2 900 euros par an par foyer : ce scandale de la fiscalité routière que l’État camoufle
On savait déjà l’automobiliste vache à lait préférée du fisc français. Mais on ne se doutait pas à quel point, et surtout quel trésor d’ingéniosité l’État déploie pour entretenir cette affection, sans en avoir l’air, en émiettant ses prélèvements en de multiples petites taxes afin de mieux endormir le plus vigilant des contribuables.
C’est incohérent, mais on ne change surtout rien
Le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO), organisme lié à la Cour des comptes, s’est fendu d’un rapport sur la fiscalité de l’énergie, bienvenu en ces temps de crise du pétrole. Mais comme l’a fait remarquer la revue spécialisée Transitions & Énergies, ce rapport se contente d’une critique « subliminale » et ne fait guère d’effort pour nous éclairer sur la légitimité de l’édifice fiscal routier, et moins, encore, pour corriger certaines de ses plus évidentes anomalies. Un chiffrage nous est tout de même proposé : la fiscalité énergétique se monterait à un total de 56,7 milliards d’euros (2 % de notre PIB), principalement alimenté par l’accise sur les produits énergétiques (39,5 milliards d’euros) et la TVA (17,5 milliards d’euros). Ces recettes proviennent pour un tiers de l’électricité et pour les deux tiers des produits pétroliers. Une lecture attentive permet tout de même d’apprendre que ces diverses ponctions de l’État sur le carburant vendu aux particuliers (accises et taxes) sont « incohérentes avec les objectifs de la transition énergétique ». Voilà qui est instructif, même si le CPO s’empresse de nous expliquer qu’il ne faudrait surtout rien y changer avant… 2030 - surendettement de l’État oblige. Le contribuable motorisé, lui, peut bien payer.
Une vache à lait qui pèse 90 milliards
L’association Contribuables associés s’est penchée sur la question et en a tiré une étude autrement plus détaillée et dont le titre annonce d’emblée la corrosivité : « Quand l’impôt prend le volant ». Au bout du voyage, c’est entre 85 et 90 milliards d’euros de recettes publiques liées aux véhicules motorisés qui atterrissent dans les poches de l’État, « dont 47 milliards provenant des seules taxes sur les carburants ». Et contrairement à nos voisins européens, dont la fiscalité se résume à « une taxe annuelle de détention visible et lisible, la France a fragmenté la ponction en une cinquantaine de prélèvements distincts ». Un détail, apparemment, mais qui rend le montage si opaque que l’automobiliste ne sait, en fait, pas combien lui coûte sa mobilité et n’a pas, non plus, la moindre idée des évolutions de tarifs qu’on lui impose en douce.
7/7 Retrouvez l'intégralité de notre étude juste ici👇
«Fiscalité routière, Quand l'impôt prend le volant»
➡️ https://t.co/rRzrfhT0Hh#FiscalitéRoutière #Impôts #Automobilistes #Contribuables #TaxeCarburant #Radars #ArgentPublic pic.twitter.com/IR0IjysemL— Contribuables Associés (@contribuables) June 10, 2026
Parmi la cinquantaine de ces petites douceurs fiscales, Contribuables associés cite notamment « carte grise, malus CO2 (jusqu’à 80.000 euros, pour les véhicules les plus émetteurs), malus masse [pour les véhicules de plus de 1.950 kg], accises sur les carburants, TVA sur l’accise elle-même, taxes sur les assurances, péages, stationnement, contrôle technique, ZFE, amendes automatisées »...
2.900 euros par foyer fiscal !
Pris isolément, chacun de ces prélèvements semble raisonnable, mais ramenée « aux 31 millions de ménages français, cette masse fiscale représente une facture moyenne d’environ 2.900 euros par an et par foyer ». Cette ponction, qui ne concerne que la mobilité, est à confronter au revenu disponible moyen par foyer des Français, qui dépasse à peine les 4.800 euros en net mensuel. Mais il faut aussi, note l’étude, compter avec des écarts considérables, puisqu’un « citadin sans voiture s’en tire à 400 euros, quand un ménage provincial équipé de deux véhicules atteint 4.000 à 4.200 euros, un montant qui pourrait franchir les 5.000 euros en 2026 avec le choc géopolitique lié au conflit iranien, qui a propulsé le gazole au-delà de 2 euros le litre ».
Ces chiffres expliquent parfaitement la mise en tension provoquée par la polémique sur le maintien forcé des ZFE par Sébastien Lecornu. S’agissant d’une foule de Français modestes, dont le véhicule est un outil indispensable au quotidien, il y a des punitions qui passent d’autant moins que leur légitimité n’est guère perceptible.
