Micmac sur les ondes FM : Radio France en embuscade pour 2027

À un an de la présidentielle, 300 fréquences radio vont être en partie réattribuées à France Info et aux antennes d'Ici.
© Wikimedia Commons / Zairon
© Wikimedia Commons / Zairon

Remue-ménage en vue, sur la bande FM. Présenté fin mars par l’audiovisuel public, un grand chantier prévoit la redistribution d’une partie des fréquences anciennement occupées par France Musique. Ce projet de réallocation porte sur 300 fréquences FM et aura pour conséquence directe l’élargissement de la couverture d’autres antennes de Radio France. Très concrètement, France Info s’adressera à 8,6 millions de personnes en plus et couvrira 93 % de la population française, contre 80 % actuellement ; ICI passera, de son côté, à 90 %. France Inter couvre 94 % de la population. À titre de comparaison, les radios privées plafonnent à moins de 60 %... Autre nouveauté : le Mouv’ va quitter la FM et sa fréquence sera offerte à Mon petit France Inter, radio destinée aux enfants de plus de 6 ans… Ce projet est annoncé pour l’été 2026.

Comment Radio France explique-t-elle cet étonnant plan de réorganisation de sa diffusion ? « L’information de service public devient un enjeu », explique Sibyle Veil, directrice générale du groupe, évoquant aussi une inquiétante « montée de la désinformation »… Selon d’autres sources, il s’agirait d’une simple « optimisation technique et économique ». Magazine favorable aux médias publics, Télérama se veut rassurant et avance que l’objectif premier est de « faire des économies »… Oui, bien sûr.

L’Alliance de la Radio, vent debout

Ce tour de passe-passe entre stations amies n’est cependant pas du goût de tous. Dans un communiqué publié lundi 27 avril, l’Alliance de la Radio, qui fédère les radios privées, a dénoncé le mutisme du ministre de la Culture, Catherine Pégard, sur le plan monté par Radio France. « Ce silence est inacceptable au regard d’un projet qui constitue une reconfiguration majeure du paysage radiophonique, conduite à marche forcée, sans transparence et sans évaluation préalable », souligne la fédération. Regrettant de ne pas avoir été associée à une entreprise « susceptible d’avoir des répercussions significatives sur l’ensemble du paysage radiophonique », elle demande la communication des données et études d’impact de l’Arcom et la restitution des fréquences dans le cadre d’un appel à candidatures. « Radio France pourrait simplement libérer ses fréquences au profit des radios privées dont plusieurs souffrent d’un manque de couverture territoriale et d’ancrage local, au lieu de les préempter à nouveau pour d’autres antennes », s’indigne l’Alliance.

Cette tentative de « passage en force de l’État » intervient en effet dans un contexte particulier où les radios publiques bénéficient déjà d'une couverture exceptionnelle du territoire grâce à un nombre record d’émetteurs. Un avantage concurrentiel qui explique les audiences relativement stables d’antennes dont les contenus pèchent pourtant par leur qualité souvent médiocre. Ainsi, si elle est en perte de terrain (-0,4 point sur un an), France Inter pointe encore en tête des audiences radio, avec 12,4 % d’audience cumulée. France Info et ICI se portent bien également, avec respectivement 8,6 % et 4,1 % de parts d’audience.

Le coup de gueule du patron de RTL

Ce 28 avril, Jonathan Curiel, directeur général en charge des antennes de RTL, RTL2 et Fun Radio, a lui aussi poussé un coup de gueule contre un projet qui « bat totalement en brèche le principe d’équité ». « Il s’agit d’une concurrence accrue et injuste pour les radios généralistes privées, compte tenu de la hausse mécanique d’audience à prévoir pour France Info au détriment de ses concurrentes directes, signe-t-il dans une tribune publiée sur le site du Point. Nous ne nous battions déjà pas à armes égales ; il s’agit aujourd’hui du coup de grâce. »

Plus grave encore, le patron alerte contre une véritable « atteinte au pluralisme ». « En renforçant mécaniquement l’audience de France Info de manière conséquente, on organise un monopole du service public au détriment de la pluralité des points de vue exprimés sur d’autres radios, également représentatives de la population française. » Une manipulation d’autant plus dangereuse que, comme le rappelle Jonathan Curiel, « nous entrons dans une année capitale pour la France, avec une élection présidentielle en avril prochain »

Et si le but de la manœuvre du système médiatico-politique en place était, précisément, celui-ci ? Intensifier encore davantage le lavage de cerveaux des Français et, ainsi, éviter une victoire de la droite en 2027. Allez savoir...

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

52 commentaires

  1. La gauche a besoin d elaver les cerveaux alors il faut saturer le sondes et vu ce qu’on paye d’impots et taxes ça roule pour eux… Ils ont l’habitude que les Français votent « comadilaradio » et « comadilatélé…. ça marchera encore ?????

  2. La commission parlementaire a rendu public le caractére mafieux et souvent illégal de l’audio visuel public. Le résultat est là , le gouvernement renforce son monopole et accentue la propagande gauchiste des antennes publiques. Vous avez dit démocratie.

  3. Le coup de gueule du patron de RTL

    A l’époque ou RTL était 1ère radio de France avec 18 % d’audience, elle avait moins d’émetteurs qu’aujourd’hui.
    Si elle a de mauvaise audience maintenant, c’est que ses programmes sont mauvais. Plus de musique. Des informations où on entend que des personnes avec des « accents » !
    Cette radio a fait le choix de la femme de moins de 50 responsable des achats, ça montre leur niveau.
    Elle le groupe M6 fait exactement la même chose ! Il a fait comme LFI, il a choisi ses auditeurs.
    RTL est devenue une radio médiocre sans grand intéret !

  4. Plan com de la macronie et des socialistes associés pour éviter toute alternance:
    1) on contrôle les discours tenus dans les écoles, le FACs et dans la culture
    2) on fabrique ainsi des moutons incapable de penser et incapables de s’exprimer
    3) on monopolise les ondes et on contrôle la liberté d’expression
    Le dernier point est en cours de réalisation .

  5. Orienter l’éducation et l’information est le but de tous les politiques, y compris de ceux dits « libéraux ».
    Toute presse publique est une presse d’État contrôlée par le gouvernement en place. Tous les pays totalitaires, particulièrement ceux communistes, l’ont démontré amplement. Le maintien de la liberté de pensée dans une société nécessite une presse privée, une presse du Profit. Seul le Profit privé peut contrer l’État. Une condition sine qua non qui n’est pas une garantie quand cette presse privée appartient à un même clan d’apparentés qui ont pris le pouvoir. Il faut tout faire pour une information, multiple, privée et publique, internationale, contradictoire, contraire, et même possiblement « fausse ».

  6. Mais pourquoi tant d’énergie gâchée ?..De toute façon , si la nouvelle droite molle l’emporte , le DSA et les observateurs du  » chat control  » viendront annuler ces élections pour cause de soi-disant fake news et d’ingérence russe dans la campagne électorale …! Vous n’avez toujours pas compris ce qu’ils ont réussi à faire en Roumanie et en Moldavie et l’invisibilisation des soutiens d’Orban en Hongrie grâce à Meta …?
    Comme d’habitude , vous serez pris dans la lumiere des phares tels des bons gros lapins qui croient encore être en démocratie …

  7. Combien de stations radio libres y avait-il en URSS. Combien de radios non étatiques en Chine actuellement. Dès les années 20, l’Italie de Mussolini avait compris les dangers de diffusions libres. Les grands démocrates qui tiennent la France actuellement, ne peuvent pas se priver de la censure, ils sont trop populaires.

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