Editoriaux - 12 septembre 2018

Arnaud Gouillon interdit de séjour au Kosovo : un mauvais signe pour la minorité serbe

Si le nom d’Arnaud Gouillon vous parle peu ou prou, ce jeune Français de 33 ans est, en revanche, connu comme le loup blanc partout en Serbie. Son activité humanitaire à la tête de l’ONG Solidarité Kosovo – qui œuvre depuis 2004 en faveur des chrétiens du Kosovo – lui vaut les éloges de la presse serbe, qui le classe parmi les personnalités publiques les plus populaires aux côtés du joueur de tennis Novak Đoković. Tout aussi unanimes à son sujet, les représentants de l’État serbe lui ont décerné une panoplie de récompenses aussi prestigieuses que rares. Il a, notamment, été consacré chevalier dans l’ordre national du Mérite par le président de la République et a même reçu la nationalité serbe en reconnaissance de sa mission philanthropique.

Et pour auréoler le personnage, l’Église serbe – avec qui il travaille en partenariat exclusif – l’a, à son tour, décoré de sa plus haute distinction en lui remettant les insignes du premier degré de l’ordre de Saint-Sava.

L’histoire de la « success story » serbe de ce jeune Grenoblois aurait pu s’arrêter là. Sauf que le parcours d’Arnaud n’est pas vraiment du goût du voisin albanais. Pire : depuis hier, Arnaud Gouillon a clairement été désigné persona non grata au Kosovo. Un coup dur pour le fondateur de Solidarité Kosovo qui, depuis quatorze ans, séjourne une grande partie de l’année dans les enclaves chrétiennes de la région pour venir en aide sur place aux familles démunies.

Côté Pristina, que reproche-t-on à ce bilingue franco-serbe ? Officiellement, rien. L’interdiction n’est assortie d’aucune raison. Pas une seule explication sur la base légale, les critères retenus et le processus qui a conduit à la prise de cette décision ne sont pas connus.

« En l’absence de clarification ultérieure et de transparence, cette mesure est totalement arbitraire et injustifiée » : dans ses titres, la presse serbe enrage. Certains journalistes n’hésitent pas à voir, à travers cette sanction, l’intensification du harcèlement et des manœuvres d’intimidation visant la communauté serbe du Kosovo-Métochie.

Sur les réseaux sociaux, la mobilisation s’organise pour défendre le « Français préféré des Serbes ».

Le Premier ministre Ana Brnabić a tweeté un message de soutien quelques minutes après le statut publié par le ministre en charge du Kosovo et de la Métochie, Marko Đurić. Selon lui, « le seul reproche que l’on puisse faire à Arnaud Gouillon, c’est d’avoir dénoncé avec honnêteté et succès au monde entier la souffrance des Serbes du Kosovo ».

L’Église n’a pas tardé à voler au secours de son protégé par la voix de l’évêque du Kosovo-Métochie et du père Janjic, higoumène du monastère de Visoki Dečani. Un site chrétien connu tristement pour avoir été attaqué quatre fois à l’arme lourde au cours de ces dernières années. Du jamais-vu en Europe.

À l’heure où le dialogue entre Belgrade et Pristina n’a jamais été aussi houleux, l’interdiction de séjour signifiée à Arnaud Gouillon ajoute davantage de tensions dans l’espace public. Pour l’opinion serbe, cela ne fait aucun doute, il s’agit clairement d’un acte d’hostilité envers les Serbes du Kosovo. En faisant barrage à l’aide humanitaire de l’ONG Solidarité Kosovo, c’est la minorité serbe qui est la première victime politique.

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