Il nous faut, dans le contexte d’élections américaines dont le résultat de certains États est ouvertement dénoncé et contesté par , revenir sur une décision de de la Cour d’appel britannique concernant le Venezuela qui est totalement passée inaperçue entre Covid-19 et élections américaines.

Rappelons les faits : le Venezuela possède 31 tonnes d’or en dépôt à la Banque d’. Elle en réclame l’usage, début 2019, compte tenu de la situation économique catastrophique du pays mais, depuis la reconnaissance internationale de Juan Guaidó comme « président par intérim » du Venezuela, la Banque d’Angleterre refuse au gouvernement de Nicolás Maduro de pouvoir disposer des réserves d’or ! La Banque Centrale du Venezuela assigne alors la Banque d’Angleterre devant un tribunal, arguant de plus que ces fonds sont indispensables pour lutter contre la pandémie du Covid-19. Le 2 juillet 2020, la Cour de justice britannique estime qu’en tant que « président constitutionnel par intérim », c’est à Juan Guaidó de disposer des réserves d’or !

Quels que soient les très nombreux griefs qu’on peut formuler à l’encontre du régime de Nicolás Maduro, tant dans sa gestion économique et sociale que dans les très nombreuses et répétées atteintes à la – et nous le faisons ici régulièrement -, cette décision de justice était plus qu’invraisemblable, stupéfiante et, de plus, ouverte à toutes les manipulations possibles… La Banque centrale du Venezuela a, bien entendu, fait appel de cette décision. Le 5 octobre, la Justice britannique reprenait ses esprits et la Cour d’appel annulait le jugement rendu en juillet en considérant que Nicolás Maduro était toujours au pouvoir et, donc, le « président de fait ».

Une décision pour autant provisoire car l’affaire est maintenant renvoyée devant la Haute Cour de justice pour déterminer qui a « véritablement » la légitimité pour disposer des réserves d’or du Venezuela entreposées à la Banque d’Angleterre !

Une décision importante à suivre car elle va soulever plusieurs questions essentielles, dont celle sur la notion de légitimité ou encore celle de l’emprise du droit international sur le politique…

9 novembre 2020

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