[ANIMAUX] Pour Aymeric Caron, qui mange un cochon doit accepter qu’on mange son chien

Le député antispéciste raisonne sans prendre en compte les spécificités culturelles et les identités.
Photo de Pixabay: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/hotdog-et-jambon-sur-assiette-357576/
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Dans une publication sur le réseau social X, Aymeric Caron a émis un aphorisme remarquable : « Celui qui mange un cochon doit accepter qu’on mange son chien ou son chat, ou il est incohérent. » Une sortie presque aussi burlesque que son plaidoyer pour les femelles moustiques.

Président du parti Révolution écologique pour le vivant (REV), député siégeant avec les LFI, Aymeric Caron discutait chasse avec François Ruffin — président, lui, du parti Debout ! et député passé de LFI au groupe écologiste. Il a d’abord usé d’un constat banal pour désarmer les pro-chasse : « Une grande partie des animaux n’en mange pas d’autres. » Oui, il y a des omnivores, des frugivores, des insectivores, des carnivores, des herbivores… et même des coprophages. Mais les animaux frugivores ne s’abstiennent pas de chair volontairement, comme un antispéciste. Aymeric Caron s’assoit sur les réalités biologiques des différentes espèces.

L’alimentation ? De l’identité dans l’assiette

Par ailleurs, enchaîne-t-il, « celui qui mange un cochon doit accepter qu’on mange son chien ou son chat, ou il est incohérent ». Nous ne nous placerons pas sur le plan du végétarisme, chacun étant libre de manger de la viande ou pas, suivant ses goûts et ses croyances. Nous nous baserons sur ces réalités qui s’appellent cochon, chien, chat et alimentation. Les civilisations, les cultures se distinguent pas leur langage, leur costume, leurs institutions, leur religion… et leur alimentation : les viandes qu’elles mangent et celles qu’elles ne mangent pas.

En Asie, on consomme du chien et du chat qu’en Europe on a comme animaux de compagnie. En France, on mange du bœuf qu’en Inde on révère religieusement. Car la religion a parfois son mot à dire : les musulmans ne consomment pas de porc et les juifs religieux respectent les nombreux interdits bibliques du Lévitique. En Afrique, on consomme des « viandes de brousse », espèces qu’en Europe on visite dans les zoos.

Parfois, des impératifs extérieurs viennent perturber les usages. Ainsi, durant le siège de Paris (1870), on mangea du chat, du rat et des animaux du Jardin des Plantes. Une étude récente montre qu’en Corée du Nord, « un marché noir florissant de produits issus d'espèces sauvages a émergé » : du tigre, du léopard, du renard, du chien viverrin… Il s’agit, pour les Nord-Coréens, de ne pas mourir de faim. De telles exceptions confirment les habitus culturels.

La gastronomie, marqueur culturel fort

Ces animaux qu’on mange ou qu’on ne mange pas conditionnent un autre aspect culturel considérable, car l’alimentation est susceptible de devenir gastronomie. Combien celle-ci cisèle les identités ! L’ouvrage du Romain Apicius (Ier siècle) présente des recettes qui dégoûtent l’Européen moderne : la vulve de truie farcie, les saucisses de spondyles (un coquillage), la cuisson du perroquet ou du flamant rose ne font pas rêver. De même, le paon et le cygne étaient consommés au Moyen Âge — c’est le sujet d’un poème tragi-comique des Carmina Burana où un cygne se voit « noir et bien rôti » face à des bouches férocement endentées — ce qui nous paraît étrange, à nous modernes qui voyons en ces animaux des ornements et non des mets.

Cette question d’animaux qu’on mange ou qu’on ne mange pas ne relève pas d’une sensibilité ou d’un choix. Elle est identitaire. Aymeric Caron, lui, s’assied sur les réalités biologiques des espèces et sur les réalités culturelles de l’espèce Homme. Il théorise des sociétés sans particularismes, faites d’hommes sans identité, nomades dans un monde fluide et se nourrissant uniformément de burgers vegan. Or, c’est parce que je suis un Occidental du XXIe siècle, situé et daté, que je peux manger du cochon (du jambon, du filet mignon) tout en refusant fermement, et avec cohérence, que quelqu’un mange mon chien (Kheops) ou mon chat (Croquis). Tout cela est incarné.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

68 commentaires

  1. Il faut de tout pour faire un monde… Quitte à lire les plus merveilleuses âneries pondues par des phénomènes. Personnages sortis d’un chapeau de prestidigitateur à la place du lapin blanc.

