À Guérande, le glas a sonné en réponse au vote de la loi légalisant l’euthanasie
Le 25 février 2026, l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture la proposition de loi relative à ce que certains n’osent plus nommer : l’euthanasie. Présenté sous l’expression de « droit à l’aide à mourir », ce vote marque une rupture profonde dans l’Histoire française concernant la fin de vie et entre en frontal désaccord avec la doctrine de l’Église catholique qui affirme, depuis toujours, en France et dans le monde, la primauté et l’intangibilité de la vie humaine. Fidèle à cette conviction, un prêtre du diocèse de Nantes a fait retentir, hier, le glas depuis le clocher de son église afin que tous puissent entendre, dans la gravité de cette sonnerie, sa douleur et son inquiétude face au constat que, désormais en France, selon ses propres mots, « il est désormais permis de tuer du début à la fin de la vie ».
Le glas des églises
Dans la cité médiévale de Guérande, suspendue entre terre et mer sur la côte atlantique, le bourdon de la collégiale Saint-Aubin a retenti pour exprimer une tristesse profonde après l’adoption de cette loi controversée. La grande cloche, lourde, grave et vibrante, qui domine la silhouette gothique de l’édifice est traditionnellement utilisée pour annoncer des décès ou accompagner des moments de deuil. Le curé de la paroisse, le père Paul-Antoine Drouin, a ainsi expliqué la situation en déclarant, sur Facebook : « Le bourdon de la collégiale de ville de Guérande pleure la fin de notre nation française. Il est maintenant permis de tuer du début à la fin de la vie, et même au milieu pour régler ses comptes ! »
Le son des cloches constitue depuis des siècles un véritable langage et un moyen de communication, pour les Français. On distingue ainsi traditionnellement plusieurs types de sonneries : le tocsin pour alerter, la volée joyeuse pour les fêtes et les mariages, et le glas, dont la séquence lente évoque le deuil et le recueillement. Selon les moments de la journée, la cloche rythme aussi la vie spirituelle en appelant les fidèles à la prière de l’Angélus le matin, à midi et le soir. Cette tradition persiste encore aujourd’hui : faire retentir une cloche rappelle la présence de l’Église dans le monde.
Une cloche italienne pour les fœtus
L’initiative du père Drouin n’est pas un fait isolé. En effet, d’autres prêtres et communautés chrétiennes, en Europe, utilisent également la sonnerie des cloches pour rappeler certaines convictions fondamentales portées par l’Église. Ainsi, en Italie, dans la ville côtière de Sanremo, le diocèse local a fait installer, fin 2025, une cloche qui sonne chaque soir pour rendre hommage aux fœtus qui n’ont pas pu naître à cause des avortements, mais aussi « pour les mères, pour les femmes. Tant celles qui ont perdu un enfant à la suite d’un avortement spontané que celles qui ont choisi de refuser ce don de la vie ».
Cela n'a pas manqué de susciter de vives polémiques. Cette cloche, bénie à l’occasion de la fête des Saints Innocents, est destinée à rappeler, pour l’Église et les chrétiens, la dignité de chaque vie humaine. L’évêque a déclaré ne pas vouloir « offenser avec un jugement les femmes. Cette cloche a une fonction sociale et n’est donc pas un doigt pointé contre les femmes mais une invitation à la réflexion adressée à tous ». Il rappelle néanmoins qu'un acte, dans ce cas précis l'avortement, « soit légalisé par l’État au moyen d’une loi ne le rend pas moralement licite ».
Une position argumentée par l’Église
L’attitude et le choix de ces ecclésiastiques ne relèvent donc pas de simples initiatives personnelles. En effet, l’Église catholique romaine est clairement opposée à toute forme d’euthanasie depuis plusieurs décennies et ne cesse de rappeler publiquement sa position sur le sujet. Cette ligne doctrinale a été réaffirmée à de nombreuses reprises par les papes successifs, en particulier lors des débats bioéthiques portant sur la fin de vie, la recherche sur l’embryon ou l’assistance médicale à la procréation. Le pape Léon XIV a encore rappelé, le 19 février, que les catholiques doivent « être les premiers témoins du fait que la vie a une très grande valeur ».
