L’une des dernières phrases prononcées par , face aux deux journalistes sélectionnés pour l’interviewer, fait froid dans le dos. « On s’était habitué à être une société d’individus libres. Mais nous sommes une nation de citoyens solidaires. Nous avons besoin les uns des autres. »

Ferghane Azihari, directeur de l’Académie libre des sciences humaines et militant libéral, a exprimé sa perplexité sur Twitter en évoquant ainsi « des propos injustifiables. Surtout dans l’une des démocraties les moins libérales d’Europe. » Jeudi 15 octobre, à midi sur Sud Radio, lors de l’émission d’André Bercoff, le professeur Perronne, chef du service infectiologie de l’hôpital Raymond-Poincaré, a été encore plus sévère : « Emmanuel Macron nous fait croire que le système de santé va péter pour une petite vaguelette… c’est ridicule, on met une partie du pays en comme pendant l’occupation allemande ; c’est quoi, ce délire ? »

Ainsi, une fois de plus, nous avons une restriction considérable de nos libertés individuelles. Nous voici presque dans 1984 – comme l’a décrit avec une incroyable prémonition George Orwell -, soumis à un confinement nocturne (pour environ 20 millions de Français). Tout juste si la police ne sera pas autorisée à frapper à votre porte pour vérifier que vous n’êtes pas plus de six autour de la table. Disposition, d’ailleurs, ridicule puisque je vois mal un dîner familial ou amical devant s’achever à l’heure du journal de 20 heures.

Cette nouvelle privation de liberté est donc imposée au nom de la solidarité nationale. Un pour tous et tous pour un. Comme dans 1984. Selon une définition chère à notre Président, nous ne sommes plus rien. Nous sommes devenus un tout. Emmanuel Macron a opposé deux mots : « solidarité » et « liberté ». Et tout cela sans prendre d’autres avis que celui de son entourage d’« experts ». Au nom d’une pandémie, non seulement il fige l’économie de la France, provoque une vraie panique chez les Français, mais il s’attaque à notre liberté fondamentale en voulant régler nos gestes et réglementer notre vie familiale.

« Nous sommes une nation de citoyens solidaires. ». Ainsi donc, à partir du 16 octobre à 23 h 59, vous ne serez plus un homme libre mais un homme solidaire. Non pas à l’exemple du Christ qui avait fondé son enseignement sur ce verset de « Aimez vous les uns les autres » mais à celui d’Emmanuel Macron : « Nous avons besoin les uns des autres. » C’est beau, c’est noble, c’est social, mais cela ressemble furieusement à une intrusion dans la vie privée des Français.

Comme on aurait aimé que notre Président nous cite, en conclusion de son intervention, cette phrase d’Antoine de Saint-Exupéry : « Pourquoi nous haïr, nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire. » À sa parodie d’une catastrophe annoncée mais irréaliste, il nous aurait apporté un peu de poésie.

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