Editoriaux - International - 23 janvier 2019

Macron avoue à Merkel qu’il préfère la langue allemande

Devant la mairie d’Aix-la-Chapelle, le tandem Merkel-Macron n’est pas peu fier. Il s’en va signer le nouveau traité franco-allemand. Aux signes de la main des deux tourtereaux répondent huées, sifflets, Macron démission… “Merkel muss weg!”(Merkel doit partir).

« Où est ma foule en délire ? » se demande le Président français. « Où est mon enthousiasme ? » « Et mes acclamations ? » Sur un calepin, il notera plus tard : « Prévoir chauffeur de salle lors des rencontres avec mon Angela. »

Résigné, le couple gravit les marches sous les quolibets. Le traité. « Traité de quoi ? » pense Emmanuel, qui ne comprend pas l’allemand. Lors de son discours, il confirme son ignorance linguistique : « La part que je ne comprends pas en allemand a un charme romantique que parfois le français ne m’apporte plus. ». Macron muss weg! Le langage est fleuri, presque musical. Autrement plus poétique que « Macron dégage ». Ah, si on ne le retenait pas… il quitterait ce pays pourri. Ces Français mal embouchés, vulgaires, fainéants, jamais contents…

Sur ce thème, il ne peut être reproché à Emmanuel Macron d’avoir caché son jeu. Il n’y a pas de culture française, avait-il déclaré lors d’un meeting. L’électeur était prévenu. Le pays dans lequel il vivait ne valait pas tripette. La signature de ce traité franco-allemand a donné l’occasion, au Président, de préciser sa pensée. La langue non plus ne vaut pas grand-chose. Elle a perdu son charme romantique. Elle fut bien. Avant. Du temps du vieux français. François Villon, par exemple, savait manier les mots. « Gente dame Merkel, nostre Europe a celly qui attendre peult vient à temps… » ou bien encore, dans un genre plus récent : « Dame Merkel, d’amour vos beaux yeux mourir me font… »

C’est contraint et forcé qu’Emmanuel Macron s’exprime dans cette langue désagréable. Mais pour combien de temps encore ? Sous quelle forme s’exprimera ce mépris qu’il nourrit pour le pays qu’il a souhaité diriger ? Les paris sont lancés. Une déclaration telle que « La France, ce pays de ploucs que j’ai la honte de présider » aurait le mérite de clarifier la vision élyséenne. L’électeur arriverait devant l’urne la bave aux lèvres : « C’est où qu’y faut mettre le bulletin Macron ? » Le potentiel d’adhésion à la parole officielle est grand.

Si l’on en croit les sondages, il remonte ! +4 points (de suture). L’effet « grand débat ». Six heures. Il a parlé pendant six heures ! Il faut l’inscrire aux Jeux olympiques ! Vite, un dossard ! Un sponsor ! Il peut tenter les 24 heures. Au Mans ! Pendant la compétition automobile. Ses paroles seront couvertes par le vrombissement des moteurs. Une équipe lui changera sa chemise en quatrième vitesse et il repartira sur le thème de l’immigration ou autre chose, on s’en fout, l’important est qu’il parle. Qu’il récite l’annuaire. Les pages jaunes ! La liste des blessés par la police ! À raison de presque un point à l’heure, encore une dizaine de grands débats et il est à 110 % ! Le tout en français non romantique ! Bientôt en allemand ! « Angela… t’as une belle langue, tu sais… » Ce à quoi l’intéressée répondrait : « Che fous en brie, bas de vamiliarité entre nous… »

À lire aussi

Alain Juppé appelé à ronronner au Conseil constitutionnel

La révision de l’aphorisme populaire « s’ennuyer à cent sous de l’heure » a été mis à l’or…