Il faut en effet avoir l’esprit large pour admettre le principe d’une TVA appliquée sur le montant de l’accise, qui n’est pas autre chose qu’une « taxe sur la taxe », et en l’occurrence une de ces exclusivités fiscales mondiales dont le fisc français a le secret. À ce petit jeu, ce dernier réussit à imposer à l’automobiliste une fiscalité sur son carburant dépassant désormais 55 % du prix payé à la pompe !
Le radar, cette poule aux œufs d’or
L’État ne s’oublie pas, non plus, sur l’assurance automobile. En France, « le taux de taxe appliqué à la responsabilité civile obligatoire atteint 33 %, contre 12 % au Royaume-Uni, 19 % en Allemagne et 8 % en Espagne », nous indique Contribuables associés.
Et que dire des amendes routières, « issues d’un parc de 4.753 radars automatiques », qui ont généré « 27,6 millions d’infractions en 2024 pour près de deux milliards d’euros de recettes » et dont « une part significative sert au désendettement de l’État plutôt qu’à la sécurité routière ».
Arrêtons-nous, un instant, sur cet instructif exemple : une annexe au projet de loi de finances pour 2024 nous indique en effet que 78,1 % de ces recettes servaient effectivement, cette année-là, à financer des actions favorisant la sécurité routière. Ce qui signifie que près de 22 % de ce total a servi au désendettement de l’État (avec le succès que l’on sait). 22 % dont il n’est évidemment jamais question dans le discours officiel. Mais personne ne nous a non plus informés qu’au fil des ans, la part du magot des radars consacrée à la sécurité sur nos routes a fondu comme neige au soleil. « Plus de 91 % des recettes des radars ont financé la sécurité routière en 2017 », confirmait, à l’époque, la Banque des territoires. Quand il s'agit de gratter chaque année un peu plus, l'État ne manque pas de grattoir.
Dans la même veine, il faut rappeler qu’un bonus automobile avait été instauré, au départ, pour inciter les automobilistes à rouler plus propre en se débarrassant de leur ancien véhicule pour acheter, neuf, un véhicule moins polluant et moins émissif en gaz carbonique. Puis sont apparus des malus pour les véhicules lourds et pour ceux très émetteurs en gaz carbonique, alors que le bonus disparaissait du paysage. Meilleur indicateur possible du passage progressif d’une politique de l’incitatif, qui restait compréhensible et admissible, à une politique exclusivement punitive, qui ne l’est plus du tout pour la plupart des Français.
Et au risque d'effrayer un peu ceux d'entre nous (en ayant les moyens) qui ont investi récemment dans une voiture électrique afin d'échapper à la fois à la flambée du prix du carburant et à sa fiscalité honteuse, il convient de les prévenir que si, dans quelque temps, la bascule du marché vers le tout électrique devient effective, la fiscalité y basculera elle aussi.
🚨Malus auto: Un BRAQUAGE fiscal.
L’État ne finance plus du tout l'écologie (les bonus), garde l’impôt collecté, et s'est déchargé sur les producteurs d'énergies (vous et vos factures d'énergie), pour financer les bonus.
Ils vous ont vendu l'écologie, vous avez eu:
- 1 Mds… pic.twitter.com/S6X2pJgKJm— 🇫🇷 🇷🇺 Tyron 🇷🇺 🇫🇷 (@Tyron911147) June 9, 2026
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59 commentaires
Pourquoi les Français pleurent-ils ? Ils sont masos. Ils passent leur temps a élire et réélire ceux qui les plombent. Là, ils en ont « pour leur argent ». Demain, il sont prêts a voter Mélenchon. Ce qui entrainera une fuite massive des capitaux, une émigration vers des cieux plus cléments de tous les créateurs d’entreprises et donc d’emplois, de ceux qui paient des impôts et alimentent l’économie. Ils ne restera plus en France que ceux qui tendent la main… Mais l’État n’aura plus rien à mettre dedans. Et les Français pleureront de plus bel…
Comme vous avez raison
Ces amendes automatisées sont souvent abusives et injustifiées. Dernièrement j’ai reçu un avis de contravention pour « circulation en sens interdit » dans une artère de la capitale qui est… à double sens !!! C’est se moquer du monde !
et n’oublions pas la taxe carbone voté par l’Europe qui doit rentrer en vigueur le 1.01.27 a hauteur de 10 a 15 cts par an et dont personne ne parle ; assisterons nous a un retour des gilets jaunes ?
