En Roumanie, quatre militaires français interviennent sur un grave accident

Ça pourrait être une belle histoire de Noël, mais c’est tout simplement un acte de bravoure bien réel.
© Capture écran - 503e régiment du train
© Capture écran - 503e régiment du train

Ça pourrait être une belle histoire de Noël, mais c’est tout simplement un acte de bravoure bien réel. Il a eu lieu à l’étranger et hors d’une zone de guerre, mais implique tout de même quatre soldats français du 503e régiment du train, stationné près de Nîmes. Seule la presse régionale (le Midi libre) et ici (ex-France Bleu) en ont parlé, ce qui est bien dommage. Réparons cet oubli, alors que les vacances commencent.

Décorés de la médaille de Saint-Georges

L’armée française est déployée en Roumanie dans le cadre de la mission Aigle : à la tête d’une force multinationale, les Français ont pris position dans la base militaire de Cincu en 2022, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Depuis, les troupes de l’OTAN s’entraînent ensemble, et avec les Roumains, lors de manœuvres de blindés ou d’éléments d’artillerie, entre autres.

C’est dans ce cadre que les quatre militaires étaient en Roumanie, ce 11 décembre 2025 -précisément sur l’autoroute A3, non loin de Bucarest. Ils ont alors été témoins d’un très grave accident de la route : un semi-remorque, couché sur le flanc au milieu de l’autoroute, perdait du carburant, tandis que son conducteur était prisonnier du véhicule. Les images, impressionnantes, montrent que les soldats ont réagi comme à l’entraînement : tandis qu’une partie du détachement faisait ralentir les véhicules pour éviter le suraccident, l’un des soldats a brisé la vitre du camion à mains nues pour pouvoir extraire le chauffeur routier. Le 17 décembre, le gouvernement roumain a remis à ces quatre héros ordinaires la médaille de Saint-Georges, « emblème du mérite des forces terrestres ».

Dévouement silencieux

Pour comprendre qui sont ces héros ordinaires, il faut faire quelques recherches historiques. L’appellation de « régiment du train » remonte au « train des équipages » créé sous Napoléon, dont la mission était d’assurer le transport et le ravitaillement des troupes, mieux que la société civile qui en était chargée et s’en acquittait mal. Une sorte de réinternalisation, si on veut. Depuis, les soldats du train se sont illustrés à El Parras, en compagnie de la Légion, pendant la guerre du Mexique, mais aussi à Verdun, où la « Voie Sacrée » des convois logistiques a permis aux poilus de tenir. On les retrouve sur les ponts de Saumur, où les lieutenants du train et de la cavalerie tiennent héroïquement face aux Allemands, puis dernièrement en Afghanistan et au Mali, où les « tringlots » ouvrent les itinéraires, souvent piégés, en zone de guerre, contre les talibans ou les djihadistes du Sahel. Par un étrange snobisme, il semble pourtant que l’on ne parle pas beaucoup d’eux dans les armées, malgré leur héroïsme jamais démenti. Pas assez noble, la logistique, apparemment : un char qui ne fonctionne pas sera toujours plus chic qu’un camion blindé qui traverse le désert. Très français, non ? On apprend par ailleurs que le « fier 503 », comme il se surnomme, est installé à Garons, près de Nîmes, dans un quartier justement baptisé… El Parras. La boucle est en quelque sorte bouclée.

Dévouement silencieux, attention accordée à autrui, exemplarité à l’étranger : voilà autant de choses que l’on aimerait pouvoir apprécier plus souvent. La période de Noël va bien à ces belles histoires. La page Facebook du 503e régiment du train indique, pour finir, que la devise du régiment est « Labor omnia vincit » (« par l’effort la victoire toujours »). C’est un assez beau programme.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Chaque français de souche doit cumuler facile dans son arbre généalogique des centaines d’années de guerre! Soyez fière de vos ancêtres avant tout et n’oubliez jamais qui vous êtes.

  2. D’accord avec ALIENOR et MICHEL FRANCESCHI et je rajouterais que c’est une opportunité formidable pour les uns et les autres de détourner des fonds

  3. ca s’est passé le 11 décembre ; j’ai vu la photo du camion couché sur l’autoroute, avec le carburant qui s’en échappe, c’est assez impressionnant; Alors bravo à Nestor, Alex, Wilson et Maroin. BV ne les citait pas, je répare ce petit oubli.

  4. encore et toujours le mot INVASION alors que vous savez parfaitement le pourquoi de l’interventention de la Russie et pas INVASION, je n’ai dnc pas lu l’artciel, quant à l’avbonement 2026, oubliez le !

    • Très juste ! La vérité oblige à dire qu’en Ukraine la Russie mène une guerre imposée de libération du Donbass historiquement Russe. Les va-en- guerre occidentaux à la manœuvre se servent des pauvres Ukrainiens comme chair à canon.

    • Bravo Aliénor, pour épingler BV sur cette inexactitude historique, faisant preuve d’un parti prix évident, ce qui me semble être, plus que d’une erreur sur la chronologie des événements qui amenèrent cette tragique intervention, dont on en zappe volontairement l’origine, qui voudrait qu’elle soit le seul fait QUE d’un belliqueux Poutine en 2022. Que fait donc le médiateur de BV, si prompt à nous couper l’herbe sous le pied quand ce qu’on écrit les embarrasse ! Pourquoi BV laisse passer ce genre de…désinformation !?

  5. Très bien , heureux d ‘apprendre qu’ils auront au moins servi à quelque chose depuis maintenant 3 ans qu ‘ils sont déployés là bas et payés en OPEX avec nos impôts !

  6. En cas d’extension du conflit ukrainien, la Roumanie sera touchée en profondeur. Bravo à cette grande banque française qui y trouve des informaticiens au salaire de femme de ménage françaises et vire prestataires et bientôt internes, 4000 postes d’ici 5 ans…

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