Editoriaux - Politique - Réflexions - 20 octobre 2018

Stop ! N’essayez pas de sauver la « droite », ça n’existe plus…

Pas plus que la gauche !

En ces étranges semaines de fin 2018, on observe de grandes manœuvres d’états-majors : au RN, au PS et aux LR, le bal des ambitions des apparatchiks est ouvert. Aux LREM, RAS : pas de programme, pas de thèmes, pas de cap, pas de figures identifiables ; c’est le degré zéro de la politique, à ceci près que ce régiment de godillots a réussi la fusion effective et opérationnelle de l’UMPS. Le libéralisme en haut et le laisser-aller sociétal partout.

Avec des ministres socio-libéraux de « droite » et de « gauche » ; et un glacis de députés LR « positifs », des centristes ; et des « société civile » qui sont n’importe qui sans expérience ni idées, mais capables de payer un droit d’entrée. Un pôle massif européiste, socio-libéral, s’est effectivement constitué. Il est néanmoins vraisemblable que ce décor de carton ne résistera pas aux tempêtes sociales bien réelles qui s’annoncent à l’horizon et au besoin des Français de cesser de souffrir toujours plus. On objectera, sans doute, que si les Français se sont tenus jusqu’ici, ils sont suffisamment égarés, abstentionnistes, dégoûtés ou panem et circences pour continuer à se déliter sans moufter. Comme la grenouille, qui, dit-on, si la température de l’eau augmente très lentement, se laisse bouillir sans avoir bondi hors de la casserole.

Bien sûr, la « droite » peut estimer qu’en 2022, l’élection « imperdable » de 2017, cette fois-ci, elle l’aura à sa main. Ne fût-ce que parce que la seule possibilité qui reste aux derniers Français qui votent, est, comme ils le font désormais, d’éjecter le Président en place. Et si les Français ont élu Emmanuel Macron, c’est parce qu’ils avaient peur de Mme Le Pen et que les LR avaient été incapables d’éjecter un homme obstiné et vaniteux qui les menait à l’abîme. Et la France avec.

Face à l’imposture politique, économique, sécuritaire ou migratoire, il ne faut pas tenter de « sauver la droite » car elle n’existe plus et n’existera plus jamais depuis, il y a 26 ans, la signature du traité de Maastricht résolument fédéraliste, atlantiste, mondialiste et ultralibéral.

Cinq ou six questions cardinales, en effet, divisent profondément l’opinion publique à « droite » comme à « gauche » :

1) Souveraineté nationale : quel type de construction européenne désire-t-on, quelle part d’indépendance doit conserver chaque nation pour rester une nation ? Souverainistes et fédéralistes sont totalement non miscibles.
2) Souveraineté populaire : quel type de démocratie (référendum, proportionnelle) veut-on instituer pour restituer une vraie République ? Les grands partis et la caste politicienne en général maintiennent le statu quo tout en promettant, depuis quarante ans, de le faire évoluer.
3) Souveraineté territoriale et culturelle : qui contrôle les frontières nationales et les conditions d’entrée et de séjour sur le territoire national ?
4) Souveraineté économique : quel type d’économie et de relations sociales les Français veulent-ils pour préserver le tissu productif, rétablir prospérité, justice et dignité sociales ?
5) Souveraineté des droits individuels : rétablissement de la sécurité physique, de l’État de droit et, donc, de la qualité judiciaire.
6) À quoi il faut, désormais, ajouter le droit souverain de ne pas s’empoisonner en respirant, buvant, mangeant.

Sur ces questions cardinales, aucune transaction n’est acceptable. Oublions notre passé, nos parcours personnels, nos réflexes, nos phobies claniques : ce n’est pas la droite qu’il faut sauver mais la France, en rassemblant tous ceux qui veulent les six souverainetés. La droite actuelle a trahi ces valeurs. Et certains de ses caciques professionnels refusent même les quatre premières souverainetés majeures !

La gauche politicienne est vaporisée et l’extrême gauche, floue, inquiétante, spasmodique. Mais les abstentionnistes, les votants blanc ou nul, les patriotes de droite et de gauche doivent se rassembler sur ces critères de bon sens et, désormais, de survie : la nation, qui souffre et qui devrait décider, c’est nous. Or, Macron a déjà échoué car il ne pouvait en être autrement. La priorité sera de donner à la nation le droit et la liberté de décider de son destin par référendum d’initiative démocratique sur les grands sujets.

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