Editoriaux - Politique - 8 avril 2018

Washington resserre l’étau sur Moscou et la Coupe du monde : Trump condamne Poutine, Assad et l’Iran !

Il n’avait pas été possible de réussir le coup d’État contre Erdoğan en 2016. Il n’avait pas été possible d’empêcher l’élection de Trump en 2016. Il n’a pas été possible de saboter l’élection de Poutine en 2018. Mais il a été possible de châtrer Donald Trump lui-même. Et la Coupe du monde est en danger.

Pendant ce temps, la Chine, qui tient déjà une partie des élites économiques et politiques américaines, vient d’infliger une correction à Washington : la Bourse américaine était en chute libre la semaine dernière. Machiavéliques, les Chinois ont, de plus, imposé des contre-tarifs « là où ça fait mal », dans les États agricoles qui ont voté Trump (de quoi faire paniquer les parlementaires en réélection en novembre), comme dans la caisse des compagnies aéronautiques, grandes pourvoyeuses de fonds des politiciens apeurés. Cependant que Trump escalade en triplant l’assiette des tarifs douaniers visant la Chine.

Chaque fois que Trump joue la partition des républicains traditionnels en appliquant leur programme religieux (Cour suprême) ou celui, économique, de Goldman Sachs (déréglementations, baisse des impôts aux entreprises), il est jugé bon président. Chaque fois qu’il veut appliquer son programme « populiste », le Congrès-fruit-des-donateurs lui accorde quelques hochets (ses baisses d’impôts aux particuliers ne sont que temporaires) et n’hésite pas non plus à l’humilier (le récent budget « omnibus » a rejeté la construction du mur, la réforme de l’immigration, les budgets de la police des frontières, ou des infrastructures).

Enfin, chaque fois que Trump ose ressortir ses promesses électorales relatives à la politique étrangère, il est voué au bonnet d’âne. Invite-t-il Poutine à Washington ? Les mêmes Anglais qui avaient été les manufacturiers du dossier (le « dossier Steele ») destiné à l’abattre s’arrangent pour lui faire fermer un consulat et expulser soixante diplomates russes, « novichok » oblige ! Promet-il de se retirer vite de la Syrie et de ne consacrer aucuns fonds à la reconstruction du pays (traduction : fonds de changement de régime, comme pour l’Ukraine) ? On lui fait punir les méchants oligarques-proches-de-Poutine ! Et, horresco referens, surgit une nouvelle attaque à l’arme chimique en Syrie : donc, non seulement les troupes américaines ne se retireront pas, mais celles des Russes implantées sur place vont probablement connaître la fureur du feu américain. Et dans l’éventualité où ce ne serait le cas, la crise sera suffisante pour débattre du boycott de la Coupe… afin de garantir la sécurité du public et des joueurs.

Que va faire la Chine ? Elle peut laisser le harcèlement antirusse se poursuivre et en profiter pour siniser davantage la Russie. Elle peut, au contraire, penser que si les Russes s’effondrent, elle se retrouvera en première ligne ; choisira-t-elle de lancer des incendies asymétriques, d’abord au canon (Corée, îlots de la mer de Chine du Sud, ou encore là où on ne les attend pas…) puis au « cybercanon » (ici, tout comme les Russes, ils font jeu égal avec les Américains) ? La question est ouverte. Les élections parlementaires américaines de novembre offrent une immédiate « fenêtre » de contre-attaque pour que Chine et Russie sèment le désordre à Washington. Mais les néoconservateurs tenteront eux aussi de disposer de cette fenêtre afin de pousser l’État à toujours plus d’aventures militaires… Alors, qui entraîne qui dans son piège ?

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