Euthanasie : Léon XIV sera-t-il aussi intransigeant avec Macron qu’il l’a été avec Trump ?

Et maintenant, que va faire le pape, dont le voyage en France est prévu pour septembre ?
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Et maintenant, que va faire le pape ? Sa venue, annoncée septembre, aurait précipité (c’est un comble !) le vote de la loi dite « sur la fin de vie » (de son vrai nom, euthanasie).

Embrassons-nous, Folleville... ou pas !

Dans une tribune publiée en juin dernier sur Le Figaro, Jean-Marie Le Méné (président de la fondation Jérôme-Lejeune) et Pascale Morinière (présidente des associations familiales catholiques) affirment qu’Emmanuel Macron voulait solder rapidement cette affaire et clore ce dossier épineux, source de discorde avec l’Église, pour qu’elle ne gâche pas, en septembre, sa photo devant Notre-Dame en compagnie de Léon XIV. Enterrons les dossiers qui fâchent et n’en parlons plus. Le président de la République écoutera avec une mine modeste les compliments du pape sur cette cathédrale reconstruite en cinq ans – quel dommage qu’il n’en ait pas fait autant de la France – et il n’y aura pas un nuage à l'horizon, tout cela sera de l’histoire ancienne. Le pape ne pourra plus être tenté de mettre son grain de sel, puisque les dés seront déjà jetés. Embrassons-nous, Folleville ! Ce baiser, Emmanuel Macron en serait bien capable pour de vrai. À Marseille, en 2023, lors de la visite du pape François pour les Rencontres méditerranéennes, Emmanuel Macron l’avait soutenu de son bras, comme on accompagne à petits pas son grand-père en promenade à l'EHPAD. En novembre 2021, en visite au Vatican, il avait même tutoyé le pape François. Aura-t-il cette même familiarité avec son successeur ? Usera-t-il (pourquoi pas) de son prénom ? Sauf que si quelqu’un doit appeler l’autre Léon (ou bien Arthur), ce ne sera pas forcément celui qu’on croit. Car rien ne dit que le nouveau pape jouera sagement la partition que lui a prévue Emmanuel Macron.

D’aucuns voudraient – ils ont même lancé une pétition – que Léon XIV, après le vote d’hier, annule son déplacement. Mais il peut aussi venir… et dire ce qu’il a à dire. Sans faux-semblant.

Souvenez-vous, c'était en avril dernier : visant le président des États-Unis avec lequel il était en désaccord, il avait affirmé bien haut : « Je n'ai pas peur de l'administration Trump ni d'exprimer fortement le message de l'Évangile, ce qui est l'idée que je me fais de ma mission et de celle de l’Église. »

Les cadeaux, aussi, passent des messages

Et au-delà des propos, il y a les actes : puisqu’il est d’usage que les présidents et les papes échangent de petits cadeaux, le pape pourrait laisser libre cours à son imagination : un bel exemplaire en marbre des tables de la loi, avec le sixième commandement gravé à la feuille d’or : « Tu ne tueras pas ». Ou bien encore deux biographies joliment reliées en croûte de cuir : celle de la bretonne sainte Jeanne Jugan, en religion sœur Marie de la Croix, qui, au XIXe, émue par les vieillards mourant dans l’abandon, a fondé la congrégation des Petites Sœurs des pauvres. Elle été canonisée par Benoît XVI en 2009. Mais aussi celle de la Lyonnaise Jeanne Garnier, fondatrice, au XIXe encore, de l'Œuvre des Dames du Calvaire, où sont nés les premiers soins palliatifs. Elle est, elle aussi, sur la voie de la béatification.

La mort dans l'âme (c'est le cas de le dire), ces deux belles œuvres devront peut-être quitter la France si le Conseil constitutionnel – que l’on sait déjà composé à près de 50 % de personnalités ouvertement pro-euthanasie – ne revient pas sur la loi votée hier.

Bien malin qui pourrait dire, aujourd’hui, ce que fera Léon XIV. Mais peu importe la méthode : les catholiques français espèrent instamment le voir aussi ferme avec Emmanuel Macron qu’il l’a été avec Donald Trump.

