Le président de la République adore ces situations où il peut se donner le beau rôle sans rien risquer.

Il a saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour avis afin de savoir si l’indépendance de la a été respectée dans la lamentable affaire Fillon.

Il le fait d’autant plus volontiers que, quelles que soient les conclusions de cette instance – dont je ne sous-estime pas le corporatisme – qui pourra procéder à toutes vérifications et auditions, son élection de 2017 ne pourra évidemment pas être remise en cause.

Alors que la victoire éclatante de à la primaire de la droite et du centre, si la partialité organisée du pouvoir de gauche à titre principal et accessoirement les fautes du candidat lui-même ne l’avaient pas quasiment réduite à presque rien, n’aurait sans doute pas permis à de l’emporter (voir mon billet).

La comparaison faite avec d’autres affaires par ses opposants n’est pas pertinente. allait vaincre. Eux n’en étaient pas là.

Ainsi, dans tous les cas, le président de la République joue gagnant : se posant en garant, que le CSM dise oui ou non, lui demeurera à l’abri.

Nos deux ministres régaliens en profitent.

Christophe désire rester place Beauvau et « assume de bousculer les choses ». Ce qui est, à mon sens, euphémiser le fait que son action ciblée et ses inactions choisies n’ont fait que favoriser les fauteurs de troubles et nuire à la police. Mais c’est : j’y suis, j’y reste.

Le garde des Sceaux appuie la démarche du Président, évoque l’obligation de « lever le soupçon délétère » et se déclare prêt même à ordonner une inspection judiciaire. Alors qu’elle-même serait sérieusement menacée en cas de remaniement, elle a au moins l’élégance de ne pas dire : j’y suis, j’y reste !

Le CSM va prendre son temps et si ce n’était pas un sujet trop important pour parier, je serais enclin à pressentir qu’il ne ruera pas dans les brancards et affirmera tout de même l’existence d’une normalité judiciaire.

Mais pour le Président, qu’importe : jusqu’en 2022, j’y suis, j’y reste !

22 juin 2020

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