Il serait néanmoins faux de croire que l’Église souhaite voir les hommes souffrir. Elle soutient au contraire le développement des soins palliatifs et l’accompagnement des personnes en fin de vie. En France, la Conférence des évêques appelait l’ensemble des députés « à écouter l’immense inquiétude des soignants, des patients et de leurs familles ». Pour l’Église, accompagner jusqu’au bout, soulager, entourer et soutenir les proches relève d’un devoir de solidarité, de charité et de fraternité, qui doit primer sur toute réponse législative fondée sur l’accélération volontaire de la mort.
— Les évêques de France appellent à une JOURNÉE DE PRIÈRE ET DE JEÛNE le 20 février pour éclairer les consciences face au projet de loi sur la fin de vie autorisant l’euthanasie et le suicide assisté. (Le Croix) pic.twitter.com/ZSPiBDcu5f
— L'Écho Chrétien (@lechochretien) February 14, 2026
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32 commentaires
Comme lors de la lutte contre l’avortement, je trouve que bon nombre de nos pasteurs ont été un peu « tièdes ». Ils se sont réveillés, mais un peu tard. Je vais à la messe tous les dimanches et je n’ai pas entendu un seul appel à faire pression sur nos députés et sénateurs. Quant à l’appel à une journée de prière et de jeûne, je viens de le découvrir… »Allez et soyez des témoins », « dites la vérité à temps et à contretemps ». Il est de ma responsabilité de me tenir informé, un coup de pouce sur les sujets majeurs ne peut pas nuire.
Vous voudriez que les prêtres appellent à faire pression sur les députés et les députés appellent à presser les prêtres ?
Vous avez besoin que des prêtres vous commandent en politique ? Et si oui viendrez vous plaindre si des politiques viennent régir la religion ?
Peut être, certains dimanches, vous pourriez aller à un meeting politique ou aller vous informer autrement.
Personnellement je trouve bien qu’il n’y ait pas de politique dans les églises, et je me méfie des politiques qui instrumentalisent la religion à leur profit.
« La doctrine de l’Eglise catholique qui affirme depuis toujours … ». Cher Eric de Mascureau, je rappelle depuis de nombreux commentaires dans ces colonnes que le refus de l’Eglise d’accorder des funérailles catholiques aux suicidés ne date que du concile d’Orleans (535 sauf erreur). « Droit de tuer », « permis de tuer pour régler ses comptes », etc. On n’est pas dans l’exagération ? Vous qui êtes historien, vous savez que depuis l’antiquité (il n’y en a évidemment pas de trace dans la préhistoire), des Hommes ont eu recours au suicide pour en terminer avec des situations qu’ils ne supportaient plus. C’était même le cas de Judas. Et c’est toujours le cas. Qui a le droit d’en juger ? Et si ceux qui demain voulaient y recourir pouvaient trouver dans la loi la possibilité de le faire d’une manière moins traumatisante pour la famille, qui peut s’arroger le droit d’en juger et de l’interdire ? L’aspect qui aura été peut-être le plus désagréable dans ce débat tient à la grandiloquence et à l’autoritarisme avec lesquels les opposants se sont exprimés. Qui peut se persuader de détenir la divine vérité au point de l’imposer à son prochain ? Votre refus d’envisager le suicide pour vous-même vous permet-il de l’interdire aux autres ? Moi aussi, je prétends éclairer (très respectueusement) votre conscience.
Faut-il rappeler que cela fait presque deux siècles et demi que la France n’est plus catholique et que l’Etat et l’Eglise ont été séparés ? Les Français ne sont plus majoritairement catholiques, loin de là, certains les sont encore, résiduellement.
Donc les catholiques n’ont plus voix au chapitre ?
Quelle est la date de naissance véritable de « l’église catholique »?
Jésus Christ était de culture juive, mais peut être moins défavorable au suicide que la religion juive. Il a en tout cas commis des propos et des actes ( chasser les marchands du Temple) que certains pourraient qualifier de « suicidaires ». Les suicides, c’est peut être un peu comme tout, il y en a des bons et des mauvais. Certains qu’il faut empêcher et d’autres qu’il faut aider. Toujours un travail de réflexion alors que certains voudraient que tout soit si simple et vivre et mourir sans avoir à faire ce travail permanent en se laissant aller à la Providence.
