Editoriaux - International - 17 janvier 2019

Macron va-t-il « vendre » l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne ? Chiche !

Macron serait sur le point de « vendre » en secret l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne… Chiche ! Ce n’est, hélas, qu’une « fake news », une de plus qui court ces jours-ci sur la Toile, à la veille de la signature, avec la chancelière Angela Merkel, d’un nouveau traité franco-allemand, le 22 janvier prochain, à Aix-la-Chapelle. Lancée par un député européen de Debout la France – « Ce traité funeste vise à faire sortir des régions frontalières françaises du territoire national » -, cette rumeur a été reprise par plusieurs sites de « réinformation » en général mieux inspirés, ainsi que sur les réseaux sociaux de certains groupes de « gilets jaunes ». Même le Rassemblement national y est allé de son antienne alarmiste : « Macron, tel un Judas, va livrer l’Alsace et la Lorraine à une puissance étrangère. L’Alsace repassera sous régime allemand et la langue administrative sera l’allemand. »

Viel Krach fer nix (beaucoup de bruit pour rien)… Rassurez-vous, chers compatriotes, comme l’atteste Le Parisien – qui a eu accès au texte -, rien ne prévoit, dans les dix pages de ce nouveau traité, une quelconque annexion de certaines régions françaises à un autre pays. Ce traité crée des outils, a indiqué de son côté l’Élysée à 20 Minutes, qui devraient « permettre aux collectivités frontalières d’identifier des blocages sur le terrain, de les adapter plus facilement et plus rapidement aux situations locales et faciliter la vie des citoyens vivant près de la frontière allemande, notamment les 50.000 Français qui traversent quotidiennement la frontière pour aller travailler en Allemagne ».

La réconciliation franco-allemande, scellée par le traité de l’Élysée, signé en 1963 par le chancelier allemand Konrad Adenauer et le Président français Charles de Gaulle, méritait sans doute d’être quelque peu réanimée. Car à l’heure du bilan, il faut bien reconnaître qu’en dehors des domaines de la diplomatie et de la défense, avec la création d’une brigade franco-allemande, seules l’éducation et la jeunesse ont bénéficié des effets tangibles de ce mariage de raison.

Ainsi donc, grâce à ce nouveau traité, l’Alsace tricolore mais réaliste pourra lorgner sans complexe de l’autre côté du Rhin. Mais que l’on ne s’y trompe pas : les Alsaciens ne sont pas nostalgiques, pour autant, d’un quelconque retour chez leurs cousins germains, même si les frontaliers alsaciens sont aux premières loges pour constater que le fossé s’élargit tous les jours un peu plus entre les deux pays… Et quand ils font la comparaison avec leurs voisins et leur « made in Germany », les Alsaciens constatent, un peu envieux, que « chez eux, ça marche » : l’économie redémarre, le chômage recule alors que, dans la Françalsace, tout paraît compliqué, figé, fossilisé et « rien ne marche »… Autant dire qu’ils en ont gros sur la Kartoffel, les Alsaciens, et que ça détricote grave au pays de la choucroute, où la moutarde leur monte au nez. « C’est français ! » fulmine-t-on volontiers dans les winstubs, en se gaussant des « Français de l’intérieur », de ces Haasebock qui avaient détalé comme des lapins en 1940, livrant l’Alsace à l’annexion nazie. Ce qui, hélas, n’était pas une « fake news

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