Aliette Espieux, nouvelle porte-parole de La Marche pour la vie, explique, au micro de Boulevard Voltaire, pourquoi il faut aller manifester, ce 17 janvier à 15 heures, place du Trocadéro.

Aliette Espieux, vous êtes la nouvelle porte-parole de La Marche pour la vie. Pourquoi aller manifester ce week-end ?

La Marche pour la vie a décidé d’organiser une manifestation dimanche parce qu’il y a eu plusieurs projets de loi, cette année. Il y a eu le projet de loi dit de bioéthique, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2020, et il y a eu le projet d’Albane Gaillot. Ce dernier cherche à supprimer la clause de conscience spécifique pour l’avortement, d’allonger le délai de 12 à 14 semaines et de permettre aux sages-femmes de pratiquer l’avortement. Ces lois viennent aggraver l’avortement et entacher le droit des femmes.

 

Luttez-vous contre la libéralisation de le loi Veil ou contre l’esprit même de cette loi ?

Nous nous opposons à l’esprit de la loi Veil. La loi Veil est une loi qui ne cherchait pas à comprendre la détresse des femmes. Cette loi cherche à éliminer les conséquences de cette détresse, mais elle ne cherche pas à la supprimer en elle-même. On nous dit souvent que l’avortement est le droit des femmes et qu’une femme qui n’avorte pas est une femme qui a un peu tout loupé de sa féminité.
Il y a deux sortes de femmes qui avortent. Il y a la femme en détresse et celle qui avorte par confort. Il faut prendre en compte l’avortement de confort, mais ce n’est pas la majorité des cas. Lorsqu’on essaie de comprendre pourquoi une femme a avorté, elle va tout simplement expliquer que son conjoint l’a forcée, que son travail ne lui permettait pas d’être enceinte, que dans sa famille il y avait une énorme pression autour de sa grossesse puisqu’elle n’était pas voulue, parce qu’elle était trop jeune ou qu’elle n’était pas mariée. Il faut avoir en mémoire que l’avortement n’est pas forcement voulu et désiré par la femme. Tant que cette détresse et que ces raisons qui ont poussé cette femme à avorter seront présentes dans la société, une femme ne pourra pas être respectée telle qu’elle est.

 

Êtes-vous consciente qu’il existe un délit d’entrave à l’IVG ? Des personnes qui manifestent contre l’avortement et qui incitent les femmes à ne pas avorter pourraient tomber sous le coup de la loi.

Je trouve toujours un peu drôle de parler de loi à ce moment-là puisque lorsqu’on parle d’une loi qui bâillonne les femmes, qui élimine un être humain scientifiquement prouvé comme tel, c’est assez ironique. Cette loi ne protège ni la femme ni les enfants parce qu’elle vient seulement supprimer les conséquences de l’acte, elle maintient ces problèmes dans la société. Et elle bâillonne aussi les hommes. Elle fait en sorte que l’homme ne soit plus responsable. On ne peut pas parler de loi…

 

Vous parlez du rôle de l’homme. Le discours ambiant dit : « Pas d’utérus, pas d’avis. » Les hommes n’ont pas à s’exprimer sur l’avortement et n’ont pas à imposer leur volonté sur le ventre des femmes.

J’aimerais leur répondre que « pas d’utérus, pas d’avis, mais dans ce cas, pas de couilles ».
Le gars n’a peut-être pas d’utérus, mais il a ce qui permet à une femme d’être enceinte. La femme n’est pas toute seule à porter l’enfant. Elle doit le porter avec l’homme avec qui elle l’a eu.
Après coup, ces femmes se plaignent qu’elles sont toutes seules et que le gars les empêche de faire ce qu’elles veulent et qu’il ne s’occupe pas assez bien de la famille. Mais on peut le comprendre si on lui répète que, parce qu’il n’a pas d’utérus, il n’a pas son mot à dire.

 

Pourquoi maintenir La Marche pour la vie cette année, alors que l’épidémie de Covid-19 est toujours présente ?

Nous avons décidé de maintenir cette manifestation le 17 janvier à 15 heures, place du Trocadéro, parce que le gouvernement s’est clairement foutu de nous en faisant passer des projets de loi aussi importants qui concernent à la fois la femme, le père et l’enfant. Ces projets de loi sont fondamentaux pour la constitution de la famille dans une société. Ces projets de loi sont passés dans la nuit du 31 juillet au 1er août 2020. À ce moment-là, les gens avaient autre chose à penser. La Marche pour la vie n’est pas la seule à s’opposer, par exemple, au projet de loi d’Albane Gaillot.
L’Ordre des médecins s’est également opposé à ce projet de loi. Les médecins sont bien embêtés par ce nouveau projet de loi. Beaucoup de femmes s’y opposent également. Elles savent très bien qu’à 14 semaines, un bébé suce son pouce. On peut nous faire croire tout ce que l’on veut sur un amas de cellules que l’on ne voit pas. En revanche, on ne peut pas nous faire croire ce que l’on veut sur un bébé que l’on voit et qui bouge. L’importance est telle que l’on ne peut pas ne pas se mobiliser ce 17 janvier. Toutes les personnes conscientes du problème de l’avortement ont l’obligation morale de venir ce 17 janvier à Paris.

 

La Marche pour la vie rassemble au maximum quelques dizaines de milliers de personnes tous les ans. Aucun homme politique ne souhaite revenir sur l’avortement. Un ou deux journalistes assument publiquement le fait d’être opposés à l’avortement. À quoi bon, puisque c’est complètement acté et admis par la société et que personne ne songe réellement à revenir dessus… ?

J’ai envie de dire que les politiciens ne sont pas éternels. Toute notre nouvelle génération pro-vie se mobilisera et s’engagera en politique. Ensuite, le gouvernement a l’air déterminé dans tout ce qui est projet de loi eugéniste. Nous allons lui montrer que nous sommes déterminés à nous opposer à ces projets de loi. Jusqu’à maintenant, on s’est fait marcher dessus, mais aujourd’hui, on est déterminé. Si on prend les risques et si on s’embête à organiser une manifestation avec toutes les normes de sécurité, les consignes des gestes barrières, ce n’est pas parce qu’on a envie de faire une manifestation, mais bien parce que le projet de loi est tel qu’on doit se mobiliser. On ira jusqu’au bout et on ne laissera pas faire le gouvernement. Pour toutes les personnes qui ne peuvent pas se déplacer, la manifestation sera diffusée par un lien Zoom. Nous vous invitons à venir nous rejoindre sur notre notre site Internet. Il faut cliquer sur le lien Zoom qui vous permettra de nous rejoindre en direct sur Paris.

16 janvier 2021

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