Editoriaux - Société - 7 octobre 2018

Le prix Nobel de physique épinglé pour « sexisme »

Ils sont trois, le 2 octobre, à avoir reçu le prix Nobel de physique pour leurs recherches sur les lasers : un Américain, une Canadienne et… un Français, Gérard Mourou, 74 ans. Cocorico ! Mais quelques jours après, École polytechnique, CNRS et École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA), les établissement de tutelle du chercheur français, tombent sur le paletot de ce dernier : il est accusé d’avoir, dans un clip tourné en 2010, véhiculé « des images dégradantes pour les femmes ». Qu’en est-il ?

Un petit garçon, tiré de sa passion pour la lumière par son père qui vient le chercher dans le grenier, Gérard Mourou et un équipier dans un amphithéâtre chantant dans une ambiance bon enfant avec leurs étudiant.e.s « Have you seen Eli ? », dont les paroles sur un air de reggae entraînant se rapportent à l’objet de leurs recherches ; Gérard Moulou au volant d’une belle auto arrivant sur son lieu de travail, une scène dansée où figure toute l’équipe de recherche, puis une autre montrant des chercheur.e.s confirmé.e.s travaillant dans une ambiance conviviale avec des jeunes. Enfin, scène finale, en écho à la première, Gérard Mourou, en pleine nature, prenant par la main un petit garçon (son petit-fils ?) s’éloignant avec lui dans un grand moment de tendresse. Laquelle d’entre elles a offusqué les trois institutions susnommées ? Vous avez deviné.

De jolies et scientifiques jeunes femmes, en 2009, ôter leur blouse pour apparaître cuisses et jambes nues, quelle abomination ! Vous me direz qu’aujourd’hui, on a bien des rappeurs qui tortillent sans équivoque du popotin à la fête de la Musique de l’Élysée ! Mais bon, passons. Et ce n’est pas la secrétaire d’État Marlène Schiappa, en décolleté plongeant à l’Assemblée nationale, qui agirait ainsi, n’est-ce pas. Non, elle, son truc, c’est plutôt « porter une culotte en coton avec titilleur » pour « avoir des orgasmes » partout, y compris à l’Assemblée (comme elle l’a confié aux spectateurs des Monologues du vagin). Mais bon, passons encore. Rien de comparable avec la scène incriminée.

Une scène « sexiste, contraire à nos valeurs », crient donc en chœur ces belles et grandes maisons que sont Polytechnique, ENSTA et le CNRS, qui se constituent ipso facto en ligue de vertu. On ne rigole pas avec ces choses-là par les temps qui courent. « Sexiste » et « contraire à nos valeurs » : avec de telles qualifications, normalement , le contrevenant ne devrait pas s’en remettre.

Mais, au fait, que pense notre prix Nobel de physique des réactions suite à l’exhumation de cette vidéo, pas bien méchante, faut avouer, par un blogueur allemand qui n’avait sans doute que ça à faire ? Que si, il y a dix ans ou presque, quelques critiques s’étaient élevées, leurs auteurs avaient vite compris que le clip entendait, avec « humour », montrer « la science sous un angle décontracté ». Gérard Mourou a raison : il y a, comme ça, des disciplines plutôt austères que l’on croit monopolisées par des « vieux croutons » pas marrants du tout… et il faudrait taper sur les profs qui respirent l’enthousiasme, la joie de vivre et essayent de les transmettre ? En tout cas, si, évidemment, les prudes Suédois s’associent à la curée, ils reconnaissent cependant avoir récompensé « les découvertes et inventions fantastiques » du professeur et qu’« aucun autre aspect n’entre en ligne de compte ». Parfois, le bon sens triomphe…

Ne reste plus, maintenant, qu’à aller extirper tous les clips du même genre, tous les films, tous les livres, toutes les interviews hors des clous posés par les ligues de vertu qui voient le mal partout. Le tout dans une société qui se plante devant sa télé le samedi soir pour regarder de jolies filles et de jolis garçons danser avec les stars, alors que ce n’est pas leur métier. Comme nos charmantes physiciennes… Cherchez l’erreur.

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