[RAISON GARDER] L’Hidalgo démocratie
Anne Hidalgo est, pour quelques mois encore, maire de Paris. Personne ne conteste son élection qui lui a permis, grâce à d’habiles alliances électorales, d’obtenir une majorité d’élus pour accéder grâce à eux à ce poste prestigieux, et même par deux fois.
Mais madame Hidalgo a aussi inventé, pour son usage personnel, ce que l’on peut appeler la « micro-démocratie ».
Il ne s’agit pas là d’une démocratie qui irait au plus près des populations, qui entrerait dans des détails vraiment très concrets ; bref, qui serait « micro » parce qu’elle descendrait jusqu’à des considérations très « petites » mais qui ont en même temps de l’importance pour ceux qui en sont les sujets (comme on parle de « micro-management »). Une telle démarche pourrait être contestée pour sa pertinence (car à force d’entrer dans les préoccupations les plus infimes, on risque de finir par être une assistante sociale plus qu’un homme politique), mais elle serait toutefois honorable.
Non ! La « micro-démocratie » de madame Hidalgo est « micro », tout simplement parce qu’elle repose sur de très petits chiffres d’électeurs. En gros, c’est une démocratie de l’infime minorité : la démocratie toute riquiqui.
Madame Hidalgo applique ce principe de la « micro-démocratie » à sa gestion de Paris : elle prétend, en effet, prendre des décisions sur la base de « consultations citoyennes » aux chiffres de participation ridiculement bas (alors qu’en réalité, elle a déjà tout décidé et que son conseil municipal votera sans états d’âme ce qu’elle lui demandera).
Prenons la dernière « votation » (qui fait suite à d’autres tout à fait semblables), qui portait (je reprends les mots du site Internet de la mairie de Paris) « sur la végétalisation et la piétonnisation de 500 nouvelles rues ». Voici les chiffres officiels donnés par ledit site : « Sur les 1.391.369 personnes inscrites sur les listes électorales parisiennes, 56.489 électeurs ont pris part au scrutin, avec 56.175 suffrages exprimés. 37.054 des votants se sont prononcés pour la piétonnisation et la végétalisation de 500 nouvelles rues. » Et ainsi, nous dit-on, « le taux de participation a été 4,06 % ».
Même dans les pays où règne une dictature contestée par le peuple, et même quand l’opposition unie, pour dénoncer l’imposture et la supercherie d’une pseudo-campagne électorale, appelle au boycott d’une élection, on n’arrive pas à une non-participation de 96 %. Il faut être madame Hidalgo pour parvenir à un résultat si consternant. C’est vraiment la démocratie pour rire : 37.000 électeurs décideraient souverainement pour un ensemble de 2.200.000 Parisiens. Vive la démocratie censitaire !
Madame le maire de Paris n’en a cure. Adepte de la « micro-démocratie », elle estime que sa proposition a été démocratiquement validée, que le peuple a donné son avis éclairé, qu’elle peut donc légitimement avancer dans son programme, forte du « soutien massif des Parisiens ».
Mais les électeurs eux-mêmes ont fini par se venger de cette dérision de démocratie. Madame Hidalgo avait imposé sa candidature au Parti socialiste (qui n’en voulait pas vraiment) pour la présidentielle de 2022, en prétendant ou en laissant croire qu’elle serait la mieux placée. Le résultat fut sans appel : elle a obtenu 615.000 voix de 49.000.000 d’électeurs potentiels, quand sa liste à Paris, en 2020, avait obtenu 225.000 voix sur un corps électoral de 1.300.000. C’est-à-dire que, sur toute la France (68.000.000 d’habitants), elle a obtenu moins de trois fois ce qu’elle a obtenu à Paris (2.200.000 habitants). C’est vraiment un chiffre ridicule, un « micro-chiffre », marque de fabrique de la « micro-démocratie ».
Mais ce score humiliant ne l’a pas guérie. S’étant fâchée avec son premier adjoint, Emmanuel Grégoire, qui aurait dû être son poulain pour les prochaines municipales à Paris (puisque madame Hidalgo ne se représentera pas – du moins, elle l’affirme, et il faut l’espérer), elle a adoubé un autre candidat dans l’espoir de savonner la planche de son ancien adjoint. Les deux se sont présentés devant les adhérents du Parti socialiste et le joker de madame Hidalgo a été sèchement battu. Juste retour des choses ! À force de tutoyer le zéro Kelvin pour le nombre de voix qu’elle accepte dans sa « micro-démocratie », elle finit par en être elle-même la victime.
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35 commentaires
Quand aucune forte personnalité n’émerge lors d’une campagne électorale, les Électeurs, du moins ceux qui votent malgré tout, élisent généralement n’importe qui et sont même capables ensuite de revoter pour les mêmes. Madame Hidalgo en est l’exemple type. Le plus souvent c’est « bonjour les dégâts » ! Mais c’est ainsi que notre démocratie fonctionne.
Madame moins de 2% …
Tout simplement !!!
Comme une certaine fromagère du Poitou … devraient penser à la retraite …. ( de Russie!!!)
Madame moins de 2 %
Tout simplement
« une assistante sociale plus qu’un homme politique » mais n’est-ce pas ce que veut son électorat et bon nombre de Français ? Et puis la microdémocratie ne s’applique-t-elle pas non plus à la présidentielle ? Macron n’a-t-il pas été élu que par 38,52 % des inscrits (28,01 % d’abstentionnistes) ? Sans parler des non-inscrits en âge de voter. C’est tout le système électoral, me semble-t-il, qu’il faut revoir. Vote obligatoire avec sanction financière comptabilisation des bulletins blancs, dose de proportionnelle, deux référendums par mandature obligatoires seraient à mon humble avis un bon début afin de pacifier les esprits et de faire que les Français puissent à nouveau croire aux indéniables vertus d’une démocratie moderne !
Les bobos parisiens ne s’en plaignent pas trop, si elle se présentait, de nouveau, elle serait, peut-être, réélue ! En bonne écolo, elle a réussi à virer les voitures hors de Paris, une réussite contre la pollution qui ne dépasse plus le périphérique, et tant pis pour le commerce : quel succès !
Tant pis également pour les personnes qui travaillent sur paris avec leur véhicule, tant pis pour les personnes ayant des difficultés a ce déplacer , qui ne veulent pas utiliser les transports personnel pour des raisons personnel.
Elle aura réussi a faire fuir une bonne partie des parisiens, vidant de ce faite la ville au profit des loueurs Airbnb et des touristes.
« 37.000 électeurs décideraient souverainement pour un ensemble de 2.200.000 Parisiens. Vive la démocratie censitaire ». C’est un des deux piliers de la macronie : la dictature des minorités. L’autre demeurant la préférence étrangère.