Je suis sidérée que pas un membre du gouvernement ne condamne l’agression !

Après l’agression dont a été victime son époux Robert Ménard, maire de Béziers, la députée Emmanuelle Ménard a écrit au ministre de l’Intérieur. Elle est très choquée par le manque de réaction du gouvernement et s’étonne, pour le moins, de la passivité des forces de l’ordre au moment des faits.

Vous avez écrit aujourd’hui à Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, concernant l’agression qu’a subie Robert Ménard ce week-end.
Qu’avez-vous concrètement demandé au ministre de l’Intérieur ?

Tout d’abord, je ne lui ai pas écrit aujourd’hui, mais lundi. Je ne l’ai rendu public qu’aujourd’hui, car je souhaitais lui laisser le temps de réagir. Comme je l’explique dans ma lettre, j’ai été profondément choquée qu’aucun membre du gouvernement ne condamne l’agression et ne rappelle à l’ordre les élus présents qui, s’ils n’ont pas encouragé l’agression, n’ont tout le moins pas réagi. Pour des gens qui ne cessent de se targuer de valeurs républicaines et démocratiques, ils avaient une occasion inespérée de montrer dans les faits que ce ne sont pas de vains mots dans leur bouche. Nous n’avons pas été déçus !

Vous avez également noté la passivité des forces de l’ordre. Avez-vous eu des réponses à ce sujet, au moins de la part de la Gendarmerie ?

Non, je n’ai pas reçu de réponse satisfaisante. J’ai d’ailleurs été un peu estomaquée, puisque certaines personnes m’ont dit qu’ils n’imaginaient que les événements puissent mal tourner puisque toutes les précautions avaient été prises pour que ça n’arrive pas. La Gendarmerie était là, elle était prête à intervenir. Nous avions d’ailleurs prévenu les gendarmes à deux reprises juste avant l’heure du rassemblement. Nous les avions prévenus que des personnes passablement agitées étaient présentes devant la salle et que les choses pouvaient déraper. Ils étaient donc parfaitement au courant de la situation et de la typologie des personnes présentes devant la salle. Je ne comprends pas que des gendarmes soient présents devant la salle et n’interviennent pas lorsqu’un élu se fait agresser. C’est une des questions que je pose au ministre. Il me semble qu’il y a au moins une erreur d’appréciation de la situation. J’aimerais avoir des explications. J’aimerais comprendre.

Comment expliquez-vous le silence de la classe politique devant cette agression ?

Je ne me l’explique pas. Nous avons eu l’exemple de Nathalie Kosciusko-Morizet il y a quelque mois. Elle s’était malheureusement fait agresser. Il y a avait alors eu, à juste titre, une condamnation unanime de la classe politique et des médias qui en avaient fait leur une pendant un ou deux jours. C’est heureux, car c’était en effet totalement inadmissible.
Cela montre que si un autre élu que Robert Ménard avait été agressé, l’ensemble de la classe politique aurait condamné les faits. C’est encore une question que je pose au ministre. Pourquoi, dans ce cas-ci, n’entendons-nous aucune réaction ?
Nous avons l’impression d’être obligés de tordre le bras aux médias pour qu’ils en parlent. Il n’en est pas toujours ainsi. Alexis Corbière par exemple, témoignait lundi matin, alors qu’il était sur CNEWS avec Robert dans l’émission de Pascal Pro qu’il avait été contacté la veille par France 2 pour être l’interviewer sur son tweet. Il s’agit du fameux tweet, pour lequel il a fini par faire amende honorable d’avoir utilisé une photo des Champs-Élysées lors de la victoire des Bleus en 1998, pour illustrer le succès du rassemblement « la fête à Macron » organisé par François Ruffin.
France 2 veut donc faire un reportage sur le tweet truqué de M. Corbière, mais personne n’appelle Robert Ménard après son agression ? On dépasse le deux poids deux mesures à ce niveau. C’est totalement choquant ! Et je ne comprends pas cette absence totale de réaction à la fois de la classe politique et des médias.

Seriez-vous en train de dire que Robert Ménard serait un élu de seconde zone ?

C’est ce que je dis qu’il n’est pas dans mon courrier. Robert et moi avons à coeur uniquement de faire notre devoir d’élus, de défendre Béziers et le Biterrois. Quelles que soient les idées que nous défendons, qui par ailleurs sont plébiscitées par nos électeurs, elles ne peuvent pas faire de nous des élus irrespectables ou méprisables.
Je rappelle que nous avons gagné les élections, ce qui montre bien que nous ne sommes pas mal aimés sur notre territoire, au contraire.
Malheureusement, les faits semblent nous donner tort, puisque le fait de défendre nos idées fait de nous des élus de seconde zone dans la tête d’un certain nombre d’hommes et de femmes politiques.

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