À Nantes et ailleurs, le fléau de la prostitution des jeunes mineures

Le recrutement des jeunes filles s’opère via les réseaux sociaux, avec promesses de gains faciles et rapides.
@Unsplash
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À Nantes, dans la nuit du vendredi 29 au samedi 30 mai 2026, un homme qui pensait s’offrir les services tarifés d’une femme adulte, « embauchée » en ligne, se retrouve face à une jeune adolescente de 13 ans. Descendue à sa rencontre, celle-ci lui explique être victime de coups de la part de son proxénète et demande au client d’appeler la police. Dont acte. À leur arrivée, l’individu – dont on aimerait bien connaître le nom – tente de se débarrasser de son sac. Aussi peu malin qu’honnête, il jette par la fenêtre ses outils de travail : deux armes de poing et 800 grammes d’héroïne qui tombent au pied des policiers. Interpellé dans l’appartement, il vient d’être mis en examen pour proxénétisme en bande organisée, détention de stupéfiants et d’arme de catégorie D.

Une pandémie dont personne ne parle

Cette affaire qui indigne est, hélas, d’une grande banalité. En 2025, on estimait ainsi à 20.00, environ, les enfants qui se prostituent en France, représentant une hausse de 43 % en quatre ans. Ce sont à 94 % des jeunes filles, souvent même très jeunes, recrutées via les réseaux sociaux et dont une majorité (75 %) sont passées par l’ASE, l’aide sociale à l’enfance.

Il s’agit d’un véritable fléau qui semble particulièrement toucher la Loire-Atlantique, comme le relatait un article de Ouest-France, en mai 2025 : « À Nantes, des filles de 12 ou 13 ans, parfois moins, sont abordées, violées et tombent sous la coupe de réseaux de prostitution dans un silence glaçant. » La vice-présidente du conseil départemental dénonçait un véritable « système », assurant que « c’est l’un des départements français qui reçoit le plus de signalements de mineurs touchés par la prostitution ». On ajoutera que c’est aussi l’un des départements les plus touchés par la violence en général et le trafic de drogue, notamment dans la ville de Nantes gérée par le maire PS Johanna Rolland.

Dans un entretien à Radio France, en décembre dernier, alors que la France s’indignait devant les images d’un petit garçon de 8 ans tondu en signe de punition, l’avocat Michel Amas affirmait : « Depuis deux ans, il y a une pandémie, pure et simple, de prostitution. » Il expliquait : « Les proxénètes ont changé de système de rentabilité : c'est plus rentable, les enfants, il y a moins de danger. […] L'aide sociale à l'enfance, malheureusement, en est victime et on la tue. Il y a eu un rapport de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, il y a maintenant six mois, et il n'y a pas une phrase sur ces 20.000 enfants qui sont cachés sous le tapis. Pas une phrase ! »

TikTok, terrain de chasse des proxénètes

C’est un secret de polichinelle : les locations d'appartement via des plateformes sont les nouvelles maisons closes. Tout le monde le sait, tout le monde le voit et tout le monde feint de l’ignorer. Il suffit, pourtant, de regarder regarder le ballet des « locataires », durant les week-ends, pour mesurer l’ampleur du phénomène.

Le recrutement des jeunes filles s’opère via les réseaux sociaux : annonces sur TikTok et Snapchat, promesses de gains faciles et rapides, etc. France Info, dans une enquête du 9 avril dernier, a recensé pas moins de 350 annonces accessibles, présentées comme des « offres de recrutement ». Pour toutes, le même scénario : sur fond de rap, une vidéo dans « un appartement filmé furtivement pour soi-disant accueillir les jeunes filles et leurs clients ». Les tiktokers ne cherchent même pas à masquer leur activité. Les images et les mots employés sont parfaitement explicites. Il est question « de passes, de tapin », les recruteurs « se présentent eux-mêmes comme des proxénètes ».

Pour chaque annonce, « la promesse de l’argent facile avec des liasses de billets et un partage des montants affichés : 50 % pour la jeune fille, 50 % pour le proxénète », promettant des gains jusqu’à 1.000 euros par jour, voire 4.000 ou 5.000 euros par semaine. Tout cela est faux, bien sûr. La réalité, c’est le piège de l’abattage, la drogue pour tenir, les coups, l’asservissement. Les associations d’aide aux victimes estiment à 40.000 le nombre de victimes d’exploitation sexuelle en France, dont la très grande majorité sont des jeunes filles et des femmes. Mais elles sont parfois proxénètes, elles aussi, façon « mama » ou « Madame Claude », les premières prenant en main des jeunes femmes arrivées du Nigeria, du Ghana ou du Cameroun, les autres, les « escorts » venues en nombre des pays de l’Est.

Comme pour les casseurs, les autorités affirment vouloir être « intraitables ». Il est vrai que les recruteurs encourent jusqu'à 7 ans de prison, et 20 ans lorsqu'il s'agit de mineures de moins de 15 ans. Mais ça, c’est la théorie …

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

38 commentaires

  1. C’est tout bon pour notre PIB depuis que les chiffres d’affaire de la prostitution rentre dans ses comptes. Le premier proxénète de France, c’est l’Etat.

  2. C’est un véritable scandale.
    Et France Info, Ouest France, m’agacent au plus haut point, parce que dès qu’on va parler des moyens à mettre en œuvre pour enrayer cette violence, ils vont vite hurler au fascisme.
    Il faudrait que France Info et consorts arrêtent de tuer les débats, avec leur théâtre antifasciste à la nouille, en
    n’ insultant pas tous ceux qui proposent des solutions concrètes pour stopper ces horreurs insupportables.
    Faire des constats c’est bien, laisser s’exprimer ceux qui ont des solutions, sans les caricaturer, c’est tout aussi bien.
    De plus l’État a tout à sa disposition : les lois, la police, la justice et la prison.
    Avec de la volonté, toute cette violence insupportable que l’on vit actuellement, toute cette violence pourrait être éradiquée rapidement.

  3. Les lois françaises sont des mirages, les juges les détricotent à leur bon vouloir. Merci la gauche.

  4. Ne pas oublier : intraitable signifie aussi « qu’on ne peut pas traiter » : tout est dit

  5. Elle est pas belle la France progressiste, socialiste. Depuis 1968 le pays s’enfonce dans la chienlit et ceux qui nous y on plongé ont l’intention de continuer leur travail de sape. Et nombre de français sont encore prêts à les aider. Désespérant !

  6. Nantes coche désormais toutes les cases de la délinquance : drogue, prostitution et j’en passe. Vivent les mairies de gauche !

  7. Nantes tombée dans les mains de la gauche depuis des décennies, n’est plus qu’un cloaque sordide !
    Je vais me faire des ennemis, ça m’est égal…
    Nantes fait les « Unes » uniquement pour les mauvaises raisons !

  8. Moi je veux les noms des proxénètes et j’en suis sûre que c’est le même principe que les grooming gangs en Angleterre!

  9. Ô rage, ô désespoir, n’ai-je donc tant vécu que pour cette infâmie… Voir mon pays dans cet état…

      • Voir la ville où vit ma mère, mon frère et la sœur dans cet état … ! … Je ne reconnais plus Nantes, ville très agréable et plutôt tranquille il y a encore quelques années.

  10. Avons nous « touché le fond » ? La nouvelle France ? « Rentabiliser l’humain » proxénétisme, GPA, vente d’organes, tout est bon. Je suis écoeuré et révolté.

    • Pourquoi pas » rentabiliser l’humain »?
      A qui profite la rentabilité ? A la machine ?

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