Discours - Editoriaux - Histoire - Presse - 22 avril 2018

Vive Cuba libre : vraiment ?

Dans une très grande discrétion, à peine relayée par la presse, une tête a changé à Cuba ; pas sûr que la nouvelle regarde dans une autre direction… Miguel Díaz-Canel, apparatchik du parti et formé, ou plutôt formaté, depuis trente ans à cette nouvelle fonction, succède à Raúl Castro.

Cuba est cette île merveilleuse dont l’histoire se découpe en deux périodes : quatre siècles et demi de prospérité et cinquante ans de Castro brothers. Mieux que sauterelles ou attaques chimiques, ils ont réussi avec une régularité de métronome à fabriquer un pays exsangue et perpétuellement au bord de la famine. Mais attention, hein, c’est au nom de la liberté et du refus de l’impérialisme américain !

Des générations de bobos occidentaux s’en sont pâmés d’aise, vêtus d’un T-shirt à l’effigie du Che et en sirotant des « Cuba Libre », qui sont au cocktail tropical ce que l’huile de vidange est à la vinaigrette. C’est, d’ailleurs, cocasse que le cocktail symbole de la lutte contre l’impérialisme yankee enrichisse la firme d’Atlanta. Cela n’est pas le seul paradoxe, puisque le camarade Fidel, comme beaucoup de révolutionnaires, est un pur produit de la bourgeoisie locale dont la cuillère en argent plantée dans sa bouche n’a pas été un obstacle à la prodigieuse faconde.

Obsédé par la lutte contre les « yankis » – et on peut comprendre que refuser que son île soit transformée en gigantesque lupanar géré par la mafia soit une motivation -, le fidèle camarade joue au révolutionnaire, de tentatives ratées en demi-succès ; dont le naufrage du bateau Granma, qualifié de débarquement. Castro arrive à ses fins en raison de l’avachie du régime en place et parce que Batista décide de se carapater avec la caisse. Arrivé au pouvoir par défaut, c’est un peu le Macron des Caraïbes, façon lutte armée. L’allié réel des « barbudos » est l’enthousiasme de la population vis-à-vis de ces héros romantiques brassant un vent de liberté. On va vite déchanter, en commençant par le rétablissement de la peine de mort. Eh oui, les gars, c’est ça, les régimes communistes.

La fuite en avant n’a plus cessé ; le boucher exécutif et malade mental patenté qu’était Ernesto « Che » Guevara s’est lâché, a ouvert les vannes de ses névroses et massacré de manière systématique tous les opposants du régime jusqu’à ce qu’on l’expédie exercer ses talents ailleurs. Le pillage des richesses et la destruction de toute organisation ont suivi… Les histoires d’amour avec l’URSS, la Chine, le Venezuela n’ont pas suffi à endiguer une économie en chute vertigineuse ; Cuba a réinventé l’esclavage en formant des milliers de médecins et ingénieurs exportés servant de coopérants dans les pays « en révolution », leur famille restant en otage…

De ce champ de ruine, on entend le cri de la liberté, lancé par l’homme des discours fleuves ; son record est de douze heures, on en déduit une faible capacité à être synthétique…

On verra ce qui sortira de ce changement qui n’en est pas un et, surtout, si ce pauvre pays pourra un jour redresser la tête, celle des nations occidentales regardant ailleurs depuis longtemps, là où il y a du pétrole…

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