Certaines mairies ou autres organisations avaient anticipé l’ouverture de cahiers de doléances et donc recueilli des demandes, suggestions, propositions, voire des objections (sinon des refus) aux régimes politiques, fiscaux ou sociaux actuels.

Outre la difficulté de procéder à des synthèses, quelle est la garantie qu’un citoyen ne s’est – ou ne se sera – exprimé qu’une seule fois et en un seul lieu ? Comment agréger les revendications multiples, quand bien même chaque contributeur aurait apposé sa signature, ce dont je doute ? Un puissant et nouveau logiciel sera-t-il à la disposition des Wargon, Lecornu et autres garants, au moins pour les nouveaux débats à venir ?

Sans vouloir inciter les plus engagés ou remontés des citoyens à user de ce subterfuge, j’imagine que de petits futés, jaunes ou de couleurs différentes, mais aussi voyantes, y auront pensé et en auront usé.

L’embrouillamini frénétique, pléthorique et confus qui va résulter des consultations et débats va exiger un travail d’analyse et de mise en cohérence, lisible, structurée et exploitable, que seuls de grands esprits, tels des polytechniciens ou des énarques, auront la capacité de réaliser…

Mais alors, le peuple revendicateur qui s’est levé contre cette même oligarchie ne pourra en admettre les conclusions avec attention et conviction sans y remettre son nez !

La perspective du – ou plus sûrement des, compte tenu de tous les sujets de doléances – paraît donc inéluctable.

Mais c’est, en outre, doublement nécessaire, sinon la voix des milliers de manifestants pèserait plus lourd que celle de millions de citoyens. Et cela constituerait alors un grave déni de !

17 janvier 2019

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