Editoriaux - Histoire - Politique - Radio - 22 juin 2017

Quand il faut bien dire du bien d’Emmanuel Macron…

Purée de nous autres, affirmerait Enrico Macias, et servitudes du métier de journaliste, assurerait probablement saint François de Sales, estimé patron d’une profession faisant désormais peur à tout le monde, des chats jusqu’aux enfants. Pourris, vendus, escrocs ! De cette opprobre généralisée, à Boulevard Voltaire, il convient évidemment de prendre notre part, sachant que l’honnêteté ne fait pas toujours partie du vocabulaire du plumitif et que la prétendue objectivité relève de tout, hormis de ce bas monde.

Robert Ménard, d’ailleurs, assez attaché – sa vie l’a prouvé plus que de raison – à la liberté d’expression, rappelait naguère, à l’occasion d’une émission en duplex tenue à Radio Courtoisie, que si la pensée unique de « gauche » existait bel et bien, la pensée unique de « droite » n’était pas que vue de l’esprit.

Après la rhétorique, les travaux pratiques, avec ce premier entretien « officiel » accordé par Emmanuel Macron à nos confrères du Figaro.

Première observation : tout le monde a sous-estimé ce gandin, myself en first.

Seconde observation : passant derrière des zigomars tels que Nicolas Sarkozy et François Hollande, il aurait vraiment fallu prendre des cours du soir pour les surpasser en nullité obscène et crasse inanité.

Et ce codicille, pour finir, issu de la trilogie La vérité si je mens : « Il faut toujours laisser sa chance au produit… »

Et c’est là où les neurones se grippent fort dans la tête et que les doigts s’engourdissent sur le clavier… Que penser ? Qu’écrire ? Bref, « que faire ? », comme disait le défunt et assez peu regretté Lénine. Car de cet entretien fleuve, il n’y a guère que quelques virgules à retirer et deux ou trois mots à biffer.

Sur l’Europe et l’Allemagne : « En matière de sécurité et de défense, la chancelière allemande a fait bouger les choses profondément. Elle est revenue sur des tabous profonds hérités de la Seconde Guerre mondiale. L’Allemagne va dépenser plus que la France en défense dans les années à venir. Qui l’eût cru ? […] Elle sait que notre destin est redevenu tragique. » Retour de l’Histoire, toujours, une fois et encore, qui fait dire à l’actuel Président : « L’Europe n’est pas un supermarché. L’Europe est un destin commun. »

Macronite aiguë de votre serviteur ? Certes, non. Nonobstant, allons plus loin dans cet entretien, surtout lorsque Emmanuel Macron s’aventure dans les délicats territoires de la politique étrangère. Sur la Syrie ? « On ne réglera pas la question uniquement avec un dispositif militaire. C’est l’erreur que nous avons globalement commise. Le vrai aggiornamento que j’ai fait sur le sujet, c’est que je n’ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Car personne ne m’a présenté son successeur légitime ! »

Idem à propos de Vladimir Poutine : « Qu’est-ce qui le motive ? Restaurer un imaginaire russe puissant pour tenir son pays ! » Et qu’est-ce qu’Emmanuel Macron tente aujourd’hui de faire, de manière maladroite durant la campagne et de façon un peu plus assidue aujourd’hui ? La même chose, à peu de choses près. D’où la conclusion de cet entretien publié par Le Figaro : « J’ai la volonté de retrouver le fil de l’Histoire et l’énergie du peuple européen. »

Pauvres de nous. Des décennies entières à brailler dans le vide. Jean Madiran, fondateur du quotidien Présent, me disait de son vivant : « Notre lot est de combattre, pas forcément de gagner… » On peut aussi retourner l’affaire en rappelant que si ce « nous », bien difficile à définir, n’est pas à l’Élysée, certaines de « nos » idées sont désormais reprises dans les plus hautes sphères de l’État français. Pas si mal que ça, pour les éternels losers que nous sommes, on en conviendra.

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