Quand les lois sont votées par des glands, on sonne le glas !
Oui , nous revenons 85 ans en arrière ! ! !
On a supprimé la peine de mort pour les criminels en 1981, on l’autorise aujourd’hui pour les grands malades… Cherchons l’erreur ! Peut-on tout faire au nom d’une soi-disant humanité ? Le droit de vie et de mort n’est il pas plutôt divin ?
Vous avez certainement été partisane de la suppression de la peine de mort en 1981, et bénissez mr Mitterrand de son respect du droit divin. Vous avez votez pour lui car il y avait un clocher sur son affiche et ne supportiez plus la peine de mort?
Tout le monde pourrait se suicider, mais pas les grands malades?
« il est désormais permis de tuer du début à la fin de la vie ».
Aucun gouvernement ne doit avoir le droit de mort sur ses sujets malades ou pas !
Désintégrations de la Constitution des droits de l’Homme et du serment d’Hippocrate si ce texte est voté comme il est.
On se réveille quand ???
Vous êtes contre la peine de mort ?
S’il y a des cas où il est permis de tuer au début de la vie , il est assez logique qu’il y en ait aussi en fin de vie. Au milieu de la vie aussi, si un criminel demande à être tué, il faudrait peut être étudier sa demande et libérer dans certains cas une place de prison.
Je ne suis pas sûr que vous ayez compris la loi. En l’occurrence le gouvernement ne prend pas « le droit de mort « , il le donne au contraire à certains.
Bravo à ce prêtre qui suit les préceptes d’amour enseignés dans la Bible et dans les Évangiles. Il respecte aussi le serment d’Hippocrate sur lequel nos politicards s’assoient sans aucun scrupule : … « mon état ne servira ni à corrompre les moeurs ni à favoriser le crime … » Cela prouve bien dans quels abîmés de médiocrité et d’indecence ils sont tombés.
Et si on demandait son avis au peuple , si on faisait unréférendum , une votation comme disent les suisses ?
Malheureusement impossible. Trop risqué pour les « élites »…
Trop tard pour sonner le tocsin pour l » notre nation francaise ». On en est déjà au glas. Mais LFI peut attendre une joyeuse volée à Pâques ?
Le père Drouin a t’il pour préoccupation première l’amour de l’Homme et de Dieu?
Il dit avoir utilisé le bourdon pour pleurer « la fin de notre nation française « . La nation française est morte ? La loi sur l’euthanasie l’a euthanasiée?
Cette sortie « nationaliste » est elle bien venue , ou une confusion des genres ( politique et religieux , nationalisme et euthanasie)?
On va désormais sonner le glas à toute occasion quand le curé a le bourdon ?
Vive la vie !
On n’entend guère le glas. Il faut espérer qu’il a été trouvé en remplacement de meilleurs « accompagnements des moments de deuil ».
Cela ne semble pas las meilleure manière de donner de la solennité dans l’accompagnement auquel les prêtres seront solliciter à l’occasion des demandes de l’impétrant au Paradis d’abréger une vie terrestre invivable.
Le fait que personne n’a demandé à vivre, indique qu’il y a jamais de demande à mourir formulable, ou bien qu’au contraire une telle demande peut avoir une présomption de respectabilité ?
Les animaux ne demandent pas d’aide à mourir et pourtant il est pas rare d’euthanasier des animaux de compagnie par amour pour eux.
Si les chiens meurent de plus comme des hommes, du fait de l’euthanasie , il n’est pas obligé que les hommes meurent davantage comme des chiens, sans accompagnement religieux, du fait de l’euthanasie.
Loi abrogée en juin 2027
Je l’espère.
Espérons le…
Nous pouvons nous associer aux prières demandées, mais il faut être lucide, la violence couve depuis des années, la caste politique française depuis Giscard en est grandement responsable, ces gens n’ont qu’un projet, comment être élu et comment être réélu, là est leur principal projet de vie, …
Giscard le fossoyeur, qui a ouvert la boue à la gauche.