Ce qui se passe à Lesbos, depuis quelques jours – voir notre article du 26 février -, est, à proprement parler, effarant : la Turquie n’a de cesse de déverser ses réfugiés vers les côtes grecques, espérant ainsi faire pression sur l’Union européenne pour obtenir son soutien contre le régime syrien. Son arme pour forcer la main à Bruxelles : l’ouverture de ses frontières avec la Grèce, où se massent, depuis la semaine dernière, des milliers de migrants – hommes, femmes et enfants venus surtout de Syrie, d’Afghanistan, du Pakistan, de Somalie et d’Irak – dans l’espoir d’entrer, via la Grèce, sur le territoire européen.

Par la voie terrestre mais également, et surtout, par la mer, vers l’île grecque de Lesbos, où la population locale se rebelle aux cris de « Ici nous sommes chrétiens ! Retournez en Turquie ». Sur le port de Lesbos, les manifestants bloquaient, dimanche, l’arrivée des migrants, prenant à partie le représentant local du Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), bousculant les journalistes étrangers et jetant leur matériel photo à la mer.

« Le temps des mille ans s’achève. Voilà que sortent les nations qui sont aux quatre coins de la terre et qui égalent en nombre le sable de la mer. Elles partiront en expédition sur la surface de la terre, elles investiront le camp des Saints et la Ville bien-aimée. [ …] Ces temps-là seront cruels. » Avec ce qui se passe à Lesbos, comment ne pas songer à l’ouvrage prophétique Le Camp des saints, paru en 1973, dans lequel imaginait le déferlement de populations du tiers-monde, poussées par la faim et la misère sur les côtes françaises. Jean Cau, après avoir lu le livre, s’interrogeait tout aussi prémonitoire : « Et si Raspail, avec Le Camp des saints, n’était ni un prophète ni un romancier visionnaire, mais simplement un implacable historien de notre futur ? » À lire ou à relire toutes affaires cessantes…

Dans Le Camp des saints, les bateaux de réfugiés s’échouent sur la Côte d’Azur, sous l’œil impuissant des pouvoirs publics, dans l’indifférence et la pusillanimité de la population autochtone. À Lesbos, Samos, Chios ou à la frontière turque, l’Europe laissera-t-elle faire ? Les autochtones, en tout cas (c’est un mot grec), sont bien décidés à ne pas se laisser envahir. Car pour les Grecs, comme le rappelle fort justement l’un des personnages de Jean Raspail, « la chute de Constantinople demeure un malheur personnel qui leur est arrivé la semaine dernière ».

2 mars 2020

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