Editoriaux - Politique - 15 novembre 2018

À la demande générale de deux admiratrices, François Hollande annonce son retour

François Hollande se demandait comment annoncer la terrible nouvelle. Au Café des sports de Tulle ? Au rayon crèmerie du Franprix de Bezons ? Non. La foire du livre de Brive était l’occasion rêvée.

Je vais revenir. Cette fois-ci, le doute n’est plus permis. François Hollande l’a confié à une admiratrice lors d’une séance de dédicace à la foire du livre de Brive. La pauvre femme lance à l’ex-Président : “On vous regrette beaucoup.” Dans ses yeux, toute la détresse du sado-maso en manque de coups de bâton.

“Moi aussi, je vous regrette beaucoup”, répond l’écrivain. T’as de beaux yeux, tu sais… Mais l’heure n’est pas à la gaudriole. Alors qu’une autre suicidaire demande s’il est bien “retiré de la vie politique intégralement”, après un bref regard caméra façon Certains l’aiment chaud, l’ex le plus célèbre de France répond à mi-voix : “Non, je vais revenir.” Waouh ! C’est une explosion de joie sur le stand, des paillettes tombent du plafond, la dame qui regrette s’évanouit de bonheur, une queue-leu-leu s’organise. La liesse est indescriptible.

Il va revenir. La tuile menaçait. Depuis plusieurs semaines, François Hollande se demandait comment annoncer la terrible nouvelle. Au Café des sports de Tulle ? Au rayon crèmerie du Franprix de Bezons ? En première partie de la tournée Âge tendre ? Non. La foire du livre de Brive était l’occasion rêvée. Entouré de rescapés du “changement, c’est maintenant”, il allait dévoiler le pot aux roses. La France avait besoin qu’on lui règle son compte définitivement. Il était l’homme de la situation. Voilà, c’était dit ; restait l’action.

Revenir par la porte, par la fenêtre ou à l’improviste lors d’un cocktail à l’Élysée ? Un coup d’État mondain. Pourquoi pas ? Profiter d’une absence de Macron et aller s’installer derrière le bureau. « Françaises, Français, c’est François Hollande qui vous parle. J’ai chassé l’usurpateur. Vous rêviez de mon retour, me voici. »

Mais, d’abord, s’occuper de Ségolène qui fait un retour médiatique insupportable. La doubler par la gauche, puis se rabattre, la ridiculiser. 2022 est dans la ligne de mire, le premier arrivé se présente et remporte la mise. À moins de l’épouser d’ici là. La belle peut se contenter d’un poste de première dame. À réfléchir…

Ne soyons pas goguenard. François Hollande est un valeureux combattant. Celui qui part au front avec un pistolet à eau mérite encouragements. « Allez, vas-y, fais-toi plaisir. » À la faveur d’une Nafissatou, d’un Benalla, sur un malentendu, le bougre peut rafler le jackpot. Dans la logique du « tout sauf la diabolique extrême droite », un âne peut être élu au premier tour. Un bébé phoque, une quiche lorraine… Alors, pourquoi pas un soufflé corrézien ?

Il reste quelques pans de mur encore debout, de rares secteurs qui ont survécu on ne sait pas comment. L’homme du PS disparu a les capacités de tout anéantir définitivement. De finir le travail. L’électeur serait fou de laisser filer pareille aubaine.

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