 

 

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

13 commentaires

  1. Poser cette question et tenter d’y répondre par oui ou par non devient sans intérêt. Car il est trop tard.

    – lorsque M. Macron s’est pris à rire au moment de l’incident de Notre-Dame de Paris (il y a des photographies à titre de preuve), ou lorsqu’au même moment, le ministre de l’intérieur M. Castaner a parlé de Notre-Dame sans citer le fait que c’est une basilique, le Vatican n’a pas protesté (les évêques non plus ou presque) ;
    – lorsque l’on se rappelle ce que fut la cérémonie de la réouverture de Notre-Dame de Paris, le Vatican n’a pas protesté (les évêques non plus ou presque) ;
    – lorsque l’on se rappelle comment fut organisée la cérémonie des Jeux Olympiques à Paris l’an passé, Le Vatican n’a pas protesté (les évêques non plus ou presque) ;
    – Lorsque l’on sait de quelle manière on a restauré les vitraux de Notre-Dame de Paris, le Vatican n’a pas protesté (les évêques non plus ou presque) ;
    – lorsque l’on sait de quelle manière le président de la République a encouragé à mettre en oeuvre « la nuit blanche » de Paris par l’ouverture des églises dans les conditions que l’on sait, le Vatican n’a pas protesté (les évêques non plus ou presque) ;
    – lorsque fut déposée à l’assemblée nationale la proposition de loi sur l’aide à mourir (cela fait tout de même plus d’un an ! et lorsque fut organisée la procédure parlementaire d’adoption de celle-ci, le Vatican n’a pas protesté (les évêques non plus).
    Bon, on peut allonger la liste.

    Si le pape actuel, qui n’est au fond qu’une « créature » de Bergoglio dans tous ses faits et gestes (on ne va pas faire l’inventaire ici) en termes de démagogie permanente, décidait d’annuler sa visite, cela passerait pour de l’ingérence dans les affaires d’un Etat (de moins en moins) souverain et les protestations seront faciles à trouver (elles ne viendront pas que de LFI). S’il décidait de maintenir sa visite, cela signifierait, après tous ces silences que je viens d’évoquer, qu’il cautionne les faits et gestes d’un président qui a décidé de faire alliance avec la frange la plus dure de la franc-maçonnerie.

    Trop tard pour agir.
    Mais moi, je ne me déplacerai pas pour aller « voir le pape » en France. Je ne verserai aucun don pour ce voyage. Je crois que cela suffit comme cela. L’Eglise, ce n’est pas seulement le pape, mais comme dit le catéchisme classique c’est d’abord « la société de ceux qui croient à Jésus-Christ et qui sont unis par le baptême, une société ‘organisée' » (cf. le catéchisme de 1937, référence sérieuse).

  2. E MACRON est immigrationiste comme le Pape et peu importe les conditions inhumaines de cet accueil qui fait honte à notre pays. Cet humanisme a deux balles pour se donner bonne conscience est indécent.
    Pour le reste que pensent les autres religions musulmane et judaïsme (entre autres) qui interdisent l’euthanasie !

      • Si Zonzon me permet de répondre à sa place, voici ce que l’on pourrait répondre :
        Le pape François 1er était résolument immigrationniste tolérant à peine que pour des raisons d’ordre public on puisse restreindre ou contrôler l’immigration. Le pape Léon XIV, dans ses toutes dernières déclarations se montre plus mesuré, mais il est bien en retrait par rapport à ce que disait Benoît XVI qui considérait que par définition, des immigrants quittant en masse leur pays l’appauvrissaient et que très souvent cette immigration était la marque d’un échec personnel (je dis tout cela de mémoire, mais j’ai bien lu la retranscription des discours du pape François 1er et les textes officiels des déclarations de Benoît XVI auprès des institutions du Saint-Siège ou auprès des ambassadeurs ; on peut donc me corriger sur ces affirmations, mais je ne pense pas me tromper sur le fond).

  3. « Léon XIV sera-t-il aussi intransigeant avec Macron qu’il l’a été avec Trump ?  » Mon petit doigt me dit, Chère Gabrielle, que vous connaissez déjà la réponse à cette question et que vous posez celle-ci de manière purement réthorique… ;)

      • Plus qu’un manque de conviction ou plus qu’un flot de paroles, c’est le manque de foi qui atteint aujourd’hui les prélats de l’Eglise catholique dans leur grande majorité, mais aussi beaucoup de fidèles.

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