Quand la demande en électricité deviendra trop forte, à force de demander aux gens de rouler électrique, ne vous inquiétez pas, la facture va grimper. Parce que ce n’est pas avec des ventilateurs qu’on va pouvoir alimenter tout le monde.
Quand on se souvient qu’avec la CSG non déductible on est susceptibles de devoir s’acquitter d’impôts sur le revenu sur des sommes que l’on n’a jamais perçues, on ne s’étonne plus de rien en matière de fiscalité. En effet, si on a l’habitude de déplorer que l’état cherche à imposer jusqu’au dernier centime de ce que l’on possède, on oublie généralement qu’il a déjà inventé l’impôt sur ce que l’on n’a jamais possédé. Partant de là, on aura beau s’indigner autant que l’on voudra, on continuera quand même à payer et toujours plus pour toujours moins de résultats.
Mais qui fait ça ? Ceux que les Français ONT ÉLUS. Et pour le dernier, ils l’ont RÉÉLU… Ils ont tressé la corde qui les pend. Et je gage qu’ils recommenceront en 2027… 40 ans que la droite socialo (RPR, UMP, LR), le Centre mou et la gauche les mènent au précipice mais ils en redemandent… « Le danger c’est le RN »… qu’ils n’ont jamais mis à l’oeuvre. Et pourtant voyez ce que fait Meloni (la fascho) en Italie…
Vous citez la CSG non déductible mais c’est le cas de tous les impôts (sur le revenu, foncier… )
« …il convient de les prévenir que si, dans quelque temps, la bascule du marché vers le tout électrique devient effective, la fiscalité y basculera elle aussi. »
Mais elle y a déjà basculé. Vous pourriez faire ce même article au sujet précisément de nos factures d’électricité, le même scandale. Contribuables associés dénonce également tout cela avec beaucoup d’étayage.
Pour la voiture électrique la taxe est en place calculer au poids et non plus aux émissions de carbone il ne reste plus qu’à faire évoluer celle-ci et à taxer grâce aux performances des nouveaux compteurs Linky la recharge réalisée chez le particulier
Heureusement que, comme l’a rappelé Agnès Panier Runacher, les pauvres n’ont pas de voiture !
Si, si, les pauvres, certains du moins, ont encore une voiture, c’est d’ailleurs une des raisons de leurs tristes conditions sociales. Mais faut bien aller bosser, non ! Elle se serait alors trompée. Elle parlait au présent, elle voulait employer un futur « proche » : ils n’en auront plus ! Et l’on s’en charge ardemment. Car chacun sait que le rôle d’un politique de talent… c’est d’imaginer le futur, pas de commenter le présent.
L’état ripoublicain francais fera comme la Californie: on maintient toutes les taxes sur les carburants, et on ajoute une nouvelle taxe annuel au km parcouru sur toutes les voitures. En Californie, le projet est actuellement a l’étude avec une taxe de 8 centimes au mile (1,6km). Cela pourrait rapporter a l’état californien en moyenne 1400 dollars (1209 euros) par voiture annuellement. Avec 36.2 million de véhicules enregistrés actuellement, cela devrait donc pouvoir rapporter annuellement 50,7 milliards de dollars de revenue fiscal supplémentaire a l’état le plus a gauche des USA! Malheureusement, les démocrates possedent depuis 2011 le pouvoir absolu avec la majorité dans les 2 chambres et un gouverneur démocrate, et comme leurs homologues socialistes francais, la seule chose qu’ils savent créer, c’est des impots et des taxes.
C’est le chien qui se mord la queue : Si vous rajouter une race au km, les gens rouleront moins donc consommeront moins d’essence, donc ce que l’État gagnera d’un côté, il le perdra de l’autre…
En allant me balader du côté de l’Aude et du pas de la case ce samedi j’ai eu la joie de voir deux ou trois radars cramés. Il y en a marre d’être pris en otage par l’état et d’être des vaches à lait et des fois la vache renverse le seau d’un coup de patte.
La voiture, un plaisir surtout pour l’état !
J’ai enfin réussi à me payer le permis de conduire qui m’a couté une blinde, avec mes propres deniers.
J’achète ma première auto en n’oubliant pas de payer la TVA, son malus associé, mais aussi sa carte grise obligatoire.
Bien évidemment, j’ai pris une assurance à la hauteur, vu que je ne mérite pas encore d’un bonus.
Après avoir fièrement fait le plein de mon réservoir d’essence bien taxé, je peux enfin profiter des autoroutes à péages.
Si besoin, je payerai mes stationnements et immanquablement mes radars, vu que je suis un peu tête en l’air par moment.