  2. On va bientôt manger des insectes sans remords ni regrets…
    La viande n’est pas bonne parce qu’une bête qui a souffert décharge de l’adrénaline et que la tuer Halal ou Kasher la stresse et la privé du sang nécessaire à son moelleux et sa sauce ..et de plus élevée en batterie elle n’a aucun goût.
    Même pas une question de sentiment c’est juste un commentaire résultant de mes souvenirs d’autrefois quand la viande avait encore un goût…

  3. « Le député antispéciste raisonne sans prendre en compte les spécificités culturelles et les identités »
    Le député antispéciste résonne… aurait été plus juste !…
    Affligeant de bêtise…

  4. Ces avec des exemples de la sorte que l’on peut voir le grand remplacement que Zemmour nous explique. Dernier exemple des LFIstes par la voie de la députée LFI du département, Mathilde Hignet de s’opposer a une fête du cochon en Ille-et-Vilaine dans une intervention pour s’y opposer.
    Demain il sera interdit de faire un rayon de viande de cochons dans les commerces, voir même interdit d’en consommer c’est là ou on vois le vivre ensemble, côte à côte ou face a face.

  5. Bref faut devenir musulman pour pouvoir se gaver de viande et arrêter de nous prendre la tête. Chez caron y a le bon mangeur de viande et le mauvais. Le mauvais c est son frère le français de souche. Cherchez l’erreur

  6. « La question des animaux qu’on mange ou ne mange pas, ne relève pas d’ une sensibilité , d’un choix. Elle est identitaire. »
    Cette affirmation est étrange. Elle sous entend que l’identité n’ est pas un choix ni une sensibilité. L’homme serait prédestiné, avec une identité et sans choix en matière d’alimentation ?
    vous croyez vraiment que les asiatiques voudraient bien qu on mange leur chien de compagnie comme kheops ?
    Vous sembler révulsé à l’idée de manger du cygne. Moi pas davantage que du canard. Il ne me semble pas que ce soit car une question identitaire, mais bien une sensibilité.
    J ‘appreciais la viande de cheval, mais on en trouve plus . On ne mange plus en France de cheval car l’identité française a changé, ou bien l’identité française a un peu changé car la sensibilité à changé ?
    On peut manger du cochon sans être un occidental du XIX. Si vous mangz du chien dans un restaurant chinois, cela ne fait pas de vous un chinois.
    C’est bien par sensibilité que certaines personnes sont végétariennes et non pour une question identitaire.
    La question des animaux qu’on mange ou pas est, comme les recettes de cuisine, en partie identitaire, résultant de l’environnement et l’ éducation reçue, mais est tout de même aussi question de sensibilité et choix.
    L article se permet de « ne pas se placer sur le plan du végétarianisme », mais n’est ce pas le plan de Mr Caron?
    Sa phrase celui qui accepte de manger un cochon doit accepter qu’on mange son chien ,ou est incohérent  » est, bien etendu erronée. En toute logique ce devrait être celui qui accepte de manger « un « cochon devrait accepter qu’on mange « un » chien.
    A partir de la on pourrait davantage discuter car le cochon, comme le chien peut venir gaiement à l’homme pour se faire nourrir ou caresser…

  7. Oui, mais le problème c’est que je n’ai pas de chat ni de chien. Donc je me contente du cochon ! Et tout est bon dans le co cochon, ce qui n’est pas forcément le cas ni du chat ni du chien.

  8. Cette homme est une espèce non comestible en voie de disparition, il faut attendre 2026/2027.
    Son challenge quotidien auquel il s’accroche comme une moule sur un rocher, c’est sortir le maximum d’âneries dans un minimum de temps, et le plus longtemps possible.
    Et là je dois avoué, respect, il est imbattable, peut-être Sandrine Rousseau qui peut rivaliser

  9. C’est n’importe quoi, comme d’habitude. Il veut qu’on parle de lui, c’est son seul souci, mais il sera oublié comme tous les autres.

  10. La réflexion doit fatiguer Emeric Caron. Autre hypothèse, il n’est jamais sorti de sa caverne. Samuel, votre tout d’horizon du sujet est tout à fait complet. J’insisterai sur la notion de famine. Durant la grande famine ukrainienne organisée par un régime soviétique, chien et chats ne trainaient plus dans les rues. Ils étaient tous digérés, à quelques exceptions chez ceux qui parvenaient à épargner quelques céréales suite aux rafles des soviétiques.

    • Certains pourraient dire que c’est une preuve que les Ukrainiens ne sont pas vraiment occidentaux, dans une logique identitaire.
      De même les animaux du Zoo ont été mangés en 1871 au cours du siège de Paris. Chiens chats chevaux pigeons tout est passé à la casserole mais n’avait pas le même prix. Un chat valait environ 2 pigeons…

    • Les famines sous Staline ne furent pas seulement en Ukraine mais dans toute l’Union Soviétique. Famine identique à Leningrad pendant son siège avec…cannibalisme.

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