Le moins que l’on puisse dire, c’est que, ces derniers jours, loin de livrer des vérités claires sur le front de la pandémie, Emmanuel a annoncé un renforcement des mesures de et leur extension à l’ensemble du territoire en se basant sur une donnée, la seule qui conditionne ses décisions depuis des mois : le nombre de patients en réanimation. C’est ce chiffre, et lui seul, qui indique un risque d’engorgement hospitalier et le conduit à réagir.

Et ces dernières semaines, le niveau d’occupation des lits en réanimation délivré dans les indique de façon évidente, en apparence, une montée inexorable qui a motivé la réaction présidentielle. Car de l’autre côté, le chiffre de mortalité reste stable, à un niveau relativement bas. Pour déclencher la réaction présidentielle, 41 médecins réanimateurs et urgentistes de l’AP-HP avaient tiré la sonnette d’alarme, le 27 mars, dans une tribune publiée dans le JDD. 5.100 patients en réanimation, il fallait réagir, tout est clair, net et précis, serait-on tenté de se dire.

Eh bien, non. C’est la star des urgentistes, , pourtant réputé comme un lanceur d’alerte, qui a soulevé un lièvre, le 29 mars, dans les colonnes du Parisien : sur les 5.100 patients en réanimation, « seuls 25 % sont en réanimation, avec intubation et respirateur. Tous les autres sont dans des unités de soins continus qui dépendent des réanimateurs, mais ce ne sont pas des réanimations. » Car il faut le savoir, il y a unités de réa et unités de réa : certaines dépendent directement de respirateurs, d’autres sont des unités de soins et de surveillance intensive, liées à un état de santé aggravé, mais pas encore dramatique. Voilà une nouvelle subtilité de cette crise sanitaire que nous découvrons via Pelloux. Il n’y aurait donc pas, selon lui, d’engorgement hospitalier, encore moins de risque de trier les patients…

Interrogée sur cette nuance de taille, l’Agence sanitaire française a répondu, jeudi dernier, que sur 5.090 patients Covid en soins critiques, 3.827 étaient effectivement en réanimation, les autres étant, en fait, en soins critique… La controverse des chiffres est lancée, l’écart entre les données des uns et des autres est énorme, mais une chose est sûre : en termes de risque d’engorgement, le compte n’y est pas encore. Même si on retient le dernier chiffre livré par l’Agence sanitaire française…

Mais alors, pourquoi déclencher aussi sec des mesures de confinement dramatiques pour notre pays tout entier ? N’y a-t-il pas manipulation des données pour faire admettre au public des mesures drastiques qui ne s’imposent pas ? Et s’il y a bien manipulation des chiffres, qui en est à l’origine ? Est-ce le lobby médical, soucieux de ménager ses troupes sur le terrain ou encore de prolonger une influence largement accrue dans le pays depuis un an ? Ou alors le gouvernement, qui préfère ainsi réduire à zéro son risque pénal en imposant au pays des mesures surdimensionnée ?

Cette controverse rebondit aussitôt sur une autre : pourquoi avoir attendu un an pour annoncer la création de milliers de lits de réanimation, considérée comme inimaginable il y a à peine quelques jours alors que là serait le nœud du problème ? Pourquoi ne pas avoir recours temporaire à des médecins étrangers, en contrat CDD, ou à la réserve sanitaire, prête à se dévouer pour sauver le pays ? Pourquoi avoir autorisé, à peine aujourd’hui, des autotests disponibles depuis des mois qui auraient permis à beaucoup de franchir le pas et de connaître leur état de santé, de prendre les mesures adéquates, bref, de sauver des vies ?

Comme nous vivons une époque où tout finit fatalement par se savoir, l’avenir finira bien par nous livrer la vérité, la vraie. Et désignera au peuple les vrais responsables de la panade dans laquelle nous sommes depuis plus d’un an.

5 avril 2021

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