre », explique au Figaro Jean-Marc Devauchelle, secrétaire général de la fédération. « C'est encore une fois faire porter la recrudescence des contaminations et des décès des suites du Covid-19 à l'hôpital sur le personnel soignant », dénonce-t-il.

De son côté, le conseil de l’Ordre des médecins « s’inquiète vivement », dans un communiqué, des conditions de mise en place du passe sanitaire, tout en rappelant « les conséquences délétères de la crise sanitaire en termes d’accès aux soins et de suivi des malades ». Tout comme les soignants (et les 50 % de Français comprenant le mouvement anti-passe sanitaire), l’Ordre attend la réponse du Conseil constitutionnel. Dans le cas d’un avis rendu favorable, cette loi promulguée adouberait cette gestion définitivement liberticide et chaotique de la crise pandémique.

Iris Bridier
Iris Bridier
Journaliste à BV

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