La candidature d’, en ? Hier, ça se profilait ; aujourd’hui, ça commence à se confirmer. Dans Le Point du jeudi 17 septembre, la première des Parisiennes affirme ainsi en préambule : « Je vois bien que le regard sur moi a changé. » Et de conclure l’entretien à propos de l’échéance présidentielle : « Il y a de la place pour une offre sociale-démocrate, écologiste, citoyenne, face à la multiplication probable des candidats de droite et une extrême droite qui reste en embuscade. »

Et la même d’ajouter : « Je prendrai toute ma part dans la bataille qui s’annonce. » C’est-à-dire qu’elle ne s’interdit rien, quitte à tout se permettre. À propos de ce quasi-secret de Polichinelle, évoqué hier en ces colonnes, Emmanuel Grégoire, son premier adjoint à la mairie de Paris, lâchait même un peu le morceau, le 31 août : « Je suis convaincu qu’une femme arrivera à rassembler. » Mais qui donc, pardi ! On se le demande…

D’ailleurs, à gauche, qui d’autre qu’elle ? Tel que pronostiqué sur ce site, Anne Hidalgo est la seule qui puisse éviter une nouvelle humiliation au Parti socialiste et à ses alliés. Contrairement à d’autres de ses confrères et consœurs, elle est fine politique. La preuve en est que, dans la capitale, sa majorité tient à peu près bon depuis des années. Certes, il y a eu l’épisode Agnès Coffin, écolo-féministe ayant poussé Christophe Girard, son adjoint à la Culture, à la démission pour ses liens anciens avec l’écrivain Gabriel Matzneff, suspecté de pédophilie.

Mais voilà qui a également montré sa maîtrise des rouages politiciens, sacrifiant froidement le Girard en question pour éviter que sa majorité ne se disloque. Quinoa sur le gâteau : en tolérant une frange extrémiste sur sa gauche, elle s’offre le luxe d’un recentrage à peu de frais. Ou de l’art d’être à la fois notable et radicale. Bien joué.

Littéralement exsangue, ce qui reste du PS n’a plus rien à lui refuser. Quant aux Verts, l’élection présidentielle n’est pas leur scrutin de prédilection, ne serait-ce que pour des raisons politiques, leur culture ayant toujours été historiquement rétive à toute forme de césarisme. En revanche, les écologistes peuvent se révéler de solides alliés, une fois levée l’hypothèse Yannick Jadot, leur tête de liste aux dernières européennes qui se verrait bien un destin national en 2022. Son éviction, elle y travaille déjà d’arrache-pied en s’appuyant sur Éric Piolle, le très dogmatique maire de Grenoble, dans la guerre interne qu’il mène contre un Jadot suspecté d’arrivisme.

Reste le PCF et LFI. Le premier, encore en moins bonne santé que son rival socialiste, n’a guère plus qu’Anne Hidalgo pour tenter de prolonger sa survie, tel qu’elle le fait à Paris. La seconde, qui a vu ses bataillons électoraux ouvriers rallier en masse le RN, tente de se refaire une santé grâce à l’écolo-indigénisme à coloration féministe. Mais au jeu du progressisme sociétal échevelé, les Verts seront toujours plus crédibles qu’un Jean-Luc Mélenchon, un jour populiste tricolore et l’autre non.

Bref, pour notre dame de Paris, c’est un boulevard à gauche ; voire même un boulevard tout court, sachant qu’en face, la droite donnée pour être de « gouvernement » est passée avec armes et bagages à LREM, ne laissant derrière elle qu’un Bruno Retailleau et un Éric Ciotti, conjuguant à eux deux le charisme d’un François Hollande.

Ainsi Anne Hidalgo entend-elle incarner la gauche, ce qui est des plus logiques, puisque Emmanuel se pose depuis peu en rassembleur de la droite. Mais il y a évidemment Marine Le Pen, la seule candidate véritablement déclarée à ce jour. Et là, le jeu demeure plus ouvert que jamais, sachant que le ticket du second tour devrait, tel qu’en 2017, se situer autour des 16 ou 18 %. Contre Marine Le Pen, Macron estime que sa réélection est assurée, même si le pari devient, chaque jour, un peu plus risqué. Contre Anne Hidalgo, il le serait plus encore.

À l’Élysée, ça n’a pas fini de cogiter. Surtout que rien ne dit qu’ soit forcément qualifié pour ce même second tour.

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