Je promets de faire mon contrôle technique et mes entretiens regulierement, il est normal de participer aux finances de l’état !….
C’est beau, l’insouciance d’une jeunesse « libre », ça me manque parfois, moi qui ai mon permis depuis cinquante ans et qui ai, comme des millions d’autres, participé bien involontairement, il faut le dire, à rendre cette société accro aux taxes et aux impôts pour financer un modèle social pernicieux et un pays invivable pour nombre de nos enfants.
Bien ecrit. Coluche aurait pu faire un sketch avec votre texte
Et pour rappel… tout le monde se fout complètement du CO2! Surtout les écologistes!
Chers amis je vous informe que la technologie pour décarboner l’air existe depuis… 20 ans.
Le procédé DAC filtre le carbone de l’air. Mieux encore, grâce au procédé « power to liquide » on peut retransformer ce carbone en carburant en lui ajoutant de l’hydrogène, comme l’hydrogène blanc dont on a trouvé le plus grand gisement naturel du monde en Moselle.
Les avions volent déjà avec ces carburant « SAF » qui permettent de DÉPOLLUER l’atmosphère grâce à leurs stock. Et oui, l’avion et aujourd’hui potentiellement le moyen de transport le plus écologique de tous, plus que la marche à pieds!
Mais pour ça, il faudrait investir dans des usines DAC, hors comme en réalité on s’en fout et que l’écologie n’est qu’un prétexte pour prendre des taxes afin de payer les fonctionnaires, on espère juste que vous n’entendrez jamais parler du procédé DAC et des carburants SAF.
Nous pouvons tous admettre que le climat change. Les scientifiques eux-mêmes ne sont pas certains que ce soient les gaz à effet de serre qui en soient les causes. Certains affirment même que ce serait le contraire d’un réchauffement climatique qui nous guette ou que l’inclinaison du soleil ou des éruptions volcaniques avec des cycles plus ou moins longs pourraient en être la cause. Mais peu importe, bien sûr que toutes ces restrictions de libertés et de taxation confiscatoire ne sont que le résultat de mistigris sciemment utilisés afin de faire trembler dans les chaumières et d’effrayer le quidam afin de nous faire accepter l’inacceptable. Cela en a toujours été ainsi.
il faudrait préciser ce que vous appeler: « Le procédé DAC filtre le carbone de l’air »
comment ça marche ?????????
je crains que vos connaissances chimiques ne soient à la « hauteur » de votre ORTHOGRAPHE
Maintenant, Nicolas arrive à se cacher derrière un roseau, tellement il a subi une cure d’amaigrissement.
Mdr… J’étais dégoûtée et bien énervée encore par l’actu du jour mais vous avez réussi à me faire rire. Merci ! ;))
L’affaire ALSTOM n’a pas fini de « ruisseler » ! …
Les délires du fameux « pacte vert » vendu par l’UE et tout ce qui prétend « sauver le climat » est une arnaque pire que le « système de PONZI » ! …
L’éolien, les ZFE et tout ce qui s’y rattache est gargantuesque …
Oui, cela fait un moment que c’est documenté, mais le grand public ne le sait pourtant pas… S’ils attendent que ça passe à la TV… Ça me met tellement en colère quand je pense à tout ça et le dernier plan énergie qu’ils nous ont encore pondu… C’est de l’escroquerie à l’état pur. Y a rien qui va dans ce pays de malheur. La France était une nation trop belle, il a fallu la descendre. Mais pas nos propres compatriotes, ça c’est quand même du jamais vu dans l’Histoire.
Malheureusement que si. La trahison vient toujours de ses propres rangs.
Article très intéressant.
Je consomme 8000 kWh d’électricité chaque année, ce qui me conduit à m’acquitter d’une accise de 300€ afin de financer les modestes automobilistes qui investissent dans une Tesla à 40000€.
Notre pouvoir socialiste serait-il l’exact contraire de Robin des bois ?
@Jean-Paul LEDOUX
Dans les années 1970 le socialiste était le défenseur des travailleurs modestes. Depuis 1971 et l’arrivée au pouvoir des socialistes le socialiste s’est progressivement mué en prébendier défendant ses postes. La supposée « défense des travailleurs » est devenue la défense de leurs rentes de situation. Les socialistes ont appauvri les travailleurs et vivent confortablement de leur imposture.
J’ai résolu le problème. J’ai donné ma voiture à ma petite fille pour ses 18 ans et elle réside en Allemagne …,
Quand j’ai besoin d’un plein, je prête ma voiture à un ami frontalier qui me la remplit. C’est ma petite participation à la contestation.