International - Royaume-Uni

BBC : 4 – France Télévisions : 0

Cadre culturel
 

Le repos estival me permet d’évoquer un sujet éminemment culturel qui me tient à cœur. Je dois vous avouer une faiblesse : je suis télévore. Pas au sens où j’attends le soir pour allumer un écran de télévision que je n’ai plus depuis les années 80, mais j’aime décrypter les séries télé en ce qu’elles reflètent les tendances culturelles de manière évidente.

Dans ce domaine, nos amis britanniques sont devenus maîtres toutes catégories et je ne suis pas étonné qu’ils aient voté le Brexit, quand on considère la nourriture télévisuelle que la BBC ou ITV leur distillent chaque soir.

Chez nous, le nihilisme est maître. La Révolution française et Mai 68 ont brisé dans le cœur du peuple français quelque chose d’infiniment précieux : l’amour de ses racines (étrange coïncidence : 68-89, tête-bêche, c’est la même chose).

Les Britanniques n’ont eu ni Révolution de 89 ni Mai 68, et leurs séries télé s’en ressentent. Un ami anglais me confiait récemment que les seules révolutions des années 70 en Angleterre ont été les Monty Python’s Flying Circus et les Beatles. L’humour et la poésie.

Chez eux, on ne se moquerait pas de la princesse de Clèves. Leur littérature est à l’honneur chaque soir dans les foyers populaires. Une littérature souvent féminine : Jane Austen, Elizabeth Gaskell, Flora Thompson, Lucy Maud Montgomery, George Eliot (une George Sand anglaise), les sœurs Brontë et, bien sûr, Agatha Christie.

Chez eux, le peuple est à l’honneur. Voyez tous les Dickens portés à l’écran : Great Expectations, Little Dorrit, Oliver Twist, Bleak House ou Middlemarch, etc.

Chez eux, l’aristocratie est humaniste. Voyez Downton Abbey, Poldark ou Lark Rise to Candleford. Et très souvent plus liée qu’on ne pense avec la paysannerie, le mal portant toujours le même nom : la bourgeoisie d’argent.

Chez eux, alors qu’on est en terre anglicane, on ose mettre à l’honneur les prêtres catholiques : en ce moment même dans Broken, l’excellent Sean Bean joue le rôle d’un prêtre catholique de la banlieue d’une ville industrielle du nord de l’Angleterre. Rappelons aussi la série Father Brown, inspirée du titre éponyme de Chesterton.

Évidemment, il faut être un peu anglophone, et comme j’ai cette chance, c’est devenu pour moi un plaisir de repasser les répliques admirables de Jeremy Brett dans son interprétation de Sherlock Holmes ou de Joan Hickson dans Miss Marple, de Judi Dench dans Cranford ou de la délicieuse Maggie Smith dans Downton Abbey.

Si on devait attribuer une note selon quatre critères de qualité aux chaînes britanniques, elles obtiendraient un sans-faute sur :
– la qualité technique : la photographie (la lumière), la qualité et la finesse de prise de vue et de prise de son ;
– le scénario et les dialogues : la qualité de la langue ;
– la mise en valeur du patrimoine artistique et historique ;
– et tout simplement l’attachement à notre culture et à nos racines.

Sur ces quatre critères, France Télévisions est nulle. Nos images sont pauvres, nos dialogues ne dépassent pas le parler banlieusard ou le bobo parisien, nous ne savons plus retrouver les thématiques historiques et toute référence à la France profonde serait suspecte de faire le jeu de, etc.

La France médiatique, celle qu’on nous sert à la louche du matin au soir sur les ondes, est déculturée, écervelée, éviscérée ou, si vous voulez, sans culture, sans cervelle et sans tripes.

Ce Président en est l’image parfaite.

Ce n’est pas la droite qu’il faut reconstruire, c’est la France qu’il faut reconquérir. C’est le cœur des Français qu’il faut convertir.

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