Immigration & Diversité

La disparition du « Bien Commun » : l’exemple Gobee.bike

 

L’intérêt général, le bien commun, la chose publique, le service public, autant de notions qui ont, certes, baigné nos jeunes années d’apprentis juristes sur les bancs de la faculté de droit, mais qui constituent surtout le socle d’une démocratie parlementaire et représentative héritée de la Constitution de 1958 voulue par le général de Gaulle et de vingt siècles d’helléno-christianisme. Je passe rapidement sur l’historique de la notion de bien commun qui a fait les délices de saint Thomas d’Aquin qui, dans une perspective chrétienne, définit sa recherche permanente (du bien commun = Dieu) afin qu’elle devienne le fondement de toute organisation sociale et politique.

Mais revenons à nos moutons. Quels sont les faits ? La société hongkongaise Gobee.bike propose des vélos en libre-service dans plusieurs grandes villes de l’Hexagone depuis quelques mois. Les raisons de l’existence de ce service sont évidentes : dégager du profit comme toute entreprise privée de service qui se respecte mais, en même temps, « servir le public » en facilitant le transport des personnes, tout en le rendant plus économique, plus rapide, plus agréable, plus écologique que son concurrent le véhicule terrestre à moteur, qu’il soit individuel ou collectif. La mission et la vision de l’entreprise sont louables, personne ne pourra le contester.

Mais la semaine dernière, une triste nouvelle a été annoncée : Gobee.bike jette l’éponge et abandonne son activité en France. Les raisons principales invoquées par la mediasphère : « Des dégradations, de la casse et de la malveillance de la part de certains usagers. » Encore une fois, superbe exemple d’euphémisation de la part des journalistes qui auraient pu, tout simplement, parler d’actes de délinquance chronique dont a été victime Gobee.bike. En effet, le mot délinquant a toujours cours dans notre belle langue de Molière, n’en déplaise à certains magistrats et journalistes adorateurs de Rousseau… Celui-ci nous vient du latin « delinquens » (participe passé du verbe latin « delinquere ») et, par là, désigne donc ce qui est « delinquere », ce qui signifie « négliger », et désigne également celui « qui a commis un délit ». Nul doute que c’est ce dernier sens que nous retiendrons dans le cadre de notre affaire, car il convient parfaitement à la situation de fait.

Qui imaginerait que de tels actes auraient pu être commis il y a seulement quelques décennies ? Personne. Alors, que s’est-il passé dans nos sociétés « postmodernes » ? La délinquance et la criminalité ont augmenté d’une manière exponentielle (le nombre de crimes et de délits pour 1.000 habitants est passé de 12, en 1950, à 70, en 2000) avec, parallèlement, un taux d’incarcération qui se situe dans la fourchette basse des pays européens. Les États-Unis, en proportion, incarcèrent dix fois plus qu’en France !

Au reste, il semble que l’impunité devienne un nouveau principe général du droit avec la complicité la plus totale des pouvoirs publics. Que je sache, « Tu ne commettras pas de vol » et « Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient » constituent toujours les piliers nodaux de notre civilisation. Ceux qui ne se conforment pas à ces principes doivent encourir une peine exemplaire ou c’est le groupe social, tout entier, qui implosera.

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