« Wallah, je sais pas ! » : des jeunes ignorent ce que représente le 11 Novembre

De nombreux adolescents semblent ignorer pourquoi leur école est fermée, ce mardi.
Anciens combattants - Photo Jean Bexon
Anciens combattants - Photo Jean Bexon

« Pourquoi le 11 novembre est-il férié ? » Chaque automne, micro tendu dans la rue, de nombreux influenceurs sur TikTok arpentent les rues pour interroger les Français à propos du 11 Novembre. Si certains des interviewés répondent juste sans hésiter, de nombreux adolescents semblent ignorer pourquoi leur école est fermée, ce mardi. « C’est la fête de l’armée et tout », tente l’un deux. Un autre abonde : « Je crois que c’est par rapport à la guerre. » D’autres, beaucoup plus hésitants, confessent leur ignorance. « Wallah, je sais pas », répond l’un d’eux. « J’avoue, je sais pas », ajoute son camarade. Et un dernier rétorque : « Je sais pas, j’ai pas envie de dire des conneries. »

Une méconnaissance du sujet

Pourtant, comme le rappelle l’Éducation nationale, « l’armistice du 11 novembre 1918 appartient aux grands repères chronologiques que les élèves acquièrent au cours de leur scolarité, à travers l’étude de la Première Guerre mondiale, à plusieurs reprises dans leur cursus ». Ainsi, dès le primaire, en CM2, les élèves étudient brièvement la Grande Guerre. Quatre ans plus tard, à la fin du collège, la guerre de 1914-1918 est à nouveau au programme du brevet. Cette fois-ci, les élèves de troisième abordent l’aspect « guerre totale ». Enfin, au lycée, la Première Guerre mondiale est à nouveau au programme. À croire l’Éducation nationale, les adolescents français devront donc pouvoir répondre sans hésiter que tous les 11 novembre, la France commémore l’armistice signé le même jour de l’année 1918 à Rethondes, dans la forêt de Compiègne.

Pourtant, en classe de troisième, nombreux sont les élèves à ne pas maîtriser cette « date repère ». Nombreux sont ceux qui ont ainsi noté dans leur agenda que le jour était férié sans savoir réellement pourquoi… Et cette méconnaissance de l’Histoire de France n’est pas récente. Déjà, en 2018, à l’occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre, un sondage réalisé par BVA montrait que 25 % des jeunes associaient, par exemple, les batailles de Waterloo et de Marignan à la Première Guerre mondiale.

Un manque d’incarnation

Derrière cette ignorance, plusieurs explications. La première tient à la manière dont est transmise l’histoire de la Première Guerre mondiale aux enfants. Au primaire, la Grande Guerre est enseignée rapidement et en comparaison avec la Seconde Guerre mondiale. L’enseignement s’arrête en 1918 et reprend en 1939. Au collège, à nouveau, le premier conflit mondial est enseigné de manière thématique (une guerre totale, une guerre mondiale, une violence inouïe…). Difficile, donc, pour les élèves de mémoriser des repères chronologiques. Ensuite, l’aspect mémoriel est totalement absent du programme. Le chapitre sur la Première Guerre mondiale au collège se clôt en 1918. Seuls de rares documents dans les manuels d’histoire abordent la question du traumatisme des soldats, des « gueules cassées », d’une génération sacrifiée… Les débats mémoriels des années 1920 avec la construction des monuments aux morts et la création du Bleuet de France (dont on célèbre cette année le centenaire) sont totalement absents du programme au collège. Par exemple, l’histoire de la tombe du Soldat inconnu, qui repose sous l’Arc de Triomphe - symbole de ce 11 novembre -, reste donc totalement méconnue d'un grand nombre d'élèves.

S’ajoute à cela un manque d’incarnation. Combien d’élèves n’ont jamais pris le temps de s’arrêter devant un monument aux morts ? Combien n’ont jamais participé à une commémoration du 11 Novembre aux côtés d’anciens combattants ? Certaines écoles offrent à leurs élèves la possibilité de commémorer ensemble cette date si importante en se retrouvant devant le monument aux morts du village ou en organisant une cérémonie au sein de l’établissement. Malheureusement, cela représente une minorité…

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

55 commentaires

  1. Le sous-titre de cet article dit : « De nombreux adolescents semblent ignorer …  » ! Malheureusemt, Madame, ce n’est pas « semblent ignorer » mais « ignorent » que vs auriez dû écrire !!!
    Voilà bien le résultat de la « NON-INSTRUCTION PUBLIQUE » ds tte sa splendeur !!!

  2. C’est triste et désolant de voir ça. Si nos glorieux héros auraient pû deviner ça, ils ne se seraient jamais battus et auraient déposés les armes, d’un camp comme dans l’autre….

  3. Réponses de collégiens entendues à une radio ( question : pourquoi le 11/11 est férié ) :
    Commémoration des attentats de novembre.
    Ne sais pas.
    Armistice de la II guerre … ou la I ?
    et la meilleure :  » L’ascension de 1956  » Comprenne qui pourra !
    La présence des profs et des collégiens aux cérémonies devrait être OBLIGATOIRE .

  4. Parlant des Poilus en novembre 1917, Clemenceau martelait à la Chambre « Ils ont des droits sur nous »…
    Ne serait-ce que pour cette seule raison, il est désolant qu’ils soient aujourd’hui à peu près oubliés par leurs lointains descendants…
    Je me réjouis en revanche de la réprobation générale qu’ a suscité le commentaire révoltant de JB ce matin!

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